15/06/2019 11:00
Soixante-trois cadres et médecins vietnamiens de l’Hôpital de campagne militaire N°1 travaillent au Soudan du Sud, pays ravagé par les conflits ethniques. En plus de fournir des soins à la Mission des Nations unies, ils apportent aussi leur soutien aux civils en cas d’urgence.
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Des médecins vietnamiens interviennent d’urgence en faveur d’un civil blessé.
Photo: DMP/CVN

Joignant la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), les cadres et médecins de l’Hôpital de campagne militaire No1 (niveau 2) ont été envoyés en octobre 2018 à proximité du Camp de protection des civils (POC) de Bentiu afin de remplacer leurs homologues britanniques. Ce POC, le plus grand du genre dans ce pays, abrite plus de 115.000 réfugiés sud-soudanais.

Selon le colonel Hoàng Kim Phung, directeur du Département des opérations de maintien de la paix du Vietnam, outre sa mission majeure de prendre soin de la santé des membres de la MINUSS pendant un an, l’effectif vietnamien, réparti en différentes équipes, assume plusieurs autres activités, à savoir apporter des aides (nourriture, eau potable et médicaments) aux populations locales en cas d’urgence.

Surmonter tous les obstacles

Parmi les 63 cadres et médecins vietnamiens en mission, on compte dix femmes âgées de 25 à 43 ans. Bùi Thi Xoa, 43 ans, l’une d’entre elles, est présente au Soudan du Sud depuis le 1er octobre 2018. Elle se souvient de son arrivée: "La première image que j’ai vue, c’était… les ruines. La guerre a dévasté ce pays. Avant mon départ, il a fallu que je me prépare psychologiquement. Cependant, en voyant les gens ici, je n’ai pu retenir mes larmes. Je me souviens encore des mots de la directrice de la MINUSS, Hiroko Hirahara, quand elle nous a accueillis à l’aéroport: +Nous avons tant attendu le jour de votre arrivée. Et vous voilà enfin!+".

La doctoresse déclare être "fière" de figurer parmi les soldats représentant l’Armée populaire vietnamienne et participant à une telle mission internationale. "Chaque fois que je vois le drapeau national flotter aux côtés de ceux du Soudan du Sud, de la Mongolie, du Ghana, de l’Inde, du Cambodge et du Royaume-Uni à la MINUSS à Bentiu, cela me motive à redoubler d’efforts dans mon travail".

Les médecins font de grands sacrifices. Ils risquent leur vie tous les jours et sont confrontés à des conditions difficiles. Leur journée type commence à 05h30 et s’achève vers 17h00. "Ici, les températures peuvent monter jusqu’à 50oC en journée et chuter à moins de 20oC la nuit. Il y a de nombreux cas de secours dans des conditions de pénurie d’eau potable", raconte Pham Phu Hai, 24 ans, le plus jeune de l’effectif vietnamien.

Hô Ngoc Phat et Nguyên Manh Hiêp, quant à eux, confient qu’ils ne pourront jamais oublier leurs premiers jours à Bentiu. En effet, dès leur arrivée, avec leurs collègues, ils ont dû intervenir sur un cas d’urgence médicale: un employé local travaillant pour l’ONU atteint d’une grave insuffisance respiratoire due à une inflammation des poumons. "Avec tout notre dispositif sur place, nous avons pu sortir le patient de sa situation critique avant qu’il ne soit récupéré par l’équipe d’évacuation aéromédicale (AMET) pour être transporté à l’hôpital de la capitale Djouba, à 800 km de Bentiu", raconte Nguyên Manh Hiêp.

Dès le lendemain, c’était une opération d’anesthésie pour une ablation d’urgence de l’appendice d’un officier de la MINUSS qui était au programme… à minuit. "Une appendicectomie, c’est généralement une procédure de routine. Mais, ici, dans ces conditions, c’était un réel défi. L’opération s’est déroulée dans une vieille cabane, sans appareil d’anesthésie et un manque cruel de dispositif. Au final, l’opération a tout de même été couronnée de succès. Il s’agira vraisemblablement d’un souvenir inoubliable de ma carrière, qui restera ancré dans ma mémoire", confie Hô Ngoc Phat.  

Moment de détente avec des enfants à Bentiu, au Soudan du Sud.
Photo: DMP/CVN

Selon Bùi Duc Thành, directeur de l’hôpital, après huit mois de mission, les médecins vietnamiens sont venus en aide à plus de 800 patients et une dizaine d’opérations en urgence ont été réalisées. Après le travail, place aux activités de la vie quotidienne. "Chaque fois que nous rencontrons des habitants locaux, ils partagent leur vision du Vietnam et nous disent que le pays est célèbre dans sa lutte pour l’indépendance. Leurs idoles sont le Président Hô Chi Minh et le général Vo Nguyên Giap", raconte le jeune soldat Nguyên Manh Hiêp.

L’Hôpital de campagne militaire N°2 fin prêt

Le mandat de l’hôpital No1 prendra fin en septembre prochain. Pour poursuivre la mission au Soudan du Sud, le ministère vietnamien de la Défense a créé l’Hôpital de campagne N°2 (niveau 2). L’établissement compte à ce jour 84 militaires, dont 72 hommes. "Les cadres et médecins sont prêts à accomplir les tâches qui leur sont incombées. Ils suivent actuellement une formation à Hanoï", informe le colonel Hoàng Kim Phung. Il affirme que les membres de l’hôpital N°2 sont d’excellents soldats choisis dans les rangs de l’Institut de médecine militaire, du Département général de la logistique, de la IIe Région militaire, du Département des opérations de maintien de la paix du Vietnam.

Avant leur départ pour le Soudan du Sud, ils sont obligés de passer une batterie de tests imposée par l’ONU. Tous les médecins doivent également suivre une formation intensive pour posséder un excellent niveau d’anglais, de contrôle et de traitements médicaux. "Le gouvernement vietnamien s’engage à participer activement aux opérations de maintien de la paix de l’ONU", affirme Nguyên Chi Vinh, vice-ministre vietnamien de la Défense, lors d’une récente conférence ministérielle de la Défense de l’ONU à New York.

Linh Thao/CVN

 

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