16/01/2022 08:38
Prise en charge thérapeutique et interface auprès des familles, les maîtresses-infirmières occupent une place centrale face aux patients autistes. Zoom sur leur mission au Centre des maladies psychologiques et de réhabilitation fonctionnelle de Quang Ninh.
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La maîtresse-infirmière Doàn Thi Thu Trang guide un petit pour apprendre à parler.
Photo : DT/CVN

Le Centre des maladies psychologiques et de réhabilitation fonctionnelle (CMPRF) fait partie de l’Hôpital d’obstétrique et de pédiatrie de Quang Ninh, une province côtière au Nord. Dans une salle sise au premier étage du bâtiment, quatre bambins de 3 à 4 ans sont face à face, chacun avec sa maîtresse respective. C’est l’heure du langage parlé. À la question répétée à voix douce de la maîtresse, les petits ne font que bafouiller. Subitement, l’un entre eux se met à pleurer à chaudes larmes.

C’est N, un garçon de 4 ans, victime d’un syndrome grave d’autisme. "N’importe quand, N. peut pleurer ou rire de façon immotivée. