01/01/2020 16:13
Près de 2.500 migrants tentant de traverser la Manche pour rejoindre la Grande-Bretagne ont été secourus en mer en 2019, soit quatre fois plus que l'an dernier, selon un bilan des autorités, quatre personnes ayant trouvé la mort.
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Opération de secours de migrants dans la Manche, photo du 30 décembre 2019. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Au total, 261 "cas de traversées" ou "tentatives de traversées" par la mer ont été recensées cette année par les autorités françaises et britanniques, effectuées essentiellement par de petites embarcations pneumatiques souvent surchargées, selon la préfecture de la Manche et de la mer du Nord.

Côté britannique, le Home office a indiqué que plus de 125 migrants entrés illégalement au Royaume-Uni à l'aide de petites embarcations avaient été renvoyés en Europe depuis janvier.

"Les individus qui entrent au Royaume-Uni illégalement ne doivent pas douter de notre détermination à les renvoyer en Europe car c'est un principe établi que les personnes en recherche de protection doivent demander l'asile dans le premier pays sûr qu'ils atteignent", a déclaré un porte-parole du Home office dans un communiqué.

En 2019, 2.358 personnes ont été secourues puis ramenées sur les côtes françaises ou britanniques, contre 586 en 2018.

Un précédent décompte communiqué mi-décembre faisait état de 2.521 migrants ayant tenté cette traversée, mais incluait des personnes interceptées à terre, par exemple sur des plages du Pas-de-Calais.

Mardi encore 31 décembre, une embarcation légère a été signalée "en difficulté" à environ 11 km au nord de Dunkerque. Les six hommes à bord, dont "certains en hypothermie", ont été ramenés au port de Calais (Pas-de-Calais).

Les autorités avaient déjà porté assistance à une cinquantaine de migrants depuis dimanche matin 29 décembre, lors de plusieurs sauvetages. Le 26 décembre, 71 migrants avaient cette fois été interceptés au petit matin.

De leur côté, les Britanniques ont intercepté mardi 31 décembre trois embarcations, transportant au total 43 personnes, dont deux femmes, se présentant comme Iraniens, Irakiens et Afghans. Huit d'entre eux ont dit être mineurs.

Ils ont tous été conduits à Douvres pour des examens médicaux avant d'être entendus par les services d'immigration, a indiqué le Home office.

Depuis la fin 2018, les traversées ne cessent de se multiplier dans la Manche, malgré les mises en garde répétées des autorités soulignant le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l'eau.

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, d'où partent "95%" des embarcations, le "plan d'action" visant à "mettre fin" à ces traversées annoncé en janvier par la ministère de l'Intérieur "produit des résultats".

"Depuis un an, 55% des traversées ont été mises en échec" grâce à "la forte mobilisation des forces publiques françaises en mer et sur terre", souligne le préfet du Pas-de-Calais Fabien Sudry, prenant en compte les migrants interceptés et les canots cachés dans les dunes découverts par les forces de l'ordre.

Depuis octobre, 45 réservistes de la gendarmerie renforcent "en permanence" les brigades pour surveiller le littoral du Pas-de-Calais, distant d'une trentaine de km de l'Angleterre, et "sauver des vies", insiste M. Sudry.

"Départs simultanés"

Au moins quatre migrants sont déjà décédés. La première à périr dans ces eaux a vraisemblablement été Mitra M., Iranienne de 31 ans, titulaire d'un master de psychologie, qui avait embarqué le 9 août sur un bateau pneumatique aux côtés de 19 migrants irakiens et iraniens, dont sept mineurs.

Le 23 août, un Irakien a lui été retrouvé mort au large de Zeebruges (Belgique) après avoir tenté une traversée à la nage tandis que deux autres hommes, également irakiens, ont été retrouvés décédés sur une plage au Touquet (France) mi-octobre.

"Ces traversées continuent parce que certains réussissent à passer et, surtout, parce qu'elles sont très rentables pour les passeurs !", déplore François Guennoc, vice-président de l'association l'Auberge des migrants, qui constate "un phénomène nouveau : de plus en plus de départs simultanés", soit plusieurs bateaux la même nuit, "visant à disperser les efforts des autorités qui surveillent la côte".

Malgré les évacuations régulières des camps de fortune, dont deux importantes qui avaient concerné plusieurs centaines de personnes ces dernières semaines près de l'ancienne "Jungle", plus d'un millier de migrants vivent toujours "dans des tentes, dehors ou dans des hangars" dans la région, essentiellement à Calais et Grande-Synthe (Nord), selon les associations.

"Certains n'ont ni matelas de sol, ni sacs de couchage. On n'a pas assez de tentes et pas assez de couvertures à donner, ils vivent dehors sans douches et sans toilettes", s'insurge Claire Millot, bénévole pour l'association Salam à Grande-Synthe.

"C'est incompréhensible qu'on laisse des gens comme ça, c'est une volonté politique mais qui est tellement inhumaine en Europe au XXIe siècle", ajoute-t-elle.

Selon les préfectures, environ 400 migrants, originaires d'Afghanistan, du Soudan et de la Corne de l'Afrique, vivent à Calais, et environ 300 personnes, des Kurdes irakiens et des Iraniens, à Grande-Synthe.

AFP/VNA/CVN

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