13/02/2019 15:52
Donald Trump a semblé désamorcer mardi 12 février la menace d'une nouvelle paralysie des administrations fédérales américaines, tout en se disant "extrêmement mécontent" d'un accord présenté par des négociateurs républicains et démocrates n'allouant qu'un quart du budget qu'il réclame pour son mur à la frontière avec le Mexique.

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Donald Trump parle aux journalistes, le 12 février à la Maison Blanche .
Photo: AFP/VNA/CVN


Sans préciser comment, le président américain Donald Trump a laissé entendre qu'il pourrait trouver ailleurs, sans passer par le Congrès, des fonds additionnels pour financer ce mur censé lutter contre l'immigration clandestine.


Le temps presse

Washington a jusqu'à vendredi minuit 15 février pour éviter une nouvelle impasse qui conduirait à l'asséchement soudain des budgets, ou "shutdown", de 25% des administrations fédérales. "Je ne pense pas que nous allons avoir un +shutdown+", a déclaré M. Trump.

Lundi soir 11 février, des négociateurs républicains et démocrates sont parvenus à un accord budgétaire de principe.

Il prévoit 1,3 milliard de dollars, notamment pour construire environ 90 km de nouvelles barrières à la frontière avec le Mexique... loin des exigences de Donald Trump, qui réclame près de six milliards. Un projet de loi partant de cet accord pourrait être présenté au Sénat dès mercredi soir 13 février.

Depuis la Maison Blanche, le milliardaire s'est dit "extrêmement mécontent de ce que les démocrates nous ont proposé". Mais il n'en démord pas: "Quand on additionne ce que je pourrais ajouter, cela va marcher, nous allons construire un beau mur, grand et solide". "En regardant tous les aspects, sachant que ce sera accompagné de beaucoup d'argent en provenance d'autres sources, nous aurons près de 23 milliards de dollars pour la sécurité aux frontières", a-t-il insisté plus tard sur Twitter, sans expliquer l'origine ce chiffre. "Quel que soit l'argent attribué pour le mur, il est en train d'être construit à l'heure où nous parlons!", a-t-il ajouté.

Face à un Congrès divisé entre démocrates et républicains, toute loi budgétaire devra faire l'objet d'un compromis. Donald Trump a droit de veto et pourrait la bloquer, mais la pression est immense sur le président pour éviter un nouveau "shutdown".

Les 
États-Unis sont encore sous le choc de la plus longue impasse budgétaire partielle de leur histoire, lorsque 800.000 fonctionnaires ont été poussés au chômage forcé ou ont travaillé sans salaire pendant 35 jours, jusqu'au 25 janvier.

Après cet intense bras de fer avec les démocrates, le milliardaire avait finalement cédé en signant la loi budgétaire temporaire qui est valide jusqu'à vendredi15 février, et qui ne comprend pas de financement pour le mur.

Une nouvelle reculade serait très embarrassante face à sa base électorale, alors qu'il vise la réélection en 2020. "Construisez le mur!": ce cri avait rythmé ses meetings de campagne présidentielle jusqu'à sa victoire surprise en 2016.

Devant ses partisans lundi soir 11 février, à El Paso, ville-frontière du Texas, Donald Trump a lancé un nouveau slogan pour 2020: "Finissez le mur!".

"Compromis pourri" 

Le chef républicain du Sénat, Mitch McConnell, a salué mardi 12 février l'accord des négociateurs comme une "bonne nouvelle""Il n'y a pas tout ce que le président espérait obtenir, mais c'est un pas dans la bonne direction. J'espère qu'il décidera de promulguer" la loi, a-t-il ajouté.

Ses mots sont importants puisque M. McConnell avait refusé, pendant le long "shutdown" de décembre et janvier, de soumettre toute loi à un vote sans l'assurance que Donald Trump la signerait. Il avait été échaudé par un brusque revirement du président républicain sur un premier accord budgétaire.

 

AFP/VNA/CVN







 

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