20/07/2019 09:30
Lors d’un entretien avec la presse, Nguyên Thê Chinh, directeur de l’Institut de la stratégie et des politiques sur les ressources naturelles et l’environnement, a fait part de ses observations et de ses recommandations sur le développement durable du delta du Mékong.
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Que pensez-vous des efforts des ministères et localités dans la mise en œuvre des politiques visant à orienter le delta du Mékong vers l’alliance régionale?

Après deux ans d’application de la Résolution No120 du gouvernement sur le développement durable du delta du Mékong pour la résistance au dérèglement climatique, des changements importants ont été observés. Neuf ministères, six (parmi 13) ville et provinces de la région ont publié leurs propres plans d’action visant à réviser et à compléter les mécanismes et les politiques de coopération. Le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement (MRNE) a été chargé d’être l’organisme directeur pour coordonner la rédaction des programmes d’action globaux de toute la région.

En collaboration avec les ministères et organismes concernés, le MRNE doit également établir le Plan d’aménagement pour le développement durable et la résistance au changement climatique du delta du Mékong jusqu’en 2030 à vision 2050. Ce plan intégrera l’aménagement des produits et des secteurs de toutes les localités deltaïques en vue d’exploiter et de valoriser au mieux le potentiel et les avantages de la région. Une volonté de "transformer" les défis en opportunités pour atteindre les objectifs de développement socio-économique et environnemental.

Par ailleurs, le MRNE a choisi la mise en place de politiques prioritaires visant à attirer les investisseurs dans le secteur agricole et dans les zones rurales. Une volonté qui permet de renforcer l’alliance entre services et localités dans le commerce et l’écoulement des produits, mais aussi d’encourager le développement des coopératives et le réaménagement des terres agricoles pour former des zones de production compétitives.

La population a été sensibilisée aux difficultés et enjeux auxquels sont confrontées les localités deltaïques. Grâce aux moyens de communications actuels, les habitants du delta sont appelés à participer au reboisement des forêts et à la protection de la mangrove.

Pourriez-vous citer des exemples concrets sur le changement de la structure économique et de l’alliance régionale au cours de ces deux dernières années?

Le delta du Mékong a formé des zones écologiques au service de l’élevage des crevettes saumâtres et des poissons d’eau douce. Il a trouvé des variétés de riz tolérantes à la salinité élevée et des arbres fruitiers adaptés à la sécheresse.

En parallèle, chaque localité a renforcé la commercialisation de ses produits phares pour élargir les marchés locaux et étrangers. Certaines provinces comme Bên Tre et An Giang ont réussi à convertir la production pour s’adapter aux conditions naturelles avec des modèles d’alliance spécifique dans la production de crevettes en eau saumâtre et de riz en contexte d’intrusion saline.
L’autre exemple notable dans l’alliance régionale est la reconversion de la production agricole au regard des structures suivantes: l’aquaculture, l’arboriculture et la riziculture. Ces dernières s’associent au développement des établissements industriels en zones rurales dans des provinces telles que Long An, Bên Tre, Hâu Giang, Soc Trang, Bac Liêu et Cà Mau. Les localités intègrent les progrès technologiques et scientifiques dans l’industrie agroalimentaire.

Plusieurs d’entre elles parviennent à mettre en œuvre des projets prioritaires à l’échelle régionale dont celui de la construction de systèmes hydrauliques sur les fleuves Cai Lon et Cai Bé pour limiter l’élévation du niveau de la mer et contrôler la salinité. Sans oublier les travaux d’ouvrages de stockage des crues et d’approvisionnement en eau douce à Trà Su - Tri Tôn. Ce projet permet d’exploiter les crues en saison des pluies et de stocker l’eau douce en saison sèche pour approvisionner la riziculture et l’aquaculture toute l’année pour le quadrilatère de Long Xuyên (comprenant la ville de Cân Tho, deux provinces d’An Giang et Kiên Giang, ndlr).

La restructuration agricole est urgente pour le delta du Mékong afin de trouver des plantes convenables à ses conditions pédologiques.
Photo: Vu Sinh/VNA/CVN

Quelles sont vos suggestions vis-à-vis de l’alliance régionale et du changement de la structure économique à grande échelle dans les années à venir?

Je pense que cette alliance est inévitable si le delta du Mékong veut exploiter ses potentiels, ses avantages et ses ressources naturelles tout en affrontant les aléas climatiques. Dans le contexte actuel, c’est le meilleur choix à faire non seulement pour cette région mais pour tout le pays.

Compte tenu des résultats obtenus après deux ans de la mise en œuvre de la Résolution gouvernementale No120, je constate qu’il y a des axes d’amélioration à envisager. Les objectifs majeurs sont de régler les questions urgentes citées dans la résolution. De nouvelles politiques devront être promulguées à temps. L’expérimentation des modèles de reconversion économique et la mise en œuvre des projets d’investissement doivent s’accélérer.

Aussi, il est nécessaire que le gouvernement élabore et termine au plus vite le Plan d’aménagement global pour le développement durable et la résistance au changement climatique du delta du Mékong à l’horizon 2030, vision 2050. Dans ce plan, je pense qu’il importe de se pencher sur les politiques visant à attirer les investisseurs locaux et étrangers dans l’agriculture. Il est temps de concentrer les superficies de terres cultivables afin de former des régions de production concurrentielles à grande échelle. Un dispositif qui permettra de développer en parallèle l’industrie et le commerce pour épauler l’économie agricole.

Je voudrais ajouter une dernière remarque sur les projets d’investissement déjà approuvés. Il faut accélérer leur mise en œuvre, notamment ceux liés au développement des ressources humaines et des moyens scientifiques et technologiques. Les systèmes de surveillance, d’observation et d’évaluation des ressources et des catastrophes naturelles doivent être mis à niveau. Pour finir, les priorités devraient être données aussi à la lutte contre l’intrusion saline, l’érosion des berges des rivières et l’affaissement des sols.

Linh Thao - Kim Liên/CVN

 
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