25/02/2017 14:49
Marine Le Pen a réitéré vendredi 24 février son refus de répondre aux convocations de la police pour s'expliquer sur une affaire d'emplois fictifs au Parlement européen, suscitant un rappel à l'ordre du Premier ministre Bernard Cazeneuve.

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La candidate d'extrême droite à la présidentielle française, Marine Le Pen, à Grignan, en France, le 2 février 2017. Photo : AFP/VNA/CVN 


"Lorsqu'on prétend aux plus hautes responsabilités, on ne peut se placer au-dessus des lois de la République", a dit le Premier ministre Bernard Cazeneuve à l'AFP.

La présidente du Front national (extrême droite) avait déjà refusé mercredi 22 février de se déplacer pour une audition libre dans le cadre d'une enquête qui a conduit le même jour à l'inculpation d'une ses proches collaboratrices. "Comme pendant les régionales, je ne répondrai pas pendant la campagne électorale. Cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice", a affirmé vendredi 24 février Mme Le Pen à l'AFP.

"Aucun responsable politique ne peut refuser, s'il est républicain, de déférer aux convocations de la justice. Le respect de l'autorité de l’État et des institutions commence par cela", s'est indigné le Premier ministre.

Protégée par son immunité de députée européenne, Mme Le Pen ne peut être contrainte pour être entendue ni soumise à aucune mesure coercitive. Il faudrait au préalable que les juges d'instruction fassent une demande de levée d'immunité, qui serait ensuite soumise au Parlement européen.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si le Front national a mis en place un système pour que le Parlement européen prenne en charge, via des contrats d'assistants parlementaires, des salaires de cadres ou d'employés du parti en France.

Le Parlement européen a jugé suffisamment établi le dossier concernant la chef de cabinet de Mme Le Pen et de son garde du corps pour demander à l'eurodéputé de rembourser près de 340.000 euros. La candidate à la présidentielle, en tête des sondages pour le premier tour du 23 avril, dénonce une "cabale politique" à deux mois des élections présidentielle.

Chose inédite dans une campagne présidentielle, un autre candidat, le conservateur François Fillon, est également visé par des soupçons d'emplois fictifs au profit de sa femme Penelope et de deux de ses enfants. Lui aussi crie au complot.

AFP/VNA/CVN 

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