31/08/2017 17:35
"Nous n'avons pas le choix !" : Donald Trump a exhorté mercredi 30 août le Congrès à adopter une vaste réforme fiscale "pro-croissance et pro-emplois", mais est resté évasif sur le contenu et le financement de cette transformation qu'il appelle de ses vœux.
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Le président américain Donald Trump, le 30 août à Springfield, dans le Missouri.
Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis Springfield dans le Missouri, première étape d'une série de déplacements sur ce thème qui fut l'une de ses principales promesses de campagne, le président américain a jugé indispensable de "réduire le poids des impôts sur nos entreprises et nos travailleurs".

Appelant tous les membres du Congrès - démocrates, républicains et indépendants - à soutenir une réforme "qui permette de mettre plus d'argent dans les poches des travailleurs américains", le locataire de la Maison Blanche n'a pas dit un mot sur la façon dont il entendait la financer.

Si les républicains sont en position de force à la Chambre des représentants comme au Sénat, la majorité est loin d'être à l'unisson et les discussions s'annoncent âpres sur ce dossier aussi complexe techniquement que délicat politiquement. Nombre d'élus du "Grand Old Party" sont vent debout contre tout accroissement du déficit public.

Frustré par l'absence d'avancées législatives majeures depuis son arrivée au pouvoir, avec en particulier un revers cinglant sur l'abrogation de l'Obamacare, le président américain a une nouvelle fois lancé un avertissement aux élus de son parti, avec qui il entretient des relations électriques.

"Je ne veux pas être déçu par le Congrès. Vous m'entendez? Vous m'entendez?", a-t-il lâché. "Je pense que le Congrès va se ressaisir, en tout cas je l'espère", a-t-il ajouté.

Rappelant que la dernière refonte en profondeur de ce dernier remontait à 1986, sous Ronald Reagan, le président américain a appelé de ses vœux un nouveau texte "simple, équitable et facile à comprendre", soulignant que les Américains les plus modestes ne disposaient pas d'une "armée de comptables" pour les aider.

"Notre code des impôts auto-destructeur a coûté aux Américains des millions et des millions d'emplois et des milliards de dollars", a martelé M. Trump, affirmant que le document était six fois plus long qu'en 1955.

Bien au-delà de 3% de croissance

Jugeant qu'une réforme des impôts pourrait permettre d'atteindre le cap des 3% de croissance, il s'est déclaré convaincu qu'il était possible d'aller "bien au-delà". "Au lieu d'exporter nos emplois, nous exporterons nos produits", a-t-il ajouté dans une allocution évoquant par moment ses discours de campagne.

L'exécutif cherche désormais à faire adopter cette réforme d'ici la fin de l'année. Mais nombre de questions cruciales restent à ce jour en suspens sur ce texte qui est au cœur du projet de l'administration Trump.

Quelle sera la portée exacte de la refonte annoncée ? La réduction à 15% de l'impôt sur les sociétés, avancée par l'exécutif en avril, sera-t-elle retenue où la baisse sera-t-elle, comme le pensent nombre d'observateurs, de moindre ampleur?

Lors de son discours de Sprinfield, Donald Trump est resté très prudent sur ce thème alors que les négociations avec les élus ont commencé en coulisses. "Idéalement, nous aimerions arriver à le faire baisser à 15%", s'est-il contenté d'affirmer.
 
AFP/VNA/CVN
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