11/07/2021 16:39
Il a muselé Romelu Lukaku à l'expérience et fait le show contre Jordi Alba. À l'Euro, le vétéran Giorgio Chiellini s'éclate avec l'Italie pour ce qui pourrait être son dernier grand tournoi, qu'il rêve de finir en brandissant la coupe dimanche 11 juillet à Wembley (21h00).
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Le capitaine et défenseur italien Giorgio Chiellini plaisante avec son homologue espagnol Jordi Alba, lors de la demi-finale de l'Euro 2020, le 6 juillet 2021 à Londres. Photo : AFP/VNA/CVN

"Enfin la bonne? On en reparle si on arrive à Wembley..." Avant le tout premier match, il y a un mois, Chiellini affichait déjà un immense sourire. Un journaliste lui demandait si cette compétition serait enfin la "bonne" pour gagner un titre international, à quasiment 37 ans.

La "Tour de Pise" (ville où il est né en août 1984) a accumulé les titres nationaux, avec neuf scudetti et cinq Coupes d'Italie avec la Juventus.

Mais dès qu'il s'agit de compétitions internationales, son palmarès est quasiment vide, avec un seul titre de champion d'Europe en moins de 19 ans.... En Ligue des champions (2017) avec la Juve comme à l'Euro (2012) avec la Nazionale, il a perdu deux finales. Encore trop jeune, il n'était pas dans la Nazionale championne du monde en 2006.

C'est peut-être sa dernière grande occasion avec le maillot azzurro, tant son physique semble de plus en plus fragile. Le dernier carré de la Ligue des nations en octobre à domicile semble un trophée de moindre importance, et le Mondial-2022 est encore loin.

Mais s'il ressent une quelconque pression, cela ne se voit pas.

Energie à revendre

Depuis le début de la compétition, le capitaine aux 111 sélections affiche une tranquillité à toute épreuve aux côtés de Leonardo Bonucci, son coéquipier et ami aux 108 capes, dernier rescapé avec lui de la finale de 2012 perdue contre l'Espagne (0-4).

La joie de Giorgio Chiellini, après avoir marqué un but, qui sera finalement refusé pour une main après arbitrage vidéo, lors du match (groupe A) contre la Suisse, le 16 juin 2021 à Rome. Photo : AFP/VNA/CVN

Mais surtout, le "sinistre de la défense" a de l'énergie et de la bonne humeur à revendre depuis le premier match, serrant les poings après chaque tacle gagnant.

Chiellini état arrivé à l'Euro avec une "immense volonté de se refaire", après le fiasco de la qualification ratée pour le Mondial en 2018.

Face aux Turcs en ouverture (3-0), cette motivation XXL a sauté aux yeux: il a joué quasiment au milieu de terrain, poussant son équipe à évoluer très haut. Face aux Suisses (3-0), il a même cru marquer son 9e but avec la Nazionale mais la VAR l'a refusé pour une main, avant qu'il ne doive quitter les siens, rattrapé par une blessure musculaire.

Face à la Belgique, pour son retour, il a muselé Lukaku "à l'ancienne", avec un marquage strict, et gratifié Kevin De Bruyne d'un étincelant sourire après avoir contré sans trembler l'un de ses tirs surpuissants.

"Pompier" plutôt que pyromane

Et face au capitaine espagnol Jordi Alba, avant la séance des tirs au but victorieuse en demi-finale, cela a même tourné au show : devant les caméras, on a vu Chiellini chambrer son homologue en lui donnant une petite bourrade puis en l'enlaçant brusquement. L'Espagnol, beaucoup plus tendu, a semblé désarçonné face à cet Italien monté sur ressorts.

"Je savoure chaque moment, chaque instant des dernières années de ma carrière, toujours avec le sourire et le respect avec mes adversaires", a-t-il assuré samedi à Londres, à la veille de la finale.

"Je rigole, j’embrasse, c’est quelque chose que j’ai toujours fait. Ce n’est pas de la déstabilisation", a-t-il ajouté.

Chiellini dispute cet Euro avec le soulagement et la légèreté de celui qui pensait que la fête aurait lieu sans lui.

Blessé quasiment toute la saison précédente, il n'aurait sans doute pas été en mesure de disputer l'Euro l'an dernier et a profité du report d'un an, pandémie oblige, pour se remettre sur pied.

Une sérénité dont il fait profiter ses partenaires : "Mon rôle est davantage celui d'un pompier, pour dédramatiser ce qu'il pourrait y avoir de tension".

Et ce n'est pas son avenir en club qui semble le perturber davantage.

S'il devrait prolonger l'aventure à la Juventus, où il joue depuis 2005, il est actuellement officiellement sans club depuis le 30 juin, comme son coéquipier Gianluigi Donnarumma ou la star du FC Barcelone Lionel Messi. "Ce sont les dynamiques d'une année étrange. Mais on est tranquille, et je pense Messi encore plus que moi".
 
AFP/VNA/CVN
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