14/05/2021 11:34
Le royaume Disney+ n'aura jamais assez de fans aux yeux des investisseurs. La plateforme de streaming a dépassé les 103 millions d'abonnés mais le marché s'inquiète d'un ralentissement de la croissance de ce moteur désormais essentiel de l'empire Disney.
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Disney+ est rapidement devenu le cœur des affaires de l'empire Disney.
Photo : AFP/VNA/CVN

Or, les analystes n'attendaient rien moins que 109 millions d'abonnés pour le service lancé en novembre 2019, qui n'avait pas démérité jusqu'aux résultats trimestriels publiés jeudi 13 mai. La sanction a été immédiate. Disney perdait 4% en Bourse lors des échanges électroniques après la clôture.

"Gardez à l'esprit que nous avons conquis 30 millions de ménages pendant les six premiers mois de l'année fiscale", a rappelé Bob Chapek, le patron du groupe, lors d'une conférence téléphonique.

Il a promis des investissements conséquents dans les franchises à succès, comme Star Wars. Il parie notamment sur la sortie en juin de la série Loki, des studios Marvel, censée générer "beaucoup d'attention".

"L'attention est le précurseur des additions nettes d'abonnements", a-t-il insisté.

Surtout, la plateforme a encore des marchés à conquérir - elle sera bientôt disponible en Malaisie et en Thaïlande, notamment.

Les experts prédisent néanmoins une hausse des coûts d'acquisition (marketing, etc.) pour le groupe californien. "Disney+ s'est bien débrouillé pour attirer les fans et les familles mais maintenant, ils vont devoir séduire les spectateurs" non acquis à l'univers de la marque, a noté Joe McCormack de Third Bridge.

Service essentiel 

Fin mars, Disney+ a légèrement monté ses prix, qui restent en-deçà de ceux de ses concurrents, pour un accès à des catalogues immenses.

Bob Chapek a assuré qu'il tablait toujours sur un nombre d'abonnés total (toutes plateformes confondues, soit Disney+, Hulu et ESPN+) compris entre 230 et 260 millions d'ici la fin 2024.

Le géant du divertissement, qui s'est longtemps reposé sur des chaînes de distribution traditionnelles (télévision et cinémas), a lancé Disney+ juste à temps, avant la pandémie, sans savoir que le service décollerait grâce aux mesures de confinement et qu'il deviendrait aussi rapidement essentiel à ses affaires.

Entre les parcs d'attractions fermés, les croisières interrompues, les salles de cinéma vidées et l'annulation des événements sportifs, l'entreprise peine à se relever du Covid-19.

Elle a indiqué jeudi 13 mai dans un communiqué que les mesures de restrictions et de sécurité liées à la crise sanitaire devraient encore lui coûter un milliard d'USD sur son année fiscale 2021.

Un homme passe devant un tableau électrique montrant le loge de Disney+.
Photo : Reuters/VNA/CVN

Au deuxième trimestre de son exercice décalé (janvier-mars), son chiffre d'affaires a perdu 13% sur un an. À 15,6 milliards d'USD, il est inférieur aux attentes du marché. 

Toutes ses activités ont vu leurs revenus baisser, sauf les plateformes de streaming, qui ont rapporté 4 milliards d'USD, +59% sur un an. Cette division a aussi réduit ses pertes nettes, de 805 à 290 millions.

Notamment grâce à Hulu, moins connu mais qui continue de monter en puissance avec son modèle hybride (sur abonnement ou gratuit avec des pubs). "La croissance des recettes publicitaires (sur ce service) a été particulièrement forte", remarque Eric Haggstrom du cabinet eMarketer.

Mickey démasqué 

La chaîne de télévision sportive américaine ESPN n'est pas en reste. Disney a annoncé jeudi 13 mai que cette filiale avait acquis les droits de diffusion de La Liga, le championnat espagnol de football, pour 1,4 milliard d'USD, qui couvrent les huit prochaines saisons.

Le montant de la transaction - 175 millions par saison - a été confirmé par une source proche du dossier. Tous les matchs seront aussi diffusés sur la plateforme de streaming ESPN+.

"Cet accord renforce la place prépondérante d'ESPN+ pour les passionnés de football aux États-Unis", a commenté Bob Chapek.

L'activité "Parcs, expériences et produits dérivés" n'a, elle, réalisé "que" 3,2 milliards de chiffre d'affaires, une chute de 44% sur un an.

L'empire du divertissement s'estime néanmoins en bonne voie grâce aux campagnes de vaccination et aux réouvertures progressives. Ses deux parcs d'attraction californiens accueillent de nouveau des visiteurs depuis le 30 avril.

"Les CDC (l'Agence fédérale américaine de santé publique) ont indiqué aujourd'hui que les personnes vaccinées n'ont plus besoin de porter de masque, à l'intérieur ou l'extérieur", s'est réjoui Bob Chapek. "C'est une excellente nouvelle pour nous et pour quiconque a porté un masque en Floride au milieu de l'été."

AFP/VNA/CVN
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