24/05/2019 08:49
Les partis pro-européens néerlandais et notamment les travaillistes ont déjoué jeudi 23 mai sondages et analystes qui annonçaient une victoire des populistes aux élections européennes et sont sortis vainqueurs du scrutin, selon les premières estimations, sous la houlette de Frans Timmermans, candidat à la présidence de la Commission européenne.

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Lodewijk Asscher (centre), leader des travaillistes, célèbre la victoire de son parti aux élections européennes, le 23 mai à La Haye. Photo: AFP/VNA/CVN


Les Pays-Bas et la Grande-Bretagne ouvraient le bal jeudi 23 mai, mais rien ne devrait filtrer du Royaume-Uni avant que les autres États membres aient fini de voter, dimanche soir 26 mai.

Les travaillistes néerlandais (PvdA) de 
Frans Timmermans, qui brigue la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, ont devancé selon les estimations les libéraux (VVD) et les populistes (FvD), qui étaient censés remporter le scrutin.

Avec 18,1% des suffrages, le PvdA devrait remporter cinq des 26 sièges alloués aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre Mark Rutte, pro-européen, quatre sièges avec 15% des suffrages, et le Forum de la démocratie (FvD) du populiste eurosceptique Thierry Baudet trois sièges avec 11% des suffrages, selon les estimations Ipsos pour la Télévision publique NOS.

"Une autre Europe" 

"Je me rends compte qu'il y a partout en Europe un besoin d'une autre Europe, d'une Europe qui lutte beaucoup plus contre le changement climatique", a commenté M. Timmermans.

"Une Europe qui voit que nous devons plus collaborer ensemble au niveau social, que les grandes entreprises doivent payer plus d'impôts. Ce sont des thèmes pour lesquels oeuvre la social-démocratie", a-t-il ajouté sur NOS.

Les résultats officiels seront publiés dimanche soir, après la clôture du scrutin à travers le continent pour lequel plus de 400 millions d'électeurs voteront dans 28 pays pour élire 751 députés européens lors de ces élections qui se tiennent jusqu'à dimanche. Ce doit être au tour vendredi 24 mai de l'Irlande et la République tchèque, la plupart des autres pays de l'UE se prononçant dimanche 26 mai.

Un envol des mouvements nationalistes et populistes était attendu lors du scrutin, qui devait selon les sondages faire perdre du terrain aux deux groupes les plus importants au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE), groupe de la droite pro-européenne, et le Parti socialiste européen (PSE).

D'après les derniers sondages, le parti de Marine Le Pen (extrême droite) devance celui du président Emmanuel Macron en France tandis qu'en Italie, la Ligue de Matteo Salvini fait la course en tête avec un discours anti-UE.

Brexit omniprésent 

Au Royaume-Uni, les Britanniques ont voté dans un climat plombé par le Brexit, qui monopolise les débats politiques depuis le référendum de juin 2016.

Faute d'être sorti de l'UE dans les temps, le Royaume-Uni a été contraint d'organiser ce scrutin d'autant plus surréaliste que les députés britanniques pourraient ne siéger que quelques semaines au parlement européen.

Le pays devait quitter l'UE le 29 mars mais faute d'avoir obtenu le soutien des députés, qui ont rejeté à trois reprises l'accord de sortie qu'elle avait conclu en novembre avec Bruxelles, la Première ministre Theresa May a dû repousser la date du divorce, désormais fixé au 31 octobre au plus tard.

Pour éviter une sortie sans accord, elle tente de convaincre les députés de soutenir un projet de loi qu'elle présente comme la "dernière chance" de mettre en oeuvre le Brexit. Mais elle a dû repousser à une date indéterminée le vote sur le projet, attaqué de tous côtés et qui a provoqué mercredi la démission fracassante de la ministre chargée des Relations avec le Parlement, l'eurosceptique Andrea Leadsom.

Dans cette campagne insolite, le Parti du Brexit, de l'eurosceptique Nigel Farage, réclame une sortie de l'UE immédiate et sans accord. Ce nouveau parti, créé en février, caracole en tête des sondages. "On a déjà voté Brexit, ils nous ont ignoré, donc on va leur dire de nouveau", a déclaré M. Farage jeudi 23 mai à l'AFP. Il espère être "le député européen au mandat le plus court de l'histoire", comptant sur un Brexit rapide.

AFP/VNA/CVN

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