05/09/2019 09:24
De nombreuses personnes s'inquiétaient mercredi 4 septembre du sort de leurs proches dans les îles des Bahamas après le passage de l'ouragan Dorian, qui a fait au moins 20 morts sur cet archipel et dont les effets commençaient à se faire sentir sur la côte sud-est des États-Unis, Géorgie en tête.

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Des rues inondées à Nassau, le 3 septembre, après le passage de l'ouragan Dorian aux Bahamas.
Photo: AFP/VNA/CVN


Mercredi soir 4 septembre, le ministre de la Santé a déclaré à des médias locaux et américains que le bilan était passé de sept à 20 morts, 17 sur les îles Abacos et trois sur celle de Grand Bahama, et risquait d'encore s'alourdir.

"Les exercices de sauvetage et l'exploration des maisons qui ont été inondées viennent juste de commencer", a-t-il rappelé à une radio bahaméenne.

Partout sur l'archipel, la crainte était palpable.

"Je n'ai pas de nouvelles de cinq des 14 personnes qui travaillent pour moi", déplore auprès de l'AFP Robert Neher, propriétaire d'une cabane de pêche sur la pointe est de Grand Bahama. "Ces personnes n'ont rien, aucun d'entre eux n'a d'assurance", regrette-t-il.

Dorian s'est acharné sur l'archipel, au-dessus duquel il est longtemps resté quasi immobile, faisant tomber jusqu'à 76 cm de pluie.

Marsh Harbour, la principale ville des îles Abacos, a elle été détruite à 60%, selon le Premier ministre Hubert Minnis. L'aéroport était sous l'eau et la piste était inondée, toute la zone ressemblant à un lac.

Les Nations unies ont estimé mercredi soir 4 septembre qu'environ 70.000 personnes avaient "besoin d'une aide immédiate" aux Bahamas. Lors d'un appel téléphonique depuis Nassau, le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a indiqué que l'ONU avait débloqué un million de dollars de son fonds d'urgence pour apporter une première aide aux sinistrés.

"Ouragan erratique" 

De la catégorie 5 - la plus élevée- l'ouragan a été rétrogradé en catégorie 2 mais reste porteur de vents toujours très puissants à 175 km/h. Il se déplace actuellement parallèlement à la côte sud-est de la Géorgie, selon les météorologues, puis doit longer de jeudi 5 septembre jusqu'à vendredi matin 6 septembre les 
États de Caroline du Sud et de Caroline du Nord.
 

Image aérienne, prise le 3 septembre par les gardes-côtes américains, d'un port de plaisance de l'île d'Andros, dans les Bahamas.
Photo: AFP/VNA/CVN


"C'est un ouragan très erratique, très lent, très puissant", a affirmé le président américain Donald Trump mercredi. "Mais nous sommes très bien préparés", a-t-il ajouté.

Le Centre national des ouragans américain (NHC), basé à Miami, a mis en garde contre la montée des eaux dans ces régions, parlant d'une situation potentiellement extrêmement dangereuse.

Plusieurs parties de la côte sud-est des 
États-Unis, où vivent des millions de personnes, ont été placées en état d'urgence. Des ordres d'évacuation obligatoires ont été émis dans plusieurs zones.

Sous un ciel gris, la mairie de Charleston, ville touristique de Caroline du Sud, ainsi que de nombreux magasins et habitations avaient calfeutré leurs fenêtres avec des panneaux de bois par précaution ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'ouragan en est actuellement éloigné de 245 km.

Dévastation aux Bahamas

Aux Bahamas, la destruction était immense, selon des images aériennes de l'île de Grand Abaco. Des centaines de maisons ont vu leur toit s'envoler, des voitures étaient submergées par les inondations, des bateaux étaient en miettes.


À l'aéroport de Nassau, la capitale, la ronde des hélicoptères des secours s'envolant pour les zones dévastées du nord de l'archipel a débuté dès la matinée, tandis que plusieurs ambulances attendaient de transporter les blessés rapatriés vers les hôpitaux locaux.

"Tout ce que nous avons, que nous avions, se trouve sur cette île. Il ne nous reste rien", s'attriste Meghan Bootle, 21 ans, étudiante à Nassau dont la famille vit dans le nord de Grand Abaco.

La Croix-Rouge a indiqué que 13.000 maisons pourraient avoir été endommagées ou détruites. Les gardes-côtes américains et la marine britannique participaient aux secours.

Les appels aux dons se multipliaient et plusieurs églises organisaient des collectes dans le quartier de Coconut Grove, berceau de la communauté bahaméenne à Miami, en Floride.

"L'élan de soutien, de générosité est génial", constate Robert Neher, réfugié en Floride. Ne faisant pas confiance au gouvernement des Bahamas pour apporter son soutien à la population, il a lui-même lancé une cagnotte en ligne pour récolter des fonds.

Donald Trump a annoncé mardi soir 8 septembre avoir décrété l'état d'urgence en Caroline du Nord, pour débloquer des fonds de manière préventive, "en espérant ne pas en avoir besoin".

Il a également appelé la population de rester prudente. "S'il vous plaît, ne baissez pas la garde. Alors qu'il se dirige vers la côte, beaucoup de choses mauvaises et imprévisibles peuvent arriver!", a-t-il tweeté.

AFP/VNA/CVN

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