12/03/2021 17:35
Les discussions entre la France et Bruxelles sur l'avenir d'EDF entrent dans leur phase finale mais aucun accord n'a encore été trouvé dans cet épineux dossier, a indiqué jeudi 11 mars le gouvernement à des syndicats toujours inquiets.

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Près de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, le 6 décembre 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le gouvernement français et la direction d'EDF soutiennent le projet Hercule, qui vise à réorganiser l'entreprise en trois entités pour lui donner plus de moyens et lui permettre de se développer dans les renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire.

"Il reste quelques semaines pour parvenir ou non à un accord", a jugé une source gouvernementale. "Il y a de bonnes chances mais elles ne sont pas certaines", a-t-on indiqué.

Cette perspective a fait bondir l'action EDF à la Bourse de Paris, où elle prenait 10,41% vers 16h20.

Les syndicats du producteur d'électricité ont commencé à être informés jeudi  11 mars par le gouvernement de l'avancée des longues discussions avec la Commission européenne, gardienne des règles de la concurrence.

"L'exercice consistait à essayer de nous convaincre que la négociation en cours avec Bruxelles est en bonne voie", a indiqué Alain André, secrétaire fédéral FO Énergie et Mines, reçu en début de matinée par les directeurs de cabinet des ministres de l'
Économie et de la Transition écologique, Bruno Le Maire et Barbara Pompili.

"Ils ont juste dit que compte tenu de l'obligation de passer derrière sur un créneau législatif, on était sur une issue imminente. Si j'ai bien compris, la cible, c'est la fin du mois", a-t-il ajouté.

"points d'achoppement" 

Le calendrier est en effet serré pour faire aboutir une éventuelle réforme dans le cadre d'une loi avant la présidentielle l'an prochain.

"Je ne peux pas vous dire s'il va y avoir un résultat ce mois-ci", a répondu Mme Pompili lors d'une conférence de presse.

"Ce que je peux vous dire en revanche c'est qu'il faut qu'on aboutisse vite si on veut que cette réforme soit mise en oeuvre avant les prochaines présidentielles", a-t-elle ajouté.

"Il reste des points d'achoppement qu'ils n'ont pas détaillés mais c'est la meilleure formule selon eux. C'est évidemment loin de nous satisfaire", a complété de son côté le représentant syndical.

 

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, lors de la présentation des résultats 2019 du groupe à Paris, 14 février 2020.
Photo : AFP/VNA/CVN


Les syndicats comme un large spectre de l'opposition critiquent le projet de réorganisation, y voyant un risque de démantèlement d'une entreprise stratégique.

Le gouvernement insiste toutefois sur le fait qu'EDF doit rester un groupe "intégré" et public avec une direction et une stratégie uniques. L'organisation précise d'EDF fait justement l'objet des discussions les plus serrées avec Bruxelles.

La Commission exige des "murailles de Chine" entre différentes entités d'EDF, explique-t-on de source gouvernementale. Les négociations se poursuivent aussi sur le degré de mutualisation des différentes fonctions support au sein du groupe.

"La réponse de la Commission ne nous satisfait pas : à ses yeux, seul un éclatement d'EDF en plusieurs entités se faisant concurrence est envisageable", a critiqué cette semaine le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, dans l'Express.

"Ligne rouge" 

"Il y a une ligne rouge, qui est une ligne rouge absolue: pas de démantèlement d'EDF", a souligné Bruno Le Maire mercredi soir 10 mars sur BFM Business.

"On a toujours les moyens de dire non", a fait valoir le ministre.

Du côté de la Commission européenne, on rappelle que les discussions avec la France sont toujours en cours. "Nous ne pouvons pas préjuger du calendrier ou du résultat de ces contacts", indique Bruxelles.

Ce dossier au long cours porte notamment sur une amélioration de la rémunération de la production nucléaire d'EDF et la résolution d'un contentieux ancien sur les concessions hydroélectriques.

EDF est aujourd'hui contrainte de vendre une partie de son électricité nucléaire à bas prix à ses concurrents, d'où l'idée de changer les règles. Mais la Commission veut notamment éviter des "subventions croisées", c'est-à-dire qu'un coup de pouce au nucléaire bénéficie à d'autres activités d'EDF au détriment de ses concurrents.


AFP/VNA/CVN

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