20/08/2018 16:13
Avec 49 morts et plus de 2.000 personnes suivies, le bilan de l'épidémie de fièvre hémorragique Ébola s'élève graduellement depuis 18 jours dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), fragilisé par la violence et les déplacements de population.

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Des aides médicaux désinfectent le cercueil d'un homme peut-être mort d'Ébola en République démocratique du Congo, le 13 août.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'épidémie signalée le 1er août dans la province du Nord Kivu a fait 49 morts sur 90 cas signalés, selon le dernier bulletin de "situation épidémiologique" du ministère congolais de la Santé en date de samedi 18 août.

La Direction générale de lutte contre la maladie recense 22 décès parmi les 63 cas confirmés par des tests en laboratoire sur des prélèvements, et 27 décès probablement dus à Ebola, en raison d'un "lien épidémiologique" avec le virus.

"L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'attend à plus de cas. On ne sait pas si toutes les chaînes de transmission ont été identifiées", a déclaré vendredi 17 août à la presse un porte-parole, Tarik Jasarevic, depuis le siège à Genève.

La plupart des décès (39) ont été enregistrés dans la bourgade agricole de Mangina à 30 km au sud-ouest de Beni, d'où est partie l'épidémie. Trois décès ont été aussi répertoriés dans la province voisine de l'Ituri.

Les équipes sur le terrain ont en outre identifié 2.157 "contacts" selon le ministère, à savoir des personnes qui ont pu être en contact avec le virus.

Les professionnels de santé mènent "un travail colossal pour suivre ces contacts, continuer la recherche active de cas, et pour préparer le terrain aux équipes de vaccination", affirme le ministère congolais de la Santé.

La vaccination est utilisée comme lors de la dernière épidémie qui a touché la province de l'Équateur dans Nord-Ouest du pays et dont la fin a été annoncée le 24 juillet (33 morts sur 54 cas au total).

Les équipes médicales à Beni et Mangina "ont commencé à utiliser la molécule thérapeutique Mab114 dans le cadre du traitement des malades", a précisé cette semaine le ministère congolais de la Santé.

Le Mab114 est issu "des recherches faites sur le sérum d'un survivant de l'épidémie d'
Ébola à Kikwit (centre de la RDC) en 1995" et c'est "la première molécule thérapeutique utilisée contre le virus" au cours d'une épidémie, précise-t-on.

39 degrés, un cas suspect

Un cas de guérison d'une fillette de 13 ans a été signalé à Beni. "Deux enfants sont déjà décédés de la maladie. Les centres de traitement Ebola à Beni et Mangina prennent actuellement en charge six enfants infectés par la maladie ou suspectés de l'être. L'Unicef a identifié à ce jour 53 enfants orphelins d'
Ébola", s'est inquiété dans un communiqué vendredi 17 août le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF). "J'ai perdu huit membres de ma famille", a témoigné sur la chaîne de télévision TV5Monde Dieudonné, un jeune originaire de Mangina.

Voisin du Nord Kivu, l'Ouganda a évalué son éventuel plan de réponse à l'épidémie. La ministre de la Santé Sarah Opendi s'est rendue à la frontière à Bundibugyo à la tête d'une importante délégation, a indiqué dimanche sur Twitter son département ministériel.

La RDC (ex-Zaïre) a connu dix épidémies d'
Ébola depuis 1976. Mais c'est la première fois que le virus sévit dans une zone de conflit armé densément peuplée avec d'importants mouvements de population.

AFP/VNA/CVN

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