03/08/2014 14:30
En vertu de la résolution 36-NQ/TW, le Parti communiste vietnamien souhaite renforcer l’enseignement et l’apprentissage du vietnamien aux Viêt kiêu surtout ceux des 3e et 4e générations, afin de ne pas les couper de leurs racines. Pour diverses raisons, les actions peinent à aboutir.

Rencontre pour faire le bilan du cours de formation sur les méthodes d’apprentissage du vietnamien aux enseignants Viêt kiêu, le 9 juillet à Hanoi.

Photo : Pham Kiên/VNA/CVN


À l’occasion des festivités annuelles impliquant les Viêt kiêu (Vietnamiens d’outre-mer) à l’instar de «Printemps au pays natal» ou «Camp d’été au Vietnam», force est de constater que de nombreux jeunes s’expriment difficilement dans leur langue d’origine préférant l’anglais pour combler cette lacune.

Perte des racines

Cette situation révèle la négligence de la communauté Viêt kiêu dans la transmission des valeurs culturelles comme la langue. L’acculturation et les soucis quotidiens dans les pays d’accueil empêchent nombre d’entre eux d’inculquer la langue maternelle à leur progéniture.

Selon Nguyên Thanh Son, vice-ministre des Affaires étrangères et président du Comité d’État chargé des Vietnamiens de l’étranger, depuis un temps, les compatriotes de la diaspora se préoccupent plus de gagner leur vie que de conserver les us et coutumes. L’apprentissage de la langue natale est alors délaissé. Et les jeunes qui ignorent cette dernière en sont victimes.

«Ce problème nous tourmente énormément. Si le Parti et l’État n’investissent pas suffisamment dans l’enseignement du vietnamien, la plupart des +Viêt kiêu+ des troisième et quatrième générations seront thaïlandisés et oublieront leurs origines», regrette Nguyên Tât Thanh, ambassadeur du Vietnam en Thaïlande.

Constat similaire sur le plan éducatif. Selon le vice-ministre de l’Éducation et de la Formation, Trân Quang Quy, en plus de l’environnement peu propice à l’apprentissage, la carence du matériel didactique ne favorise pas l’enseignement du vietnamien comme deuxième langue ou langue étrangère.

Dans le passé, seuls deux documents permettaient d’enseigner le vietnamien : l’ancien manuel scolaire officiel et le livre publié par la Maison d’édition de l’éducation du Vietnam. Mais depuis quelques décennies, des professeurs et intellectuels Viêt kiêu éditent eux-mêmes des manuels et ouvrages de référence de l’enseignement du vietnamien. «Ces ouvrages ne sont pas actualisés par rapport à l’évolution de la langue. Leurs auteurs ne sont pas suffisamment informés. En conséquence, la transmission n’est pas pleinement aboutie», remarque M. Quy.

Enseignement en ligne, une alternative

Déterminés à bâtir une communauté Viêt kiêu et solidement attachée à sa culture d’origine, le Parti et l’État ont convenu de moderniser l’enseignement du vietnamien.

«Nous avons investi dans un projet du ministère de l’Éducation et de la Formation pour un budget estimé à 5 milliards de dôngs. L’objectif est de concevoir une collection de manuels régulièrement actualisés. Ceci permettrait de répondre au besoin grandissant en apprentissage du vietnamien chez de nombreux compatriotes éparpillés dans le monde», indique Nguyên Thanh Son.

Le vice-ministre de l’Éducation et de la Formation, Trân Quang Quy, remet le certificat de participation après une formation sur les méthodes d’apprentissage du vietnamien aux enseignants +Viêt kiêu+. Minh Quyêt/VNA/CVN


De son côté, Trân Quang Quy, vice-ministre de l’Éducation et de la Formation, fait savoir que dans le cadre du projet «Assistance à l’enseignement et à l’apprentissage du vietnamien à l’intention des Vietnamiens d’outre-mer», son ministère a opté pour deux méthodologies :

«Le vietnamien en se divertissant» (programme pour enfants et adolescents) et «Mon pays Viêt» (pour les adultes). Elles sont appuyées par des supports didactiques tels que marionnettes, CD ainsi qu’ouvrages d’appoint. Aux dires des enseignants, jusqu’ici, ces méthodes ont donné des résultats encourageants. Cependant, le budget limité en a entravé le processus. Actuellement, il y a rupture de stock des ouvrages imprimés à titre expérimental. Les promotions suivantes d’apprenants se contentent de copies.

«Nous souhaitons une collaboration plus étroite entre le ministère des Affaires étrangères et celui de l’Éducation et de la Formation afin de continuer la publication des manuels destinés aux +Viêt kiêu+. Par ailleurs, il faut réfléchir à fournir des livres aux départements du vietnamien dans les universités des pays d’accueil pour favoriser l’enseignement sur place», propose M. Quy.

Pour sa part, Nguyên Ba Hung, consul du Vietnam à San Francisco (États-Unis), estime qu’un enseignement basé sur le programme officiel de l’État est indispensable et souhaitable pour les Viêt kiêu. «Parallèlement aux efforts pour introduire des cours de langue sur place, la chaîne VTV4 (chaîne internationale de la Télévision du Vietnam) devrait améliorer son émission d’enseignement du vietnamien. En même temps, il faut développer l’enseignement en ligne. Voilà quelques pistes pouvant permettre à nos compatriotes d’apprendre le vietnamien là où ils sont établis», suggère M. Hung.

Phuong Thao/CVN

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