06/03/2021 07:05
Les employés du Centre de sauvetage, de conservation et de développement des êtres vivants du Parc national de Kon Ka Kinh sont heureux de voir un douc à pattes grises se rétablir progressivement. Ce sont de véritables "nounous" pour les animaux sauvages victimes du braconnage.
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Depuis sa création en 2012, le Centre de sauvetage, de conservation et de développement des êtres vivants de Kon Ka Kinh a relâché des milliers d’animaux sauvages dans la nature.
Photo : CTV/CVN

Les Bana des villages de Kon Jôt et de Hyêh, de la province de Gia Lai, sur les hauts plateaux du Centre, connaissent bien les employés du Centre de sauvetage, de conservation et de développement des êtres vivants du Parc national de Kon Ka Kinh. Chaque semaine, ils vont, avec les gardiens du parc, dans la forêt pour traquer les braconniers et les empêcher de nuire.

La vétérinaire Ma Thi Uyên,32 ans, vient de passer sa neuvième année à travailler au Centre de sauvetage du Parc national de Kon Ka Kinh. Elle est l’une des deux vétérinaires du centre à travailler sans relâche pour soigner et remettre d’aplomb les animaux blessés pour ensuite les relâcher dans la forêt.

"Mes souvenirs les plus mémorables sont les deux doucs à pattes grises trouvés dans la forêt par les habitants du district de Kbang. Le premier était atteint d’une blessure à la tête causée par une chute d’un arbre. Moi et une autre vétérinaire devions lui donner du lait à tour de rôle toute la nuit. Malheureusement, il n’a pas survécu à ses blessures et il est mort après une semaine", raconte Mme Uyên. "Le deuxième nous a été remis volontairement. À ce moment-là, il ne pesait qu’un seul kilo. Nous devions lui donner du lait quatre fois par nuit . Après plusieurs mois à être bichonné et soigné comme un bébé, le douc avait repris des forces et avait bien grandi.Tout le personnel du centre était alors très heureux, voire presque euphorique".

Selon Mme Uyên, lors de son arrivée au Centre et sans expérience dans les soins à prodiguer à cette espèce, elle a dû étudier sur Internet et consulter les expériences de ses collègues sur leurs méthodes et savoir-faire. "Une fois, alors que nous avions un douc souffrant de diarrhée, nous avons demandé aux experts du Centre de sauvetage des primates du Parc national de Cuc Phuong (province de Ninh Binh, au Nord) de nous conseiller. Ils nous ont alors suggéré de lui donner à boire de l’artichaut", se souvient-elle.

Après un an de soins, ce douc pesait 7 kg. Le moment était venu de le relâcher en forêt. Ce n’est pas pour autant une tâche facile car cette espèce vit en groupes de 7 à 12 individus qui se déplace grandement dans des régions de haute biodiversité.

De plus, d’avoir été soigné pendant longtemps par l’homme, ce singe va donc rencontrer des difficultés pour s’adapter à l’environnement forestier. D’ailleurs, après chaque tentative, il est revenu au centre. Il est finalement mort à cause d’une atrophie musculaire alors que le personnel du Centre était activement à la recherche de son groupe. En dehors des doucs, le Centre a réussi à sauver de nombreux autres animaux sauvages avant de les relâcher en forêt.

Dévouement aux animaux sauvages

Le 5 mai 2020, le Centre a reçu 26 cerfs, remis par la Compagnie par action des sports Hoàng Anh Gia Lai.
Photo : VNA/CVN

En plus des vétérinaires et gardes forestiers, de nombreux habitants donnent la main pour protéger les animaux sauvages et ont mené de nombreuses actions significatives. En effet, il y a plus d’un an, durant une après-midi en pleine saison des pluies, deux personnes sont arrivées avec un loris blessé. Trân Xuân Long, originaire du district d’Ia Grai, province de Gia Lai, raconte qu’il l’a trouvé sur son chemin en allant aux champs. Il a alors effectué une centaine de kilomètres pour le remettre au Centre, en espérant qu’il serait traité et pris en charge rapidement.

Récemment, un habitant a remis volontairement un gibbon aux joues rouges. Selon un employé du Centre, ayant été élevé dès son plus jeune âge par des humains, ce gibbon ne peut plus se réadapter à son habitat naturel. Il est donc encore soigné et gardé en captivité. Afin de relâcher les  macaques et gibbons dans la nature, les employés doivent examiner chaque zone forestière pour trouver et identifier des groupes de la même espèce.

"La protection de la forêt est une question importante. Une centaine de ménages des villages de Hyêh et de Kon Jôt surveillent sous contrat 300 ha de forêt dans le cadre du programme de suivi des forêts au sein de la communauté avec une rémunération de 300.000 dôngs/ha/an. Ce sont aussi nos yeux et nos oreilles dans notre mission de protection. Chaque année, en moyenne, nous relâchons en forêt entre 40 et 50 animaux différents : couleuvres, singes, gibbons, garrulaxes et autres espèces d’oiseaux", explique Trân Van Thu, directeur du Centre  de sauvetage, de conservation et de développement des êtres vivants. 

Le 5 mai 2020, le Centre a reçu 26 cerfs, remis par la Compagnie par action des sports Hoàng Anh Gia Lai. Ces individus sont maintenus dans un environnement semi-sauvage et grandissent bien. Actuellement, deux cerf-cochons ont mis bas.

"J’espère que ce troupeau de cerfs et cerf-cochons pourra se multiplier afin d’attirer plus de touristes et élever la prise de conscience des habitants dans la protection de la forêt et des animaux sauvages", indique Ngô Van Thang, directeur adjoint du Parc national de Kon Ka Kinh.


Parc national de Kon Ka Kinh

Le Parc national de Kon Ka Kinh s’étend sur une superficie de 418 km² à travers les districts de Dak Doa, Mang Yang et Kbang de la province de Gia Lai, sur les hauts plateaux du Centre. Il est l’un des 27 parcs d’Asie du Sud-Est reconnus comme patrimoine de l’ASEAN. Depuis la création en 2012, son Centre de sauvetage, de conservation et de développement des êtres vivants a relâché des milliers d’animaux sauvages, contribuant à enrichir la biodiversité du parc. Situé dans la région tampon du Parc national de Kon Ka Kinh, ce lieu était autrefois appelé Bai Nai (terrain aux cerfs) où se trouvaient des centaines de cerfs qui cherchaient de la nourriture dans les grandes prairies.
 
 
Huong Linh/CVN

 

 
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