25/11/2018 14:47
Devant les colonnes corinthiennes du théâtre romain de Bosra, dans le sud de la Syrie, des dizaines de jeunes posent pour une photo de groupe. Inscrit par l'UNESCO sur sa liste du patrimoine mondial en péril, le site a survécu aux combats.
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De jeunes Syriens visitent le théâtre romain de Bosra, dans le Sud du pays, lors d'une visite organisée sous le patronage du ministère du Tourisme, dans ce pays ravagé par une guerre qui dure depuis plus de sept ans.
Photo: AFP/VNA/CVN

Pour prendre part à une visite de Bosra, organisée par une petite association syrienne sous le patronage du ministère du Tourisme, certains des 150 participants ont parcouru des centaines de kilomètres, à l'instar du jeune Abdel Aziz, venu d'Alep, la grande métropole du Nord.

Perché tout en haut des gradins de pierre de ce théâtre datant du IIe siècle, l'étudiant de 23 ans ne cache pas sa stupéfaction. "Je m'attendais à le trouver détruit, mais il a échappé à cette guerre impitoyable", lance-t-il.

Le Sud du pays où se trouve le théâtre de Bosra n'a pas échappé aux violences.
Même si le théâtre a survécu, les affrontements ont laissé des traces. Une partie des gradins semi-circulaires s'est écroulée. Des impacts de balles sont visibles sur l'imposant mur de scène, haut de plusieurs mètres, ainsi que sur les élégantes colonnes blanches coiffées de chapiteaux corinthiens.

"Le pourcentage des dégâts dans le théâtre ne dépasse pas les trois à cinq pour cent", assure toutefois le président du conseil local de la ville de Bosra, Wafi al-Douss.

"Icône" du Sud

L'ancienne ville de Bosra, célèbre aussi pour ses ruines byzantines, ses églises chrétiennes, ses mosquées et madrasas (établissement islamique d'enseignement) historiques, fait partie des six sites antiques de Syrie classés en 2013 par l'UNESCO sur la liste du patrimoine mondial en danger.

"Le théâtre romain, bâti probablement sous l'empereur Trajan, avait ensuite été intégré à des fortifications plus tardives pour créer une puissante citadelle gardant la route de Damas", rappelle l'organisation onusienne.

Avant le début du conflit en 2011, le théâtre accueillait un prestigieux festival de musique, auquel la diva libanaise Fairouz avait participé. En 2004, l'orchestre philharmonique de la Scala de Milan y avait donné une représentation devant 4.000 spectateurs.

Les autorités ambitionnent d'effacer les traces de la guerre, mais aussi de faire revivre le festival, assure M. al-Douss.

Une vue du théâtre romain de Bosra, en Syrie, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Photo: AFP/VNA/CVN

"Bosra, c'est l'icône du Houran", lance-t-il avec enthousiasme, utilisant le nom traditionnellement donné au sud syrien, devant les visiteurs prenant part à l'excursion organisée par la "Société syrienne d'exploration et de documentation".

Les participants déambulent dans les gradins et se prennent en photo, tenant à la main un petit drapeau syrien.

Tourisme asséché

En 2010, le secteur touristique avait engrangé quatre milliards de dollars (3,5 milliards d'euros) de revenus, et représentait la deuxième source de devises étrangères du pays, derrière les exportations pétrolières, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Avec la guerre, cette manne s'est "totalement asséchée", selon la même source. Et tout au long du conflit, plusieurs sites archéologiques ont souffert de pillages et de destructions.

En 2015, le groupe État islamique (EI) avait ainsi saccagé Palmyre, la "perle du désert", un site antique de plus de 2.000 ans inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité.

Palmyre, mais aussi la vieille ville d'Alep et le château du Crac des chevaliers, font notamment partie des sites classés en danger par l'UNESCO.

À Bosra, Manal est venue avec sa petite fille de sept mois, Arij: "On ne peut pas voyager à l'étranger, c'est pas grave, on va faire du tourisme en Syrie".

AFP/VNA/CVN

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