07/06/2018 17:37
Les dirigeants des pays riches du "Groupe des Sept" arrivent à partir de jeudi 7 juin au Canada pour un sommet annuel exceptionnellement tendu, en raison des taxes douanières imposées récemment à ses alliés par Donald Trump, resté sourd aux protestations.
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Donald Trump chante l'hymne américain le 5 juin à Washington.
Photo: AFP/VNA/CVN

Après des mois de vaines rencontres bilatérales, le président américain se confrontera vendredi 8 juin et samedi 9 juin à La Malbaie, au Québec, directement aux dirigeants du Canada, de trois pays européens, France, Allemagne et Royaume-Uni, ainsi que du Japon, des pays amis qui craignent que la politique de "l'Amérique d'abord" ne se révèle coûteuse pour la croissance mondiale. Après le retrait unilatéral de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien, l'escalade tarifaire est vécue comme la négation même de la raison d'être du G7, la garantie de l'ordre international.

"Pour nous, les taxes sont illégales, ce qui complique l'élaboration d'un texte commun", grinçait cette semaine un haut responsable européen. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé des "controverses". Avec Emmanuel Macron, arrivé en avance mercredi 6 juin au Canada, l'hôte du sommet Justin Trudeau n'a rien cédé sur le vocabulaire, défendant dans une déclaration conjointe "un multilatéralisme fort, responsable, transparent", une formule qu'on voit mal Washington adopter.

Le conflit sur les taxes est tel que le sommet pourrait ne pas accoucher d'une déclaration finale commune, au-delà de parties consensuelles sur la pollution des océans ou l'égalité hommes-femmes. "Si la résistance américaine va trop loin, il ne faudra pas sacrifier nos principes, nos intérêts à une unité de façade", dit l'Élysée. Pas question, donc, de ne pas mentionner l'accord de Paris, ou d'accuser l'Iran de ne pas respecter le texte nucléaire. Sur le commerce, la France veut aussi dire "que le commerce doit être ouvert, libre, équitable entre les États du G7".

Le bilatéralisme d'abord

Ce n'est pas le premier différend du groupe, dont la première réunion fut organisée par Valéry Giscard d'Estaing à Rambouillet en 1975. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du "G8", élargi pour elle en 1998. 

La police sera fortement déployée lors du G7 à Quebec City, le 6 juin.
Photo: AFP/VNA/CVN

Mais cette fois, les États-Unis cherchent une réponse en dehors du système multilatéral, ne faisant plus confiance à l'Organisation mondiale du commerce et autres institutions. Il tente aussi de contourner l'Union européenne, premier bloc économique mondial pour l'instant uni.

"Trump va utiliser toutes les ficelles pour fissurer les six autres, pour qu'ils craquent, et fassent ce que veut Trump, à savoir des négociations bilatérales", dit Laurence Nardon, de l'Institut français des relations internationales. "Jusqu'à présent les six ont tenu bon, mais Trump n'en a pas terminé". Le duo Trudeau - Macron aura l'occasion d'afficher ce front commun lors d'une conférence de presse jeudi matin 7 juin, un jour avant le début du sommet vendredi 8 juin.

AFP/VNA/CVN

 
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