27/01/2018 19:00
Le Vietnam ne compte que 59 bâtiments correspondant aux normes écologiques instituées par les organisations nationales et internationales. Une preuve de la négligence des investisseurs malgré des politiques de soutien à la construction "verte".
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Maquette d’un ouvrage "vert" dans le technopôle de Hòa Lac, à Hanoï.
Photo : CTV/CVN

Le Vietnam fait partie des cinq pays les plus touchés par les changements climatiques et l’élévation du niveau de la mer. Selon les prévisions de la Banque mondiale, si le niveau des océans augmente d’un mètre, ce pays pourra perdre 12% de sa superficie où vivent 23% de la population.

En outre, ces dix dernières années, la croissance moyenne du secteur de la construction au niveau national a atteint 12% et la vitesse de l’urbanisation était de 3,4% par an. Au cours de cette période, le taux de consommation énergétique du pays a augmenté de 13% par an, soit plus vite que le PIB. Les travaux de construction ont utilisé environ 36% de l’énergie et 33% de la consommation d’électricité dans le pays, contribuant pour 25% aux émissions de gaz à effet de serre, principale cause des changements climatiques.

Pour Mogens Bjor Nielsen, chef du Département de l’eau et de la nature de la ville d’Aarhu (Danemark), dans le contexte des changements climatiques et de la crise énergétique, la construction d’ouvrages verts est considérée comme le modèle le plus souhaitable pour les pays développés, mais aussi dans les pays en développement.

Les ouvrages verts sont ceux qui ont une architecture adaptée aux changements climatiques, un modèle de gestion rationnel qui utilise des énergies renouvelables (éolienne ou solaire), et des matériaux respectueux de l’environnement.

La construction de travaux verts est inévitable parce qu’elle aide à économiser l’énergie, les ressources en eau et utilise des matériaux durables. Elle contribue également à réduire la pollution.

Des barrières à surmonter 

Ayant fait leur entrée sur le marché de construction vietnamien en 2007, les ouvrages verts reçoivent un fort soutien du gouvernement. Mais, jusqu’à maintenant, le pays ne compte que 59 bâtiments correspondant aux normes écologiques instituées par les organisations nationales et internationales. Pourquoi cette "négligence" des investisseurs malgré des politiques favorables à la construction "verte" ?

Selon les investisseurs, les coûts élevés sont l’un des défis auxquels est confronté le développement de la construction écologique au Vietnam, car les coûts sont entre 10% et 30% plus élevés que ceux des autres constructions.

Pendant ce temps, un certain nombre de travaux de construction ont été nommés "travaux verts" sans pour autant être bénéfiques à l’environnement et à la société. De plus, les autorités compétentes n’ont pas publié de politiques d’incitation à investir dans la construction d’ouvrages verts dans le pays.

Hô Chi Minh-Ville encourage et crée des conditions favorables aux projets remplissant les critères écologiques.
Photo : TKNL/CVN

"Autre cause : les habitants locaux n’ont pas conscience de la nécessité de protéger l’environnement et de créer les conditions favorables aux investisseurs dans la construction des ouvrages verts", a fait savoir Trân Khanh Trung, chef de Green Architecture Club de Hô Chi Minh-Ville.

Sur ce point, Nguyên Thanh Nha, directeur du Service d’aménagement et d’architecture de Hô Chi Minh-Ville, a également avoué que la réglementation sur le développement des ouvrages verts avait été publiée et appliquée. Pourtant, les résultats se font encore attendre.

Un développement impératif

La question fondamentale de la construction et du développement durable des centres urbains dépend de l’aménagement urbain. Pour développer des travaux de construction écologiques, une stratégie globale doit être mise en œuvre. Les autorités compétentes doivent accorder une grande importance à l’exploitation et à l’utilisation des ressources en eau, au développement des ressources énergétiques propres, aux économies d’énergie et à la planification du transport.
Dans cette révolution, Hô Chi Minh-Ville fait figure de locomotive. Afin d’améliorer la qualité de vie dans les centres urbains, les autorités municipales poursuivent en parallèle les objectifs de développement durable dans ces agglomérations.

Concrètement, la ville encourage et crée des conditions favorables aux projets remplissant les critères écologiques. En tant que responsable de l’architecture et de l’aménagement de la ville, la municipalité s’intéresse toujours au développement des ouvrages verts.  
                
Huong Linh/CVN
 

Des certificats EDGE aux ouvrages "verts"
 
Récemment, la Société financière internationale (SFI) du Groupe de la Banque mondiale, la plus importante institution mondiale d’aide au développement dont les activités concernent exclusivement le secteur privé dans les pays en développement, a remis le certificat EDGE (Excellence in Design for Greater Efficiencies) au projet de construction des appartements Flora Fuji réalisé par la Compagnie d’investissement Nam Long et ses deux partenaires japonais Hankuy Realty et Nishitetsu. Il s’agit du 2e projet financé par Nam Long recevant le certificat “vert” après Flora The Bridgeview.
 


 

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