20/04/2019 14:00
Elle a tout de la femme fatale. Robe moulante rétro, sourire carmin ravageur et talons aiguilles. Marion, alias Dollykitten, est la première Française finaliste d’un célèbre concours de pin-up qui se déroule en avril à Las Vegas, la "ville du péché".

Marion, alias Dollykitten, est la première Française finaliste d’un célèbre concours de pin-up à Las Vegas. Photo: AFP/VNA/CVN

Pour cette Lyonnaise d’adoption de 29 ans, qui a grandi en Bretagne, participer au Viva Las Vegas Pin-up Contest, le plus grand concours international du genre, "était un rêve". "Être la première Française, c’est fantastique! Quand j’ai su que j’étais finaliste, j’ai pleuré", confie Marion Berrou-Drand, suivie par ses fans sur Facebook ou Instagram sous le nom de Dollykitten. "Un alias un peu bébête, mais on m’appelait Dolly quand j’étais enfant et... j’adore les chats", dit-elle en caressant un matou blanc qui l’accompagne depuis des années.

Douze candidates, venues des États-Unis, d’Israël, d’Australie, de Belgique, de Finlande, des Pays-Bas, du Danemark et de France, ont été sélectionnées pour la finale de ce concours, l’une des attractions du Viva Festival Rockabilly qui attire chaque année quelque 20.000 personnes dans la capitale mondiale du divertissement.

Et, à bas les stérétotypes sur les pin-up décervelées! Ainsi, la finaliste belge, Elisa Cappuyns, alias Miss Stella Starbrite, est titulaire d’un doctorat en génétique de l’Université d’Anvers. La jeune femme de 27 ans, qui habite à Louvain, travaille notamment sur l’autisme.

100% glamour rétro

La Française Marion vit en mode "pin-up girl" depuis 2011. "J’ai eu le déclic en découvrant le profil d’une Anglaise qui s’habillait tous les jours années 1950. J’aimais tout de cette époque, j’ai adopté ce look. Ma famille pensait que c’était une lubie, c’est devenu une passion, un style de vie". Elle quitte alors la région de Brest pour Avignon. Depuis, elle est à 100% glamour rétro. Coiffure, maquillage, bijoux, tenues sexy "mais jamais vulgaires", dit-elle.

Les participantes de Viva Las Vegas Pin-up Contest doivent séduire les jurés par leur physique, leur tenue et... leur beauté intérieure.
Photo: Culturepinup/CVN
Après un BTS tourisme, elle travaille ("un boulot alimentaire" d’hôtesse d’accueil), fait ses courses, prend le métro, avec l’air de sortir d’un casting hollywoodien de la grande époque des Rita Hayworth, Jayne Mansfield ou Marilyn Monroe, dont un portrait trône dans sa chambre: "un idéal", s’enthousiasme-t-elle.

Marion Dollykitten est aussi modèle photo rétro. "Bien sûr, il y a aussi des ricanements sur mon passage. Mais ceux qui me connaissent apprécient mon look, y compris au travail... après un temps d’adaptation, sourit-elle. Et j’assume, même si on me regarde parfois comme une bête de foire".

Femme-objet?

La pin-up, n’est-ce pas la quintessence de la femme-objet? "Pas du tout", se défend Dollykitten. "On peut être super féminine sans accepter le machisme. Dans ma tête, je suis une femme moderne, indépendante. D’ailleurs, la seule chose que je n’aime pas dans ces années-là, c’est la condition féminine".

"Je ne me définis pas totalement comme une pin-up, ni comme une +vintage+, je suis entre les deux". Et puis, "je n’essaye pas d’être ultra-sexy". Ce qui n’empêche pas les regards insistants, reconnaît-elle.

Quittant son petit appartement lyonnais au décor résolument rétro, elle s’envolera pour Las Vegas courant avril avec, dans ses valises forcément "vintage", plus d’une dizaine de robes d’époque. Sur place, elle fera face au jury qui posera à chaque candidate une question, connue d’avance. L’objectif? Séduire les jurés, par son physique, sa tenue et... sa beauté intérieure. La veille, les festivaliers auront voté pour leur préférée dans des urnes mises à leur disposition.

À Las Vegas, "je vais jouer à fond la carte de l’élégance à la française, de la vamp parisienne, façon haute couture années 50. Pour me différencier des pin-up rockabilly", prévient Dollykitten.

On assiste à un regain d’intérêt pour la figure de la pin-up, née dans les années 40 et qui connut son âge d’or dans les "fifties". Des artistes comme la diva américaine du burlesque Dita von Teese, qui a participé en janvier à Paris au Fashion Freak Show de Jean Paul Gaultier, font de ce rétro sexy leur marque de fabrique.

"Il y a énormément de passionnées de cet univers. Dans le monde entier, relève Marion. On participe à des événements. On échange sur les réseaux sociaux. J’en rencontrerai à Las Vegas".

Lauréate ou non du concours, Marion compte quitter Lyon en juin, direction la Nouvelle-Zélande. Pour tenter l’aventure et dénicher, espère-t-elle, un emploi glamour.

AFP/VNA/CVN

 

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