21/03/2020 08:10
Le coronavirus pèse de plus en plus sur les entreprises du textile, du cuir et de la chaussure, dont la production dépend largement des matières premières importées de Chine. Elles sont appelées à étendre leurs chaînes d’approvisionnement.
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Encourager la production nationale 

Diêp Thành Kiêt, vice-président de l’Association vietnamienne du cuir, des chaussures et des sacs (Lefaso)


Un rapide sondage auprès des membres de Lefaso révèle que très peu d’entreprises ont suffisamment de stock de matières premières jusqu’à la mi-mars. Les plus durement touchées sont celles fabriquant des produits bas de gamme car elles restent entièrement tributaires des approvisionnements chinois en raison du faible coût.

D’une part, je pense que le gouvernement peut aider les entreprises nationales en les encourageant à renforcer leur production de matières premières. Cependant, ces derniers temps, nous n’avons pas été en mesure de concurrencer les fournisseurs chinois car nos coûts de production sont plus élevés.

D’autre part, ayant des besoins différents d’importations de matières premières, les entre-prises doivent se sauver elles-mêmes. Par exemple, pour les produits haut de gamme, le secteur du cuir et de la chaussure doit acheter davantage des matières premières à l’étranger. Mais pour ceux de gamme moyenne et inférieure, de nombreuses entreprises sont appellées à s’approvisionner jusqu’à plus de 65% grâce aux fournisseurs nationaux. Cependant, ce n’est pas le cas pour les entreprises de l’électronique dont la production dépend largement des composants électroniques importés de Chine. 


Faciliter l’approvisionnement

Nguyên Thi Tuyêt Mai, secrétaire générale adjointe de l’Association vietnamienne du textile et de l’habillement (Vitas)


Les entreprises textiles gèrent non seulement la prévention de l’épidémie de COVID-19 au sein de leur environnement de travail mais s’inquiètent aussi de la pénurie de matières premières. Selon les estimations de Vitas, l’industrie textile importe 60-70% de matières premières de Chine, principalement de tissu. Si les approvisionnements chinois continuent de stagner, cela deviendra un vrai casse-tête pour notre secteur.

De nombreux partenaires ont travaillé avec des entreprises pour remédier aux goulots d’étranglement dans l’approvisionnement en matières premières. Les producteurs à grande échelle pensent déjà à recourir à d’autres fournisseurs dont la Thaïlande. Mais il faut reconnaître que seuls les plus puissants peuvent le faire en raison de la hausse du prix des matières premières.


Trouver de nouveaux fournisseurs

Trân Thanh Hai, directeur adjoint du Département de l’import-export (ministère de l’Industrie et du Commerce)


D’après les statistiques du ministère de l’Industrie et du Commerce, la Chine est le principal fournisseur du Vietnam en accessoires téléphoniques, matières plastiques, fer et acier, produits chimiques… Par conséquent, les entreprises vietnamiennes sont confrontées à une forte pénurie de matières premières suite aux fermetures de nombreuses usines chinoises à cause de l’épidémie de COVID-19.

Bien qu’avant le Nouvel An lunaire, les entreprises disposaient d’une certaine quantité de matières premières en stock, cette dernière arrivera à terme à la fin mars. Pour l’industrie textile vietnamienne, la Chine joue un rôle majeur en fournissant annuellement environ 60% de tissus, plus de 55% de fibres et quelque 45% de matériaux auxiliaires. La plupart des entreprises du secteur ne possèdent que des stocks suffisant à la production jusqu’à fin mars ou début avril. Au-delà de cette période, si l’épidémie n’est pas encore maîtrisée, la pénurie de matières premières sera inévitable.

Conscient de la situation, le ministère de l’Industrie et du Commerce a travaillé avec les Associations des entreprises des secteurs tels que le textile-habillement, le cuir et la chaussure, la mécanique, l’électronique et la chimie afin de bien comprendre la situation et proposer des solutions alternatives de matières premières. À l’heure actuelle, le ministère a identifié que des marchés tels que l’Indonésie, la Turquie et l’Union européenne sont en mesure de répondre aux besoins des entreprises vietnamiennes du textile-habillement et de la chaussure.


Réduire la dépendance aux importations

Truong Thanh Hoài, directeur du Département de l’industrie (ministère de l’Industrie et du Commerce)


Les mesures pour encourager et soutenir les entreprises dans la recherche de sources alternatives de matières premières sont primordiales. Les entreprises d’industries auxiliaires, notamment les fabricants au service du textile-habillement, du cuir et des chaussures doivent être secondées afin de renforcer leur production en vue de répondre en partie à la demande domestique.

Actuellement, un certain nombre d’entreprises d’investissements directs étrangers ont dévoilé au Département de l’industrie l’intention d’établir des partenariats avec des producteurs d’industries auxiliaires du Vietnam capables de devenir de nouveaux fournisseurs pour la production domestique. C’est bon signe. Sur le long terme, je pense qu’il faut développer les industries auxiliaires nationales pour réduire au fur et à mesure les dépendances aux importations. Il faut seconder ces industries dans leur capacité de production à travers des politiques d’assistance en matière de crédit, de sources humaines, de rénovation technologique ainsi que de privilèges fiscaux et fonciers, entre autres.

Linh Thao - Thu Huong/CVN
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