20/09/2015 15:14
Des milliers de migrants sont entrés le 19 septembre en Autriche après s'être frayé un chemin à travers les Balkans occidentaux, même si Croatie, Hongrie et Slovénie tentaient de canaliser ces flots.

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Malgré les propos fermes et les kilomètres de barbelés le long de ses frontières, la Hongrie laissait en effet traverser son territoire par de nombreux migrants en direction de l'Autriche.


De 12.000 à 13.000 migrants sont entrés en Autriche le 19 septembre, a estimé le chef de la Croix-Rouge autrichienne, Gerry Foitik, selon l'agence de presse autrichienne APA. La police, qui avait indiqué que 10.000 d'entre eux étaient attendus dans la journée, n'a pas confirmé cette information.


Une foule de migrants et de réfugiés passent la frontière autrichienne à Szentgotthárd, en Hongrie, le 19 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon M. Foitik, 2.000 sont entrés en Allemagne, en évitant les postes-frontières, et les autres devaient passer la nuit en Autriche dans différents centres d'accueil. Plus tôt, un porte-parole de la police autrichienne avait fait savoir que les autorités hongroises avaient transporté les migrants dans des cars vers deux centres d'enregistrement proches de la frontière autrichienne.

La plupart se sont ensuite mis en route directement pour l'Autriche sans être inquiétés par les policiers hongrois, prenant par surprise la police autrichienne. "Le flux d'informations fonctionne certes, mais pourrait être nettement meilleur", a à cet égard déclaré ce porte-parole, Helmut Marban.

À travers champs, des centaines de personnes continuaient aussi d'arriver de Serbie en Croatie, sur cette nouvelle route de l'exil après la fermeture de la frontière serbo-hongroise par Budapest.

Après avoir ouvert ses portes aux migrants, Zagreb a assuré dès le 18 septembre être arrivé à saturation, avec l'arrivée de plus de 17.000 personnes en trois jours. Les autorités croates ont reconnu vouloir forcer la main à Budapest en renvoyant les migrants en autocar et en train vers la frontière hongroise.

Le Premier ministre croate Zoran Milanovic a prévenu que son pays allait continuer à agir ainsi, tandis que Budapest accusait Zagreb d'encourager les migrants à franchir "illégalement" la frontière. "La Croatie ne deviendra pas le centre de réfugiés de l'Europe", a-t-il prévenu.

Du pain et de la soupe

Les migrants ont également afflué vers la Slovénie voisine, arrivant de Croatie. Des centaines de réfugiés étaient massés aux postes-frontières voisins de Bregana et d'Harmica, exigeant que la police slovène les laisse entrer. Via différents points d'entrée, quelque 150 d'entre eux ont réussi à entrer et à gagner l'Autriche.

Des migrantes descendent d'un autobus près de la ville serbe de Sid à la frontière avec la Croatie, le 19 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Des cars ont emmené des gens (en Slovénie) vers midi. Ils disent qu'il y en aura d'autres", explique un Irakien prénommé Sarmad à Bregana. Dans l'après-midi, quand il a vu des gens accourir vers les barrières et entendu des cris, cet ingénieur en électricité de 39 ans a suivi. Mais le cordon de policiers n'a pas bougé. Comme souvent, une fausse alerte.

"Heureusement, les Croates nous donnent à manger, de la soupe, du pain des fruits", commente Ghaiath Khaddam, un Syrien du même âge qui voyage avec sa mère. La Slovénie s'est dite prête à accueillir jusqu'à 10.000 réfugiés s'ils présentent une demande d'asile.

Le soir du 18 septembre, la police slovène avait dispersé au gaz lacrymogène plusieurs centaines de migrants qui cherchaient à forcer sa frontière. Le Premier ministre Miro Cerar avait déclaré que, si la pression se maintenait, son pays pourrait envisager des couloirs de transit vers l'Autriche.

Quant à l'UE, ses dirigeants se retrouvent mercredi à Bruxelles pour tenter de surmonter leurs divisions sur cette crise migratoire. Le commissaire à l'Élargissement de l'UE, Johannes Hahn, a affirmé le 19 septembre que l'Europe devrait encourager les personnes fuyant la guerre en Syrie à demeurer dans les pays voisins en aidant ces derniers.

Il a précisé qu'il proposait notamment d'allouer à la Turquie, qui a accueilli plus de deux millions de Syriens, "jusqu'à un milliard d'euros", pour l'aider à "faire face à ce défi".

Plus de 4.500 migrants secourus en Méditerranée

Et l'Autriche et l'Allemagne ont plaidé pour une augmentation de cinq milliards d'euros de l'aide de l'ONU aux réfugiés afin d'améliorer la situation dans les camps de réfugiés au Liban ou en Jordanie, au cours d'une conférence de presse commune à Vienne.

De son côté, le président afghan Ashraf Ghani a promis samedi 19 septembre de "doper" l'économie de son pays, moribonde, dans l'espoir de dissuader les candidats au départ. Les Afghans sont le deuxième plus important groupe de migrants après les Syriens.

Le 19 septembre encore en Méditerranée, plus de 4.500 migrants partis de Libye ont été secourus au cours d'une vingtaine d'opérations, ont annoncé les garde-côtes italiens.

En Grèce, le corps d'une petite Syrienne de cinq ans a été retrouvé à la suite du naufrage d'une embarcation en provenance de Turquie, rappelant le drame du petit Aylan, devenu un symbole de la tragédie vécue par les migrants.

Les risques de naufrage ont poussé quelque 2.000 migrants à tenter de gagner la Grèce par la frontière terrestre avec la Turquie. Mais ils restaient bloqués autour d'Edirne (Nord-Ouest) par la police turque.

AFP/VNA/CVN
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