01/05/2022 09:19
Dépression, anxiété, stress, troubles du sommeil... Les bouleversements induits par la pandémie ont causé une nette augmentation de ces inquiétants effets psychiques. Le monde médical souligne l’importance de l’évaluation des risques et de l’intervention précoce.
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Le médecin Vu Kim Hoàn et un patient post-COVID-19, le 20 mars.
Photo : SGGP/CVN

Le matin du 20 mars, des centaines de personnes sont venues au Département d’examen et de traitement médicaux N°1 de l’Hôpital psychiatrique de Hô Chi Minh-Ville. Dans la salle d’attente, Mme T.H, 72 ans, originaire de l’arrondissement de Binh Thanh, encourage son fils à aller voir le médecin. L.T.V, 40 ans, arrache alors son masque et demande à rentrer chez lui. Le docteur Vu Kim Hoàn a dû fermement le prévenir : "Si vous ne portez pas le masque, vous ne pourrez pas rentrer après l’examen médical".

"Je suis si triste, après avoir contracté le coronavirus il y a deux mois, mon fils montre de signes de paranoïa et de troubles du sommeil. J’ai dépensé beaucoup d’argent pour le traiter. Malheureusement, sa maladie ne s’est pas améliorée", se plaint Mme T.H. "La semaine dernière, il a commencé à refuser de manger en se mettant parfois en colère et cassant des choses dans la maison. J’ai dû me réfugier chez mon voisin", ajoute-t-elle.

Pour sa part, V.T.K, 35 ans, domicilié dans l’arrondissement de Binh Tân, fait savoir que son jeune frère V.L.T, 27 ans, qui vit avec leurs parents dans le 12e arrondissement, a été contaminé par le COVID-19 en novembre 2021 et traité à l’Hôpital de campagne N°13. Une fois guéri, il a été envoyé à l’Hôpital psychiatrique de la ville pour des symptômes de dépression et d’idées suicidaires.

Après un temps de traitement, sa santé mentale s’est améliorée. Mais en raison de ses obligations professionnelles, V.T.K. n’a pas pu l’emmener régulièrement chez le médecin et sa maladie a refait son apparition. 

Une recrudescence de dépressions

Selon le docteur Vu Kim Hoàn, depuis le Têt (Nouvel An lunaire qui tombe cette année au début de février), le Département d’examen et de traitement médicaux de l’Hôpital psychiatrique de Hô Chi Minh-Ville reçoit chaque jour de 500 à 800 visites liées à la santé mentale. Parmi eux, 80% sont citadins et le reste vient du Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre) et des provinces méridionales.

Les résultats des examens montrent qu’en février-mars, le nombre de personnes souffrant de troubles psychologiques liés au COVID-19 a connu une hausse. Parmi les groupes de pathologies, citons les suivantes : F20-F29 (schizophrénie, trouble schizotypique et troubles délirants) ; F40-F48 (troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes) ; F31, F32 (trouble affectif bipolaire et épisodes dépressifs), F41.2  (trouble anxieux et dépressif mixte) et F43.2 (troubles de l’adaptation).

"Les examens du groupe F.29 et F41.2 ont montré que ces deux premiers mois de l’année, près de 3.000 nouveaux cas avaient été enregistrés, dont 7 à 10% liés au COVID-19. Il s’agit de patients graves qui doivent être traités rapidement", informe le docteur Hoàn.

Nécessité d’un traitement rapide

Contrôle médical post-COVID-19 à Hô Chi Minh-Ville.
Photo : VNA/CVN

Selon des experts médicaux, il y a trois groupes de patients venant voir un médecin une fois guéri du coronavirus. Le premier concerne ceux ayant déjà eu des problèmes psychiatriques guéris mais qui ont rechuté en raison de la pandémie.

Le deuxième comprend de nouveaux patients qui sont stressés par des facteurs socio-économiques tels que vie compliquée en raison d’un divorce, manque de soins de leurs proches… 

Le troisième implique des personnes ayant perdu leur proche à cause du COVID. De nombreux patients de ces trois groupes souffrent de pertes de mémoire, de troubles de la concentration et de problèmes d’élocution. Certains se plaignent d’un brouillard cérébral (un des symptômes neurologiques), qui dure des semaines ou des mois.

Pour les traiter, le médecin Lâm Hiêu Minh, du cabinet d’examen psychiatrique de l’Hôpital universitaire de médecine et de pharmacie de Hô Chi Minh-Ville, souligne l’importance de l’évaluation des risques et de l’intervention précoce. Selon lui, tout d’abord, il faut rassurer et encourager le patient avec des mots délicats. Pour le traitement, des antidépresseurs peuvent être utilisés dont le groupe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) comprenant fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, sertraline ...

Normalement, la santé d’environ 66% des patients déprimés s’améliore avec les ISRS. Lors de son utilisation chez les personnes souffrant de dépression post-COVID-19, le taux est passé à 91% après quatre semaines de traitement.

De plus, les patients doivent avoir une alimentation raisonnable adaptée à leur condition physique et leur maladie sous-jacente pour booster leur immunité. Les aliments riches en antioxydants aidant à restaurer le corps et à améliorer l’humeur comprennent les légumes verts (Sauropus androgynus, baselle,  épinard, brocoli, amarante), jaune-oranges ou rouges (carotte, papaye, patate douce, courge, tomate, fraise, avocat) et viande, poisson, œufs.

D’après le docteur Vu Kim Hoàn, les patients atteints de troubles psychologiques seront traités avec des médicaments et une psychothérapie. Le processus de traitement comprend deux phases : contrôle des symptômes et aide des patients à construire une "barrière" de défense psychologique solide et à se réinsérer dans la société. La durée du traitement dépend de la gravité et du groupe de maladies. Les effets secondaires des médicaments seront continuellement contrôlés lors des rendez-vous réguliers avec le médecin.

Huong Linh/CVN


 
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