07/07/2018 14:00
La grande majorité des plus vieux baobabs d’Afrique se meurent depuis une dizaine d’années, alertent des chercheurs, qui évoquent le dérèglement climatique comme possible cause de cette disparition "d’une ampleur sans précédent".
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Une jeune fille marche au milieu des baobabs, au Sénégal, en 2001.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Il est choquant et spectaculaire d’assister au cours de notre vie à la disparition de tant d’arbres d’âges millénaires", explique Adrian Patrut de l’université Babeş-Bolyai en Roumanie, coauteur de l’étude sur ce thème parue récemment dans la revue Nature Plants.

"Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les grands baobabs d’Afrique australe ont commencé à mourir, mais depuis 10-15 ans, leur disparition a rapidement augmenté à cause des températures très élevées et de la sécheresse", poursuit le chercheur.

Âgés de 1.100 à 2.500 ans et tutoyant le ciel, les baobabs et leur tronc massif couronné de branches aux allures de racines, sont une des silhouettes les plus emblématiques des savanes arides, repérables à des kilomètres à la ronde. Mais, au cours des 12 dernières années, 9 des 13 plus vieux baobabs sont partiellement ou totalement morts, selon l’étude.

Parmi les victimes, trois monstres symboliques: Panke, originaire du Zimbabwe, le plus vieux baobab avec 2.450 ans au compteur, l’arbre de Platland d’Afrique du Sud, l’un des plus gros du monde, avec un tronc de plus de 10 m de diamètre et le célèbre baobab Chapman du Botswana, sur lequel Livingstone grava ses initiales, classé monument national.

Les chercheurs ont découvert cette situation "d’une ampleur sans précédent" presque par hasard: ils étudiaient ces arbres pour percer le secret de leurs incroyables mensurations. Pour cela, entre 2005 et 2017, Adrian Patrut et ses collègues ont étudié tous les plus grands (et donc généralement les plus vieux) baobabs d’Afrique, plus de 60 en tout.

Un effondrement observé

Parcourant le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, la Namibie, le Mozambique, le Botswana et la Zambie, ils ont collecté des échantillons sur différentes parties des arbres. Des fragments dont ils ont ensuite défini l’âge à l’aide de la datation au carbone. "La cavité d’un vieux baobab du Zimbabwe est si grande que près de 40 personnes peuvent s’y abriter", souligne le site internet du parc national Kruger en Afrique du Sud.

Ils pouvaient être utilisés comme magasin, comme prison ou plus simplement comme arrêt de bus. Ils ont également longtemps été utilisés pour se repérer par des explorateurs ou des voyageurs.

Des Massai se réunissent sous un baobab à Oltukai, en Tanzanie, le 26 octobre 2010.  Photo: AFP/VNA/CVN

"Les baobabs produisent périodiquement de nouveaux troncs, comme d’autres espèces produisent des branches", selon l’étude. Ces tiges ou troncs, souvent d’âges différents, fusionnent ensuite ensemble. Quand un trop grand nombre de tiges meurent, l’arbre s’écroule. "Avant de commencer nos recherches, nous avions été informés de l’effondrement du baobab Grootboom en Namibie mais nous pensions que c’était un événement isolé", regrette Adrian Patrut.

"Ces décès n’ont pas été causés par une épidémie", affirment les auteurs, qui suggèrent que le changement climatique pourrait affecter la capacité du baobab à survivre dans son habitat même si "d’autres recherches seront nécessaires pour soutenir ou réfuter cette hypothèse".

Mais "la région dans laquelle les baobabs millénaires sont morts est l’une de celles où le réchauffement est le plus rapide en Afrique", remarque Adrian Patrut.

AFP/VNA/CVN


 
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