08/09/2015 11:48
Des milliers de Palestiniens ont marché le 7 septembre pour la troisième fois en cinq semaines jusqu'au cimetière de Douma en Cisjordanie pour enterrer Riham Dawabcheh, morte de ses blessures après son bébé et son mari à la suite d'un incendie imputé à des extrémistes juifs.
>>La mère du bébé palestinien brûlé vif succombe également à ses blessures

"Israël, État terroriste", a scandé la foule, avançant sous les drapeaux palestiniens et portant à bout de bras le corps de Riham Dawabcheh, lui-même enveloppé dans les couleurs noir-blanc-vert-rouge, de la petite école du village, rebaptisée "école du martyr Asli" (du nom de son fils décédé), jusqu'au cimetière proche.

Riham Dawabcheh, brûlée au troisième degré sur 80% de son corps, a succombé peu après minuit à l'hôpital Sheba dans la banlieue de Tel Aviv, moins d'un mois et demi après l'incendie de la petite maison familiale de Douma, a indiqué l'hôpital.

Funérailles de Riham Dawabcheh, morte de ses blessures après son bébé et son mari à la suite d'un incendie imputé à des extrémistes juifs, à Douma (Cisjordanie) le 7 septembre. Photo : AFP/VNA/CVN


Cette enseignante avait eu 27 ans le 6 septembre.

Les autorités palestiniennes ont décrété trois jours de "deuil national" et fait mettre les drapeaux en berne.

De la petite famille ne subsiste qu'Ahmed, 4 ans, grièvement brûlé, mais dont "la situation s'est améliorée", a dit une porte-parole de l'hôpital Sheba. "Il doit encore subir plusieurs opérations, dont une la semaine prochaine, et c'est alors seulement qu'on pourra dire avec certitude que ses jours ne sont plus en danger".

Avant sa mère, son petit frère de 18 mois Ali avait péri dans l'incendie du 31 juillet. Son père Saad Dawabcheh, 32 ans, avait succombé huit jours plus tard.

La famille avait été surprise dans son sommeil lorsque, selon l'enquête, des hommes masqués avaient lancé des engins incendiaires par les fenêtres de la maison laissées ouvertes pour atténuer la chaleur.

Condoléances de Netanyahu

Des inscriptions retrouvées sur place et des témoignages ont immédiatement désigné comme responsables des extrémistes juifs, peut-être venus des colonies voisines, ces constructions édifiées par les Israéliens en Cisjordanie occupée et considérées comme illégales par la communauté internationale.

L'affaire a suscité colère et crainte en Cisjordanie, où la cohabitation entre Palestiniens et colons reste très tendue et où des villageois palestiniens ont entrepris d'organiser des rondes pour se protéger.

Elle a remis en lumière les agissements violents des extrémistes juifs et ravivé l'accusation de complaisance de la part des autorités israéliennes.

Une adolescente était morte poignardée par un ultra-orthodoxe juif la veille de l'incendie de Douma lors d'un rassemblement homosexuel à Jérusalem.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a redit le 7 septembre qu'il considérait l'incendie comme un acte "terroriste", terme plus fréquemment employé pour les agissements palestiniens, et a adressé une nouvelle fois ses condoléances à la famille. "Les forces de sécurité font tout leur possible pour arrêter les agresseurs et les traîner en justice", a-t-il assuré.

Mélgré le retentissement de l'affaire, les auteurs n'ont toujours pas été publiquement identifiés. Douma a été suivi d'une vague de mesures répressives contre les extrémistes juifs. Trois activistes ont été arrêtés et placés en détention administrative, un régime extrajudiciaire qui permet de détenir des suspects sans inculpation pour une durée illimitée et qui est beaucoup plus communément appliqué aux Palestiniens. Dix autres ont été assignés à résidence.

Les services de sécurité ont lié ces individus à des organisations ou des actes terroristes. Mais ils n'ont jamais précisé si certains d'entre eux étaient soupçonnés d'être directement impliqués dans l'incendie de Douma.

La sécurité intérieure (Shin Beth) a décliné toute réponse en invoquant la censure imposée aux investigations.

La police a annoncé le 7 septembre l'inculpation de deux activistes pour l'incendie d'une tente de bédouins en août en Cisjordanie.

L'envoyé de l'ONU, Nickolay Mladenov, s'est dit lui aussi "inquiet du manque de progrès" de l'enquête.
 
AFP/VNA/CVN
 
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