01/02/2021 11:24
Dix sénateurs républicains ont annoncé dimanche 31 janvier avoir proposé à Joe Biden un plan d'aide économique alternatif de 600 milliards de dollars, un projet au rabais mais qui, selon eux, pourrait faire consensus entre les deux partis.
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Joe Biden à Washington le 26 janvier. Photo : AFP/VNA/CVN

La nouvelle administration démocrate veut faire voter très prochainement son plan de sauvetage de 1.900 milliards de dollars pour sortir le pays du marasme économique provoqué par la pandémie de COVID-19. Mais les républicains sont farouchement opposés à ce montant gigantesque qui va creuser davantage la dette et le déficit budgétaire des États-Unis.

"J'ai rejoint un groupe de 10 sénateurs républicains en écrivant au président Biden aujourd'hui pour lui proposer un projet de loi alternatif au projet de sauvetage d'urgence, capable de recueillir un soutien bipartisan", a annoncé sur Twitter Susan Collins, sénatrice du Maine qui représente l'aile centriste du parti républicain.

Les détails du plan alternatif seront dévoilés lundi 1er février, ont indiqué les signataires qui ont également demandé un rendez-vous avec le président Biden lui-même.

Dans la lettre envoyée dimanche 31 janvier, signée notamment par Mitt Romney, ex-candidat à la Maison Blanche, et le sénateur de l'Ohio Rob Portman, les élus républicains ne mentionnent pas le montant de leur plan mais ils font valoir que "des milliards de dollars des précédents plan d'aide contre le COVID n'ont pas été utilisés".

Un des signataires, Bill Casidy, a indiqué à Fox News Sunday que la contre-proposition s'élèverait à environ 600 milliards.

Il a estimé que l'argent consacré à la réouverture des écoles pourrait être diminué. Selon lui, ouvrir les écoles publiques n'est pas lié à un problème d'argent, mais aux enseignants qui ne "veulent pas revenir travailler".

Alors que les démocrates martèlent depuis des mois qu'il faut voir grand, cette proposition semble avoir peu de chance d'être acceptée.

"Nous avons reçu la lettre et nous l'examinerons certainement au cours de la journée", a simplement indiqué Brian Deese, le conseiller économique de la Maison Blanche sur la chaîne de télévision CNN.

Il a insisté sur le fait que le nouvel hôte de la Maison Blanche était "ouvert aux idées" et à la discussion.

Mais il a martelé sur différents médias que la priorité était de faire passer le plan maintenant, car les Américains les plus pauvres et fragilisés ne pouvaient pas attendre.

La sénatrice américaine Susan Collins le 19 janvier à Washington.
Photo : AFP/VNA/CVN

En mars 2020, le Congrès avait voté en urgence un plan de 2.100 milliards de dollars pour faire face au choc économique provoqué par le COVID.

Puis, malgré l'expiration des aides d'urgence, il avait fallu attendre jusqu'aux tout derniers jours de décembre pour faire voter un nouveau plan de 900 milliards de dollars.

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Les économistes sont unanimes sur le fait qu'un nouveau plan massif est incontournable face à l'accroissement de la pauvreté dans le pays.

Brian Deese a souligné dimanche 31 janvier sur CNN que "les dispositions" du plan du président avaient été "calibrées" pour surmonter la crise économique actuelle.

"Nous venons de vivre la pire année économique" depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a-t-il rappelé, déplorant que 30 millions d'Américains n'aient pas assez à manger.

La crise du COVID-19 a en effet provoqué une contraction du Produit intérieur brut américain de 3,5% par rapport à 2019, la pire récession depuis 1946. Elle a largement accentué les inégalités sociales.

Chèques aux familles, fonds pour rouvrir les écoles, argent pour accélérer tests et vaccins, liquidités pour les petites entreprises, ou encore aide alimentaire renforcée: les mesures contenues dans le nouveau plan doivent répondre à l'urgence, avant des plans d'investissements pour favoriser la croissance économique.

Outre le montant trop élevé, les républicains souhaitent un vote séparé sur le doublement du montant du salaire fédéral minimum, actuellement à 7,25 dollars de l'heure, disposition qui est incluse dans le projet de Joe Biden.

En dévoilant les détails de son plan le 14 janvier, Joe Biden avait indiqué qu'il entendait obtenir l'aval du Congrès d'ici le début du mois de février.

Face aux réticences des républicains, l'administration Biden a laissé entendre cette semaine qu'elle pourrait utiliser un dispositif législatif permettant de faire approuver le texte par une majorité simple.

Les démocrates ont la majorité dans les deux chambres mais d'une très courte tête au Sénat.

"Nous devons agir maintenant, et les bénéfices d'une action forte immédiate seront largement supérieurs aux coûts à long terme", a argué vendredi 1er janvier Janet Yellen, la nouvelle secrétaire au Trésor.

"Le coût de l'inaction sera bien plus élevé que le coût d'une action, d'une action forte", a-t-elle alerté.

Dimanche, les républicains signataires dont la centriste Lisa Murkowski ont assuré vouloir "travailler de bonne foi (...) pour relever les défis sanitaires, économiques et sociétaux de la crise".

AFP/VMA/CVN

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