03/02/2017 17:05
Le président des États-Unis, Donald Trump, a attisé jeudi 2 février les foyers de tensions internationales, notamment avec l'Iran et la Russie, plaçant d'entrée dans une position inconfortable son nouveau chef de la diplomatie, l'ex-patron d'ExxonMobil, Rex Tillerson.
>>L’Iran met en garde Washington contre de "nouvelles tensions"

Le président américain Donald Trump (gauche) et son conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn, le 21 décembre 2016 en Floride.
Photo : AFP/VNA/CVN

Deux semaines après son investiture, le président nationaliste et isolationniste et son administration multiplient les déclarations diplomatiques incendiaires contre des pays rivaux ou adversaires de l'Amérique, mais aussi contre des alliés ou partenaires, comme Israël, l'Australie ou le Mexique.

L'Iran est particulièrement visé

Au lendemain d'une "mise en garde" de la Maison-Blanche à la suite d'un test de missile balistique, l'administration Trump envisage de prendre de nouvelles sanctions contre Téhéran, ont indiqué des sources proches du dossier.

Ces mesures de rétorsion contre des personnes ou des entités liées au programme iranien de missiles balistiques seraient la première traduction du durcissement annoncé par Washington face à la République islamique.

En revanche, une initiative plus large contre l'Iran semble pour l'instant écartée car elle mettrait en danger l'accord historique sur le nucléaire iranien scellé en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances.

Cet accord a été la grande percée diplomatique du prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama, qui s'était efforcé d'apaiser les tensions avec l'Iran.

Contre l'Iran, «rien n'est exclu»

Au contraire, le président républicain a pris un ton belliqueux contre la puissance chiite : "Rien n'est exclu", a-t-il répondu à la presse à propos d'une action militaire. Téhéran a dénoncé des menaces "sans fondement, répétitives et provocatrices".

Donald Trump (gauche) et son nouveau chef de la diplomatie, Rex Tillerson, dans le bureau oval de la Maison-Blanche, le 1er février à Washington.
Photo : AFP/VNA/CVN

Beaucoup plus surprenant, Washington s'en est pris aussi à Moscou.

Alors que le rapprochement avec le président russe Vladimir Poutine est une priorité de Donald Trump, sa nouvelle ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, a "condamné les actions agressives de la Russie" en Ukraine. Devant le Conseil de sécurité, elle a affirmé que les sanctions contre Moscou seraient maintenues "jusqu'à ce que la Russie redonne le contrôle de la péninsule (de Crimée) à l'Ukraine".

Dans cette folle journée diplomatique, l'administration Trump a aussi pris ses distances avec Israël, l'allié historique, que le nouveau président américain n'a cessé de couvrir de louanges après les tensions de l'ère Obama.

La Maison-Blanche a jugé que "la construction de nouvelles colonies" dans les Territoires palestiniens occupés pourrait "ne pas aider" à résoudre le conflit israélo-palestinien.

Donald Trump a aussi tapé sur l'Australie, l'un des plus proches alliés militaires de Washington. Il a dénoncé un accord "stupide" forgé en novembre entre Canberra et le gouvernement Obama sur l'accueil aux États-Unis d'un millier d'immigrés légaux migrants parqués par l'Australie dans des camps offshore.

Le 45e président américain, au programme économique protectionniste, a aussi tapé sur l'une de ses cibles favorites, l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, qu'il a qualifié de "catastrophe".

Proximité avec Poutine

Donald Trump a toutefois pris la peine d'adouber son nouveau chef de la diplomatie, Rex Tillerson, qui s'est installé aux commandes du département d'État et va devoir gérer immédiatement une multitude de tensions internationales.

"Certains n'aimaient pas Rex parce qu'il s'entendait bien avec des dirigeants de la planète (...) C'est une bonne chose, pas une mauvaise chose", a lancé le président, en allusion à la proximité de longue date entre l'ancien patron du géant pétrolier ExxonMobil et le président Poutine, dont M. Trump veut justement se rapprocher.

Celui qui va diriger la diplomatie de la première puissance mondiale est un ingénieur texan de 64 ans, qui a fait toute sa carrière jusqu'au sommet d'ExxonMobil et n'a aucune expérience politique même s'il est proche de plusieurs chefs d'État.

AFP/VNA/CVN
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