25/04/2018 15:07
Le Premier ministre français Édouard Philippe a fait un pas mardi 24 avril en direction des syndicats de la SNCF en annonçant des réunions bilatérales le 7 mai à Matignon, une invitation que les syndicats ont mise "au crédit" de leur mobilisation.
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Le Premier ministre, Edouard Philippe, à l'Élysée à Paris le 20 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN
Alors qu'ils avaient claqué la porte jeudi dernier 19 avril de la concertation avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne, demandant au chef du gouvernement de reprendre la main, les syndicats ont été invités à Matignon par Edouard Philippe, au dixième jour de grève contre la réforme ferroviaire.

"Je souhaite que ces rencontres se déroulent dans le respect des concertations poursuivies entre-temps au sein de l'entreprise, de la branche et auprès de la ministre des Transports. Je réunirai également le 7 mai les dirigeants de la SNCF, les représentants de la branche ferroviaire, ainsi que ceux des usagers et des chargeurs", assure le Premier ministre dans un courrier. Toutes ces rencontres seront bilatérales, a précisé Matignon.

Édouard Philippe y confirme par ailleurs la reprise progressive de la dette de la compagnie par l'État à partir du 1er janvier 2020 mais rappelle qu'elle "demandera un effort supplémentaire des contribuables, qui apportent déjà chaque année plusieurs milliards d'euros au financement du système ferroviaire". Mais il ne s'agit pas de créer un impôt supplémentaire, a assuré Matignon. "Si l'État reprend une partie de la dette, c'est plus de dette pour les contribuables", a-t-on souligné.

M. Philippe demande que cet engagement soit "complété" par des "efforts de productivité" au sein de la SNCF. "Le Premier ministre prend le dossier en main, c'est un élément positif pour nous à mettre au crédit du rapport de force", a déclaré dans la soirée Laurent Brun (CGT cheminots) à l'issue d'une réunion de l'intersyndicale (CGT, Unsa, SUD, CFDT). Les cheminots se rendront à Matignon avec "de fortes exigences", qu'ils présenteront mercredi à la presse.

Cheminots manifestant place de la Bourse à Paris le 24 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN

Pour l'Unsa, l'invitation à Matignon est "un élément important de ce mouvement. La mobilisation continue de manière unitaire jusqu'au 7 c'est évident. Et le 7 on attend un point de rupture au niveau de Matignon qui pourrait nous amener à engager de réelles négociations", a expliqué Roger Dillenseger à la presse.

"On verra le 7 mai si ce n'est pas un coup de com' du Premier ministre", a commenté de son côté Erik Meyer de SUD Rail. En attendant, le mouvement continue et les quatre syndicats boycotteront mercredi 25 avril la dernière réunion de concertation au ministère des Transports, a-t-il indiqué.

Conducteurs toujours fortement mobilisés

Cette séance est censée clore la concertation sur "l'amélioration de la qualité du service public ferroviaire", au côté du patronat, d'associations d'élus, de collectivités et d'usagers, de députés et sénateurs, et d'ONG environnementales.

Évolution du pourcentage de grévistes à la SNCF, par catégorie de métier.
Photo: AFP/VNA/CVN
Mardi 24 avril, au cinquième épisode de la grève entamée début avril sur un rythme de deux jours sur cinq, le taux de grévistes s'élevait à 17,87% à la mi-journée, selon la direction de la SNCF. Néanmoins, la mobilisation des agents indispensables à la circulation des trains reste élevée avec notamment 63,4% des conducteurs mobilisés.

Conséquence, la circulation a été encore fortement perturbée. Mercredi 25 avril, la SNCF prévoit "un retour progressif à la normale". Le prochain épisode de grève est prévu samedi 28 avril et dimanche prochains 29 avril. À la mi-journée, environ 200 personnes se sont rassemblées place de la Bourse à Paris, à l'appel de la CGT, pour exprimer leur crainte d'une privatisation de la SNCF qui "dépouiller(ait) le pays d'un morceau de son patrimoine".

Le gouvernement souhaite transformer le groupe, au 1er janvier 2020, en société anonyme à capitaux publics. Des cadres supérieurs de la SNCF ont de leur côté dénoncé "le jeu pernicieux et irresponsable" du gouvernement qui "met au pilori" les cheminots" et les soumet à un "chantage" sur la reprise de la dette, dans une lettre à Mme Borne.

Mardi 24 avril, Air France était aussi touchée par une grève, la onzième en deux mois. Un avion sur quatre est resté au sol. L'intersyndicale composée de personnels navigants et au sol réclame une augmentation générale des salaires de 5,1%, alors que la direction ne propose que 2% cette année, plus 5% supplémentaires étalés sur trois ans. Air France lance jeudi une consultation des salariés sur sa proposition salariale, dont les résultats seront connus le 4 mai au soir.

Mardi 24 avril, 27,2% de pilotes et 19,9% d'hôtesses et stewards étaient en grève, selon les estimations de la direction. L'intersyndicale a appelé à voter non à la consultation et promis d'annoncer jeudi 26 avril "les jours de grèves prévus début mai".

 
AFP/VNA/CVN




 
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