20/07/2020 08:59
Les Européens redoutaient dimanche de voir les négociations à Bruxelles, sur un plan de relance post-coronavirus massif, s'achever sur un échec, au moment où la pandémie a franchi le cap des 600.000 morts dans le monde.
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La chancelière allemande Angela Merkel arrive au sommet de Bruxelles, le 19 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

Face à la progression du virus, qui poursuit sa flambée sur le continent américain et menace d'une deuxième vague notamment en Europe, de nombreux pays renforcent leur arsenal sanitaire, élargissent le port du masque ou reconfinent localement. Ainsi en France, le masque sera obligatoire dès lundi dans les lieux publics clos pour tenter d'enrayer la multiplication des foyers actifs, deux mois après la sortie du confinement.

À Hong Kong, où la cheffe de l'exécutif Carrie Lam a fait état dimanche d'une situation "critique" avec un record de plus de 100 contaminations en 24 heures, de nouvelles mesures sont également annoncées, dont un projet de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces intérieurs publics, ou l'obligation de travailler depuis la maison pour le personnel non essentiel de la fonction publique.

Pendant ce temps à Bruxelles, les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne tentaient, pour le troisième jour consécutif, d'aboutir à un laborieux compromis sur un plan de relance destiné à venir en aide à leur économie mise à genoux par la pandémie. Malgré la "bonne volonté" des 27, "il est aussi possible qu'aucun résultat ne soit obtenu" dimanche 19 juillet, a prévenu la chancelière allemande Angela Merkel. "J'ai rarement vu en sept ans des positions aussi diamétralement opposées, sur beaucoup de points", a observé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

Selon lui, trois points principaux sont "à clarifier" : le volume du fonds de relance, la façon d'administrer les fonds, et la corrélation avec le respect de l'État de droit dans les pays bénéficiaires. Et l'unanimité nécessaire des 27 États membres rend un compromis particulièrement difficile. Les discussions n'avaient toujours pas permis dimanche de faire plier les Pays-Bas et leurs alliés, les pays dits "frugaux" (Danemark, Suède et Autriche), ainsi que la Finlande. Très réservés sur ce plan, ces pays adeptes de l'orthodoxie budgétaire préféreraient que l'aide prenne la forme de prêts, à rembourser par chaque État, plutôt que de subventions.

Le dernier projet proposé par le président du Conseil européen Charles Michel prévoit toujours un plan de 750 milliards d'euros, désormais composé de 300 milliards de prêts et 450 milliards de subventions - qui n'auront pas à être remboursés par les bénéficiaires - contre 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions initialement.

Au moins 100.000 morts en 21 jours

Le COVID-19, qui a contaminé plus de 14 millions de personnes et fait au moins 601.822 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi dimanche 19 juillet par l'AFP, continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays.

Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 19 juillet à 11h00 GMT.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le nombre de décès a doublé en un peu plus de deux mois et plus de 100.000 morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin. "Nous avons été mis à genoux par un virus microscopique. La pandémie a démontré la fragilité de notre monde", a lancé samedi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Partout, la crise sanitaire se double d'une crise économique et sociale, comme à Los Angeles où des "frigos communautaires" ont fait leur apparition dans les rues, offrant de la nourriture gratuite à ceux qui en auraient besoin. "Si vous avez besoin de vider le frigo, personne ne va vous juger. Si vous avez besoin d'une tomate ou si vous n'y mettez qu'une tomate, vous pouvez", dit Marina Vergara, bénévole et organisatrice de L.A. Community Fridges, qui a déjà installé sept appareils dans la ville et veut en mettre davantage.

Les États-Unis restent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.120 décès pour 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le Sud et l'Ouest. Viennent ensuite le Brésil (78.772 morts), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (38.888) et l'Italie (35.042).

Mesure de "dissuasion nucléaire"

En Espagne, face à un quasi-triplement du nombre de cas en une semaine, quatre millions d'habitants de Barcelone, la deuxième ville du pays, sont appelés depuis samedi 18 juillet à "rester chez eux", les autorités tentant ainsi d'éviter un nouveau confinement obligatoire.

Des fidèles rassemblés pour la première fois depuis mars, dans le bidonville Kebera de Nairobi, le 19 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a prévenu qu'il n'utiliserait qu'en dernier ressort la carte du reconfinement et comparé une telle solution à une mesure de "dissuasion nucléaire", dans une interview dimanche 19 juillet au Daily Telegraph. Il espère un retour à la normale "pour Noël" malgré de vives craintes sur une deuxième vague. Un risque que le conseiller scientifique de son gouvernement, Patrick Vallance, a jugé "élevé".

Le virus continue aussi ses ravages en Amérique centrale, où les hôpitaux sont au bord de l'effondrement et les protestations de soignants se multiplient : "Je suis médecin, pas martyr" proclament, devant le plus grand hôpital de Panama, des pancartes brandies par des médecins épuisés.

Sur une note plus optimiste, à Tokyo les fans de sumo ont pu assister dimanche, pour la première fois depuis janvier, à une compétition de ce sport traditionnel, ce en dépit des signes d'une résurgence de l'épidémie. "Et bien, ça fait peur", confie Katsuhiko Ochiai, 59 ans, venu de la région voisine de Chiba pour assister à la première journée de compétition. "Mais j'adore le sumo, alors je ne veux pas rater ça."

AFP/VNA/CVN

 

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