13/06/2021 15:43
Une pollution en mer aux hydrocarbures, vraisemblablement due au dégazage illégal d'un navire, qui menaçait samedi 12 juin la côte orientale de la Corse, s'est éloignée vers le large où des navires de la marine effectuent des opérations de récupération.
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Photo publiée le 12 juin par la Marine nationale montrant une nappe d'hydrocarbures au large de la Corse.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous sommes plus rassurés à ce stade parce que la dérive éloigne la pollution de la côte. On a une pollution très morcelée qui est maintenant à une dizaine de kilomètres au large", a indiqué samedi 12 juin soir la capitaine de frégate Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime de Méditerranée. "Mais il faut rester très prudent, car la situation peut changer en fonction de la dérive et des courants".

Plages fermées, pêche interdite et déploiement d'importants moyens de protection du littoral à terre et en mer : depuis la nuit de vendredi 11 à samedi 12 juin cette île méditerranéenne se préparait avec inquiétude à l'arrivée d'hydrocarbures lourds sur les plages de sable de la côte orientale.

"On espère éviter la pollution, mais ça va être compliqué", a déploré par téléphone auprès de l'AFP, Francis Giudici, le maire de Ghisonaccia, une des communes menacées et dont les plages ont été fermées.

"Il y a beaucoup de colère. Ce n'est pas un petit dégazage", ce procédé illégal en mer par lequel des navires vidangent les gaz de leurs cuves d'hydrocarbures, avait-il ajouté. "Nous n'avions pas besoin de ça en début de saison" estivale.

Repérée vendredi 11 juin lors d'un exercice militaire aérien au large de Solenzara, dans l'est de l'île méditerranéenne, la pollution aux hydrocarbures - trait noir dans les eaux bleues de la Méditerranée - était arrivée très rapidement jusqu'à 800 mètres des côtes de cette île prisée des touristes samedi 12 juin.

La présence d'hydrocarbures lourds dont la dissolution est difficile et l'étendue des deux nappes d'hydrocarbures avait incité les autorités à déclencher samedi 12 juin le plan de protection du littoral Polmar-Terre, qui inclut aussi une action sur les côtes. Il reste maintenu.

Le préfet de Haute-Corse, François Ravier, a interdit l'accès aux plages sur une quarantaine de kilomètres, entre les communes d'Aleria jusqu'à Ventiseri, alors que l'île connaît un temps estival.

Des gendarmes ont demandé aux baigneurs de quitter certaines plages et des panneaux indiquant "baignade interdite-pollution maritime" ont été apposés.

La pêche est aussi interdite sur ces mêmes secteurs.

"Délinquance écologique" 

Des bateaux tentent de récuperer des hydrocarbures qui menacent les plages corses le 12 juin au large de Solenzara.
Photo : AFP/VNA/CVN

Malgré l'éloignement de la nappe, d'importants moyens sont toujours déployés, notamment deux bâtiments de soutien et d'assistance affrété (BSAA), "Pionnier" et "Jason" de la marine nationale venus de la base navale de Toulon (Var).

Avec leur personnel spécialisé dans la lutte antipollution, ils récupèrent une partie des hydrocarbures, a indiqué la préfecture maritime.

Une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie maritime, a indiqué Dominique Laurens, la procureure de Marseille, compétente pour les affaires de pollution maritime sur le littoral méditerranéen français.

"Dégazer des hydrocarbures en mer est un pur acte de délinquance écologique", a dénoncé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, qui s'est rendue sur place avec la ministre de la Mer, Annick Girardin.

"Nous sommes arrivées ici bien déterminées à trouver ceux qui ont dégazé sauvagement. Je le disais tout à l’heure ce sont des voyous et ils devront être traités comme des voyous", a martelé de son côté Mme Girardin.

À ce stade, "trois navires dont la présence dans une zone élargie autour de la pollution nécessitent que des investigations soient menées", a indiqué le colonel Jean-Guillaume Remy, commandant du groupement Méditerranée.

Il s'agit d'une des pollutions par dégazage parmi les plus significatives constatées au cours des trois dernières années, dans cette zone méditerranéenne, selon la gendarmerie maritime.

AFP/VNA/CVN
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