16/12/2018 15:17
Des milliers de personnes ont manifesté samedi 15 décembre dans le centre de Belgrade, défiant de fortes chutes de neige, pour protester contre "la violence" du président serbe Aleksandar Vucic et de sa coalition envers l'opposition et les médias.
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Un homme avec un sifflet au sein de la manifestation du 15 décembre 2018 contre "la violence" du président serbe Aleksandar Vucic envers les médias et l'opposition, à Belgrade.
Photo: AFP/VNA/CVN

La manifestation, qui se tient pour le deuxième weekend d'affilé, est le premier signe important d'opposition depuis le printemps 2017, où des milliers de jeunes Belgradois avaient manifesté pendant des semaines contre la victoire d'Aleksandar Vucic à l'élection présidentielle.

Les partis d'opposition ont appelé à manifester après qu'un de leur chef de file a été physiquement agressé en novembre, en amont d'une réunion politique, dans le centre de la Serbie.

Le bloc d'opposition Alliance pour la Serbie, coalition de partis issus de tout le spectre politique, avait accusé les agresseurs d'être des partisans de la formation politique d'Aleksandar Vucic, le Parti du progrès (SNS, centre droit), ce que les autorités réfutent.

Plusieurs leaders d'opposition ont conduit le cortège, dont l'ancien ministre des Affaires étrangères Vuk Jeremic et l'ex-maire centriste de Belgrade Dragan Djilas.

Nombre de manifestants ont usé de coups de sifflet et de klaxons, le principal symbole des grandes manifestations d'opposition dans les années 1990 contre l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic.

"Combien de temps la Serbie devra endurer le mal ?" ou encore "Ils mentent, ils volent... Je suis tellement en colère", clamaient les pancartes arborées samedi 15 décembre par des manifestants, qui scandaient "Vucic voleur!".

Des manifestants défilent à Belgrade avec une banderole "Un parmi 5 millions" contre "la violence" du président serbe Aleksandar Vucic envers l'opposition et les médias, le 15 décembre 2018.
Photo: AFP/VNA/CVN

M. Vucic, fervent nationaliste devenu pro-européen, est accusé par l'opposition et des organisations civiques de dérive autoritaire et de mise sous tutelle des médias.

"Nous ne voulons pas vivre dans le pays tyrannique de Vucic", a déclaréun manifestant de 51 ans, Zvonko Radosevic. "Je ne veux pas que Vucic me représente", a-t-il dit. "Je pensais que les gens avaient perdu leur détermination, mais ça montre qu'il y a toujours une flamme de contestation qui brûle", a affirmé de son côté Zvonko Radosevic tout en estimant que "rien ne va changer".

Le président serbe, en réaction aux manifestations de la semaine précédente, avait déclaré qu'il n'accèderait pas aux demandes de l'opposition "même si cinq millions de personnes descendaient dans la rue", incitant ainsi ses opposants à porter des badges, "Un parmi 5 millions". Dans son dernier rapport, le Parlement européen "encourage fortement les autorités serbes" à "améliorer la situation concernant la liberté d'expression et la liberté de la presse" dans le pays.
 
AFP/VNA/CVN
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