25/03/2018 16:12
Il faut "encourager les patients nouvellement infectés" par le virus du sida à en informer leurs partenaires sexuels pour qu'ils se fassent dépister, et créer pour cela un cadre formel qui n'existe pas en France, a estimé samedi 24 mars le Conseil national du sida (CNS).

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Kits de dépistage du sida. Photo : AFP/VNA/CVN


Dans des recommandations adressées au gouvernement, cet organe consultatif officiel "propose que des services d'accompagnement à la notification (le fait d'informer ses partenaires de son infection, ndlr) soient organisés et systématiquement proposés" aux patients qui découvrent leur infection.

Ces recommandations concernent le sida et les autres IST (infections sexuellement transmissibles).

Le but : améliorer l'efficacité du dépistage, alors qu'on estime que 25.000 personnes sont porteuses du virus VIH sans le savoir en France et qu'il y a 6.000 nouvelles infections par an.

"Ces services devront être offerts dans des structures situées au plus près des besoins, en particulier en CeGIDD (Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic), dans un cadre réglementaire adapté, et seront fournis par des intervenants en santé formés", préconise le CNS.

Si les pouvoirs publics s'en saisissent, cet avis peut déboucher à terme sur des mesures concrètes.

"Dans la pratique, ce sont des choses qui existent mais qui ne sont ni systématisées ni formalisées", a précisé le CNS à l'AFP.


Création d'une plateforme internet de notification

Dans certains pays, cette "notification" aux partenaires est encadrée par la loi.

Pour l'heure, le CNS ne recommande pas que l'information aux partenaires soit faite par les médecins eux-mêmes, "en raison des risques encourus en cas de rupture du secret professionnel".

Le respect du secret professionnel est la raison pour laquelle le Conseil de l'Ordre des médecins s'oppose à une telle solution, a indiqué le CNS à l'AFP.

Dans son avis, dévoilé par Libération samedi 24 mars, il "appelle à créer les conditions légales et réglementaires" permettant aux professionnels de santé de procéder eux-mêmes à l'information des partenaires dans certains cas, "à la demande du patient et en préservant son anonymat".

Concrètement, la notification peut se faire selon différentes modalités. Dans les cas les plus simples, une personne qui apprend qu'elle est infectée peut en informer directement, sans anonymat, ses partenaires actuels ou passés.

Le CNS envisage également la création d'une "plateforme internet de notification" dans laquelle la personne infectée entrerait ses contacts. Cette plateforme permettrait "l'envoi, anonyme ou nominatif, d'un SMS ou d'un e-mail, informant les partenaires d'une exposition possible et leur proposant de se faire dépister".

AFP/VNA/CVN

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