14/06/2014 07:44
Les abeilles se parlent-elles ? Une équipe de recherche française a isolé des vibrations particulières émises dans les ruches, qui correspondraient à une forme de communication avec une poignée de «mots».

Pour Yves Le Conte, directeur de l’unité abeilles et environnement à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Avignon (Sud), «cela voudrait dire qu’elles disposent d’un autre mode de communication que celui des phéromones», le langage des hormones.

Les abeilles disposent d’un autre mode de communication que celui des phéromones, le langage des hormones. Photo : AFP/VNA/CVN


Pour passionné qu’il soit, le biologiste ne s’avance pas à parler de «sons» mais envisage l’hypothèse d’un «profil vibratoire» de cinq à six «mots» échangés dans la ruche enregistré grâce à des capteurs hyper-sensibles, des «kak kak» proches des sons du criquet, qui semblent se répondre.

«Si elles font ça, c’est forcément pour communiquer, reste à trouver ce qu’elles se disent et comment elles émettent cette vibration particulière», juge-t-il.

Mouchards et caméras

«L’idée était de permettre à l’apiculteur de prévenir l’essaimage, par exemple en séparant sa colonie en deux. On a décidé de s’en servir plus largement pour prédire la santé des colonies», reprend le biologiste.

Avec l’aide d’un apiculteur «compteur d’abeilles», il a pu installer capteurs et caméras sur les ruches. Didier Crauser a marqué ses abeilles selon un code couleur correspondant à leur état : des minuscules pastilles rouges, bleues ou vertes (malade, traitée ou en bonne santé), collées sur leur dos permettent de suivre chaque battement d’aile dans et autour de la ruche depuis l’ordinateur. Plus une balance pour évaluer le poids de pollen rapporté dans la ruche par les butineuses.

«Deux fois par mois, on ouvre la ruche pour vérifier l’éventuelle présence de prédateur et ou de maladie», précise M. Le Conte.

«À terme l’idée est de permettre à chaque apiculteur de s’équiper. Pour un prix modique qui sera sans doute de 2 ou 3 euros par capteur, il pourra être directement alerté par l’activité des abeilles en cas de problème. Elles enverront elles-mêmes le signal : je suis malade, je suis attaquée», prédit le chercheur.

L’inquiétant déclin des abeilles pollinisatrices, avec une mortalité hivernale des ruches de 20 à 30% en France et 40% en Belgique ou en Suède, a justifié une vive riposte de la communauté scientifique.

«L’affaire est devenue politique», souligne M. Le Conte alors que l’Europe subit déjà un déficit de 13,4 millions de colonies pour ses cultures.

AFP/VNA/CVN

 

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