16/04/2020 09:21
Elle a été avec la Lombardie, l'épicentre de la pandémie en Europe mais a massivement testé sa population : la Vénétie déplore douze fois moins de morts du coronavirus.
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Un soignant prépare des tests au COVID-19 à Rome le 3 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Quand commencera le déconfinement, "nous aimerions étendre le dépistage dans le pays pour trouver ceux qui sont infectés aussi vite que possible, y compris ceux qui n'ont pas de symptômes", dit le directeur de l'Institut supérieur de la Santé italien, Silvio Brusaferro. Un enjeu logistique titanesque : est-il possible de fournir et d'organiser sur la durée le nombre de tests indispensables à cette stratégie au niveau national, comme cela a été le cas en Vénétie avec ses 5 millions d'habitants ?

C'est là, dans la petite commune de Vo' Euganeo, qu'ont été enregistrés les premiers cas en Italie, mi-février. Mais c'est aussi la Vénétie qui, la première, très timidement, a redémarré son activité économique cette semaine, quand la puissante Lombardie voisine, garde un confinement strict. Dans cette grande région qui est le moteur économique du pays, 11.142 morts ont été recensées (plus de 1.100 morts par million d'habitants) contre 906 en Vénétie (184 par million).

La différence s'explique en partie par "la plus grande densité de population de la Lombardie et le nombre plus élevé de cas lorsque la crise a éclaté", explique la Harvard Business school (HBS). "Mais il devient de plus en plus évident que les différents choix de santé publique faits au début du cycle de la pandémie ont aussi eu un impact", ajoutent ces experts dans un article paru fin mars. Lorsque le COVID-19 est apparu, la région a aussitôt mis en place une stratégie d'endiguement.

Préconisée par des scientifiques, elle était basée sur la mise en place rapide d'une "zone rouge" pour isoler le territoire touché mais aussi sur la réalisation d'une étude épidémiologique sur l'ensemble de sa population soumise à des tests. Les personnes positives étaient placées en quarantaine. Cette approche a été élargie à l'ensemble de la Vénétie où des tests précoces ont été réalisés sur des patients symptomatiques mais aussi sur ceux présentant peu ou pas de symptômes, susceptibles de transmettre le virus sans le savoir.

"Une chose que nous n'avions pas imaginée au début de la pandémie, et qui nous est apparue de façon éclatante, est qu'une grande partie des contaminations est due à des personnes asymptomatiques", explique Roberto Burioni, professeur de microbiologie à l'université Vita-Salute San Raffaele de Milan.

"Éteindre l'incendie"

En Vénétie, lorsqu'une personne est positive, tous les membres du foyer et les voisins sont testés. Selon les chiffres officiels, la Vénétie avait réalisé mardi 14 avril 208.879 tests, soit 20% de l'ensemble des tests dans tout le pays. Autant que la Lombardie (214.870) qui compte plus du double d'habitants.

Des habitants de Robbio, en Lombardie, se font tester au COVID-19 dans un gymnase le 4 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

"La Vénétie a décidé de faire beaucoup de tests et a fermé plusieurs petites communes de façon à pouvoir suivre l'évolution des cas et éteindre l'incendie", a expliqué Davide Manca, de l'Institut polytechnique de Milan. Mais est-il possible d'étendre cette stratégie sur de grands territoires ? "Sceptique", Davide Manca relève qu'il faudrait "tester les gens tous les 15 jours pour que cela ait du sens". En multipliant par dix le rythme actuel, cela prendrait six mois pour tester la population lombarde, dit-il.

Autre différence entre les deux régions, la Vénétie a privilégié le traitement à domicile alors qu'en Lombardie, les malades "ont été admis dans les mêmes hôpitaux que les autres ce qui, même si c'était dans des services séparés, a sans doute été une grosse erreur", ajoute M. Manca. Doyen de l'université de Padoue, le microbiologiste Giorgio Palù explique que le COVID-19 se propage particulièrement bien dans les hôpitaux. Selon lui, en Lombardie 60% des cas positifs se trouvent dans les hôpitaux contre 20% en Vénétie.

Pour les chercheurs de la HBS, que des politiques différentes aient abouti à des résultats différents "aurait dû être reconnu dès le départ comme une puissante opportunité d'apprentissage". Mais ce n'est qu'un mois après le début de l'épidémie, que la Lombardie et d'autres régions ont pris "des mesures pour imiter certains des aspects de l'approche de la Vénétie, notamment en faisant pression sur le gouvernement pour qu'il les aide à renforcer leur capacité de diagnostic". Les autorités sanitaires italiennes ont annoncé samedi la distribution de 2,5 millions de tests.

AFP/VNA/CVN




 
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