22/10/2020 15:05
Nous sommes en état d'urgence et devons ainsi changer nos manières de travailler, de consommer, d'apprendre et de communiquer. Si les achats en ligne, les réseaux sociaux et l'enseignement à distance ne sont pas nouveaux pour nous, le SARS CoV-2 ravive toutefois la nécessité d'explorer les possibilités d'enseigner et d'apprendre en ligne.
>>Coopération Vietnam - Singapour dans l’e-learning
>>L'application des technologies de l'information dans l'éducation et la formation

Depuis que l'Organisation mondiale de la Santé a déclaré que la flambée de maladie à coronavirus 2019 constituait une pandémie mondiale, tous les pays dans le monde sont confrontés à un défi majeur et le Vietnam n’est pas épargné. Tous les secteurs, économiques, sociaux et éducatifs font les frais de la crise pandémique. Alors que les deux premiers y sont empêtrés, l’éducation semble flexible et s’adapte plus rapidement au nouveau contexte. Sa vivacité est d’ailleurs reconnue de longue date :  l’éducation ne s’est jamais interrompue, que ce soit dans la guerre ou la famine.

Adaptabilité

Pendant l'épidémie, la technologie était la clé permettant de surmonter les difficultés du confinement. Certaines applications d’e-learning ont été mises en place telle que ZOOM, Microsoft Teams, Skype ou Google Hangout Meets... Tout fonctionne comme dans une salle de classe traditionnelle, sauf que les étudiants travaillent à domicile et leur santé est dès lors garantie.

Chu Thị Thanh Hương, étudiante d’ULEI-UNH en ''classe''. 
Chu Thi Thanh Huong, étudiante du Département de français de l'Université de Langues et d'Études internationales à l’Université nationale du Vietnam à Hanoï (ULEI-UNH), se levait assez tôt pour aller en ''classe''. En effet, ses cours en ligne adoptaient les mêmes horaires que les cours habituels. Son emploi du temps n’était donc pas bouleversé. Huong ouvrait l’application Zoom, tapait l’identifiant et le code. Et la voilà qui était en classe avec son professeur et ses camarades. Sur son expérience, elle a partagé : ''J'aime étudier en ligne. En fait, je peux choisir un bon espace, un endroit calme et même écouter un peu de musique sans paroles pour apaiser mon esprit quand j'apprends''.

Cependant, ''un obstacle courant est la qualité variable de la connexion Internet, ce qui ralentit l'acquisition des connaissances chez les apprenant'', analyse Lê Bao Phuong, étudiant de Commerce extérieur. Face à cet inconvénient, Phuong intervenait pour poser des questions aux professeurs à la fin des cours, pour mieux comprendre la leçon.

La technologie nous permet non seulement de garder le rythme d’apprentissage comme dans une classe traditionnelle mais également de réécouter les cours à tout moment.

Madame Dam Minh Thuy, professeur de l’ULEI-UNH a également confié que les enseignants peu à l’aise avec les outils numériques avaient besoin d'une préparation plus minutieuse des diapositives de cours. En plus, il leur fallait parvenir à favoriser l'interaction avec les apprenants tout au long du cours pour assurer leur suivi.

Les ''coins cachés''

Selon l’UNICEF, une petite moitié de la population mondiale, soit 71 pays, a accès à Internet. Dans la plupart des pays africains, moins d'un quart des habitants dispose d’outils techniques pour se connecter au réseau.

Chacun a le droit d'apprendre et de développer ses propres capacités. Depuis son éclosion, la pandémie de coronavirus a pourtant causé des obstacles majeurs aux opportunités d'apprentissage de plusieurs personnes. En effet, si l’apprentissage en ligne est la solution qu’appliquent la plupart des pays durant le confinement, le numérique n’est pas accessible à tous les apprenants. Ces faiblesses ont provoqué donc des inégalités dans l'éducation. Le Vietnam n’y a pas non plus échappé.  

