25/05/2020 23:48
Finie la livraison des souvlakis et des cafés frappés à domicile ou au travail... les tavernes et les cafés en terrasses, véritables institutions en Grèce, ont rouvert lundi 25 mai, une semaine plus tôt que prévu, pour soutenir le secteur de la restauration inquiet avant le retour des touristes.
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Dans l'attente des clients, à la terrasse d'une taverne à Athènes, le 25 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Le café en Grèce a une dimension sociale, c’est là que bat la vie du quartier", dit Giorgos Karavatsani, un retraité "ravi de rompre l’isolement" après plus de deux mois de confinement "et de retrouver ses amis au café" dans le quartier de Pangrati au centre d'Athènes. "Évidemment il y a toujours un peu d’appréhension" admet-il. "Est-ce qu’on prend un risque à s’asseoir au café ?".

"C’est la période de l’année en Grèce où l'on commence à vivre en extérieur (...) Si nous sommes à l'extérieur avec une certaine distance entre les tables, je n’ai pas l’impression que nous prenions des risques énormes”, soutient Stella, une étudiante assise sur une terrasse bondé de Kolonaki, quartier chic athénien.

Dans le quartier de Thissio, au pied de l'Acropole, quelques Athéniens ont repris leurs habitudes, dégustant leur café "freddo" sous le soleil et le piaillement des oiseaux. Soixante-dix centimètres minimum de distance entre les tables, pas plus de six clients assis côte à côte : un serveur dresse les tables en vue du repas de mi-journée que les Grecs prennent généralement entre 14 et 16h00.

Sur l'île d'Eubée, à deux heures d'Athènes, des restaurateurs du front de mer à Karystos ont procédé avec enthousiasme dimanche 24 mai aux ultimes retouches de peinture et au nettoyage au Kaercher des tables et des chaises. Tous les cafés, bars, tavernes et restaurants du pays étaient fermés depuis le 14 mars, deux jours après le premier des 171 décès du coronavirus que déplore la Grèce, et ce avant même le confinement général décrété le 23 mars. Les terrasses ont également rouvert ce lundi 25 mai à Madrid, Barcelone et en Bavière.

Les petits patrons "tiraillés"

En Grèce, la réouverture des établissements était initialement prévue le 1er juin. Sous la pression du secteur, le gouvernement les a autorisés à reprendre leur activité dès lundi 25 mai, le pays de 11 millions d'habitants ayant été relativement peu touché par le coronavirus avec moins de 2.900 cas.

Carte des pays de l'Union européenne et de la dépendance de leur économie au tourisme, selon la Commission européenne. Photo : AFP/VNA/CVN

Mais à Pangrati, Vaggelis Daskalopoulos se dit "tiraillé entre son envie de travailler, de ne pas faire faillite et la peur d’être contaminé". "Avec la saison touristique qui va commencer (le 15 juin), les risques vont être encore plus grands", dit-il, indigné à l'idée que certains touristes éventuellement porteurs du virus ne soient "même pas vraiment contrôlés !", seuls des tests de dépistage aléatoires étant prévus.

Le patron s'inquiète en outre des "nouvelles difficultés économiques" pour son petit café ouvert en 2010 en pleine crise de la dette. "Je ne sais pas comment nous allons nous en sortir", confie-t-il. "Pendant ces mois de fermeture, nous avions des frais à payer et aucune entrée d’argent... et les mesures imposées ont un vrai coût pour nous", explique-t-il. Il précise qu'il lui faudrait embaucher un employé pour désinfecter "en permanence, et compter le nombre de personnes qui entrent et sortent". Mais il n'en a pas les moyens. Avec les règles de distanciation sociale, interdisant aux établissements de se remplir à plus de 50% de leur capacité, trois cafés ou restaurants sur dix pourraient ne pas rouvrir lundi 25 mai, a prévu Nikos Nifoudis, de l'Initiative Restauration de Thessalonique.

Car la réouverture des établissements n'est possible que pour ceux qui peuvent accueillir une clientèle à l'air libre. "Le secteur est très inquiet et attend de voir comment les établissements qui rouvrent vont s'en sortir", a-t-il déclaré à l'agence de presse ANA. "Personne ne peut prédire si les clients retourneront en confiance dans les cafés et les restaurants".

AFP/VNA/CVN



 

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