08/08/2018 16:54
Le résultat d'une élection test dans une circonscription de l'Ohio, qui avait soutenu largement Donald Trump en 2016, restait extrêmement serré mercredi 8 août, un signe de mauvais augure pour le président américain Donald Trump avant le scrutin de mi-mandat en novembre.
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Le candidat républicain dans la 12e circonscription de l'Ohio, Troy Balderson (gauche) et le président américain Donald Trump le 4 août au Lewis Center.
Photo: AFP/VNA/CVN

Même si le républicain Troy Balderson, en tête de 0,9 point avec 1.700 voix - 50,2% contre 49,3 -, a proclamé sa victoire sur le démocrate Danny O'Connor pour un siège à la Chambre des représentants, aucun résultat officiel n'a été donné en attendant le dépouillement de quelques milliers de votes par correspondance.

La circonscription de l'Ohio en jeu mardi 8 août, une banlieue aisée de la capitale de l'État, Columbus et dont la population est à 88% blanche, était sous le contrôle des républicains depuis plus de trois décennies.

Et Donald Trump y avait enregistré une avance de 11 points lors de l'élection présidentielle.

L'avance républicaine s'est érodée lors de la campagne pour cette élection partielle déstinée à remplacer au Congrès le républicain Pat Tiberi, qui a démissionné en janvier. Les démocrates ont vu dans leur remontée le signe d'une exaspération croissante des électeurs face à la politique de Trump et son administration.

Il s'agit de l'ultime confrontation entre démocrates et républicains avant les élections de novembre, le scrutin faisant peu à peu figure pour les républicains de référendum sur Donald Trump, qui s'était rendu sur place.

Même si aucune projection nette de victoire n'avait été faite dans la nuit par les grandes chaînes télévisées ou par les autorités de l'État, Donald Trump et Balderson ont crié victoire sur Twitter.

"Après mon discours samedi soir 4 août, il y a eu un gros retournement positif. Maintenant Troy remporte une grande victoire à une époque difficile de l'année pour les élections", s'est-il réjoui sur Twitter.

Troy Balderson a remercié le président, devant ses supporteurs. "L'Amérique est sur la bonne voie et nous allons y rester", a-t-il lancé.

"Très inquiet"

Le président Trump s'était rendu dans l'Ohio. Ici au Lewis Center, le 4 août.
Photo: AFP/VNA/CVN

Mais le fait que les républicains soient à la peine dans un bastion aussi fidèle pourrait avoir, selon les spécialistes, d'importantes conséquences en novembre.

Si le scénario se reproduit à l'automne dans d'autres circonscriptions "les républicains vont certainement perdre la Chambre", écrit le statisticien spécialiste des élections américaines, Nate Silver, sur le site FiveThirtyEight.

Cette élection partielle "ne devait même pas être disputée (...) Je suis très inquiet", a lancé un ancien élu républicain de la Chambre, Charlie Dent, sur CNN. "Il est évident que l'énergie est du côté démocrate".

Se gardant d'entrer dans une joute directe avec Donald Trump, Danny O'Connor, avocat de 31 ans au visage poupin, avait appelé sans relâche à la mobilisation. Il a promis mardi soir 7 août de livrer de nouveau bataille en novembre, lorsque le siège sera remis en jeu.

Loin des programmes ultra-progressistes présentés avec succès par des démocrates dans d'autres circonscriptions, Danny O'Connor proposait une ligne relativement modérée le démarquant toutefois nettement des politiques de Donald Trump.

Ce fils admiratif d'une "survivante" d'un cancer du sein tient ainsi au renforcement de la couverture santé, plaide pour des limitations "de bon sens" sur les armes et dénonce une "guerre commerciale" qui affecte les agriculteurs de l'Ohio.

L'Ohio fait partie des "swing states", ces États-clés de l'élection présidentielle américaine. Donald Trump y avait devancé la candidate démocrate Hillary Clinton de huit points en 2016 et de onze points dans la circonscription en jeu mardi 7 août.

Le 6 novembre, les 435 sièges de la Chambre des représentants, un tiers (35) du Sénat et les postes de gouverneurs de 36 États seront en jeu.

Les démocrates ont plus de chance de faire basculer la majorité à la Chambre qu'au Sénat, mais ils doivent pour cela arracher 23 sièges aux républicains. Ils pourraient alors sérieusement entraver les politiques de Donald Trump et multiplier leurs efforts pour le pousser hors de la Maison Blanche.

Or les démocrates ont déjà remporté ces derniers mois plusieurs trophées électoraux marquants, en battant ou en mettant en grande difficulté des républicains dans des territoires qui leur sont d'ordinaire favorables, comme le sud-ouest de la Pennsylvanie et l'Alabama.

Face au risque de voir sa majorité basculer, Donald Trump sillonne le pays pour soutenir les candidats républicains.

"Ils parlent d'une vague bleue. Je n'y crois pas", a ainsi tonné le président américain samedi 4 août, en référence à la couleur des démocrates aux États-Unis.

Des primaires avaient également lieu mardi 7 août dans le Michigan, le Missouri et l'État de Washington, ainsi que dans le Kansas pour désigner un candidat au poste de gouverneur. Donald Trump y a apporté son soutien à un candidat qui menaçait dans la nuit de ravir la place du gouverneur républicain sortant.

AFP/VNA/CVN
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