À titre d’exemple révélateur, ont été postées récemment sur les réseaux sociaux, les photos d’installation de ''cabanes'' des élèves vivant en montagne du lycée Viêt Bac dans des lieux couverts par des ondes Wi-Fi afin d’étudier en ligne. Ces photos ont immédiatement créé une polémique car elles démontraient les difficultés d’accès à l’éducation des élèves des régions lointaines et accentuaient ainsi les écarts entre la ville et les ethnies minoritaires.

Photo : La fanpage du lycée montagnard Viêt Bac
Malgré le manque d'équipement technologique et de la faiblesse de la connexion internet, les élèves ont maintenu leur apprentissage par divers moyens : construire un ''abri'' dans un lieu où la 4G est disponible, faire 30km à vélo pour se rendre au centre-ville  et louer une salle d’études... Ces images ont suscité beaucoup d’adminiration et montrent clairement la détermination des étudiants à emprunter la voie de la conquête des connaissances malgré de nombreuses difficultés.

Suite à la publication de cette information, le groupe Viettel a envoyé une équipe technique dans la zone où vivent ces élèves pour faire une enquête de terrain et mettre en place un plan d’installation d’un réseau 4G.

L’État, quant à lui, tient toujours sa promesse ''de ne laisser personne prendre du retard'' en prenant des mesures pour assurer au mieux l'équité pédagogique sur le territoire.

''Chaque nuage a une ligne argentée''

Le COVID-19 porte un coup surprise à tous les pays dont le nôtre. Sans défense préalable,''cet ennemi'' nous attaque de plein fouet. Rester chez soi et se reclure de la société constitue les deux éléments essentiels pour la protection de soi et de la communauté. La distanciation sociale a créé “une pause” nous permettant de ralentir, de mieux comprendre ce qui nous entoure et surtout de réfléchir sur notre propre situation. 

En tant qu’étudiant à l’université, on constate clairement l'impact du COVID-19 sur le secteur éducatif. Au cours de cette période, on a accumulé des leçons importantes et des expériences sans précédent. Les professeurs et leurs étudiants ont dû s'adapter à la nouvelle forme d'apprentissage – l’e-learning – qui oblige les apprenants à faire plus d'efforts que dans la classe traditionnelle.

De plus, pour suivre les cours à distance, il est essentiel d’avoir de la persévérance, de la concentration et une certaine dose de séreinité. Du côté des enseignants, ils essaient de transmettre les connaissances nécessaires via l'écran. C’est ainsi qu’ils sont mieux sensibilisés au développement et à l'importance de la technologie numérique. Nous, les jeunes, devons toujours faire des efforts, nous améliorer, nous adapter pour rattraper le développement rapide du monde. Il s'agit d’une condition fondamentale pour devenir de vrais citoyens du monde, pour contribuer progressivement à la construction du développement durable du Vietnam sur le marché international.

Enfin, notre vision sociale a changé. Combattre le COVID-19 est la responsabilité de l'ensemble du système politique à tous les niveaux mais également de chaque citoyen. À partir de mars, la majorité des Vietnamiens ont pris conscience de la prévention de l’épidémie : porter des masques, se laver les mains, pulvériser du désinfectant, éviter les rassemblements… Le slogan ''Lutter contre l’épidémie, c’est comme combattre les ennemis'' est ancré dans l’esprit des habitants. Le peuple a également exprimé son affection et sa gratitude envers tous les ''soldats'' en première ligne contre l’épidémie. Plusieurs actes de soutiens moraux et matériels ont été mis en œuvre. En tant qu’étudiants, nous y contribuons par notre responsabilité et notre persévérance dans les études de sorte que l’éducation et la formation ne soient jamais interrompues.

On peut dire que la solidarité nationale et la ferme détermination dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 déboucheront à des histoires particulièrement marquantes que nous raconterons à nos enfants et petits-enfants avec fierté et gratitude. 

Lã Thanh Ngân - Phan Thị Thanh Ngân/CVN
 
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