04/08/2019 14:49
Les États-Unis et les talibans tenaient dimanche 4 aoû à Doha une deuxième journée de discussions sur un accord visant à mettre un terme à un conflit qui dure depuis 18 ans en Afghanistan.
>>Une paix avec les talibans ne signifierait pas la paix en Afghanistan
>>Washington annonce de nouvelles négociations avec les talibans
>>Les États-Unis et les talibans ont progressé dans leurs négociations, selon le Qatar

Photo d'archives de soldats américains lors d'un entraînement militaire avec des soldats afghans, sur la base militaire de Shorab, à Helmand en août 2017.
Photo: AFP/VNA/CVN

Les États-Unis, qui ont envahi l'Afghanistan et renversé les talibans en 2001, veulent retirer des milliers de soldats du pays et tourner la page de la plus longue guerre de leur histoire. Mais, ils veulent d'abord obtenir des insurgés l'assurance qu'ils cesseront tout lien avec Al-Qaïda et empêcheront d'autres jihadistes comme ceux du groupe État islamique d'utiliser l'Afghanistan comme un refuge. Les pourparlers, qui en sont à leur huitième cycle, ont commencé samedi 3 août.

Une source talibane a déclaré que des efforts étaient également en cours pour organiser une rencontre directe entre l'émissaire américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad, et le chef politique des talibans, Mullah Baradar. Les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN sont engagés depuis le 7 octobre 2001 dans une vaste opération militaire dans ce pays. Elle avait été lancée après les attentats du 11 septembre aux États-Unis (près de 3.000 morts), pour frapper les camps d'Al-Qaïda et son leader Oussama ben Laden.

Chassés du pouvoir par cette intervention, les talibans mènent depuis une insurrection en perpétrant de nombreuses attaques sanglantes. Les civils continuent d'y mourir à un rythme "inacceptable", a récemment dénoncé la mission de l'ONU en faisant état de 1.500 d'entre eux tués ou blessés sur le seul mois de juillet.

"Progrès"

Washington espère conclure un accord de paix avec les talibans d'ici le 1er septembre, avant les élections afghanes prévues le même mois et la présidentielle américaine en 2020. En déplacement en Australie, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a rappelé dimanche 4 août la stratégie de résolution du conflit de son pays.

Le président américain Donald "Trump a dit très clairement qu'il souhaitait que nous élaborions une solution diplomatique qui nous permette de réduire nos forces (...) tout en veillant à ce que l'Afghanistan ne devienne plus jamais une plateforme d'où un terroriste peut frapper les États-Unis", a-t-il déclaré à la presse.

Le président Trump a parlé vendredi de "beaucoup de progrès" réalisés dans les négociations avec les insurgés afghans. Selon le journal américain Washington Post, la proposition d'accord entre Washington et les talibans prévoit de réduire le nombre de soldats américains en Afghanistan à 8.000, contre 14.000 actuellement. En échange, les talibans respecteraient un cessez-le-feu, rompraient leurs liens avec Al-Qaïda et parleraient à l'administration de Kaboul.

"Accepter les femmes et leurs droits"

Autre signe de progrès, le gouvernement afghan a formé une équipe de négociateurs pour des pourparlers directs avec les talibans, dont des diplomates espèrent qu'ils pourront avoir lieu dès la fin du mois. Les détails de ces discussions n'ont pas été annoncés.

Photo d'archives de membres de la délégation des talibans afghans, lors de discussions interafghanes à Doha au Qatar, le 8 juillet 2019.
Photo: AFP/VNA/CVN

Jusqu'à présent, les talibans ont toujours refusé de discuter avec le gouvernement, qu'ils considèrent illégitime, à l'exception d'une réunion début juillet à Doha à laquelle des représentants gouvernementaux avaient pris part "à titre personnel". "Nous voulons une République, pas un émirat", a déclaré le président afghan Ashraf Ghani sur Facebook, alors que les talibans ont insisté sur leur volonté de rétablir un émirat islamique tel qu'ils l'avaient proclamé en 1996.

"Les négociations seront difficiles, et les talibans devraient savoir qu'aucun Afghan n'est inférieur à eux en termes de religion ou de courage", a-t-il poursuivi. Les questions épineuses du partage du pouvoir avec les talibans, du rôle des puissances régionales, dont le Pakistan et l'Inde, et du sort de l'administration du président Ghani restent à discuter.

Somaya Mustafa, 20 ans, une habitante de Kaboul, a déclaré que son pays avait désespérément besoin d'un accord de paix, mais un accord dans lequel les talibans "accepteraient les femmes et leurs droits". "C'est le chaos dans notre pays en ce moment. Et si ça continue, les femmes souffriront plus que quiconque".

AFP/VNA/CVN
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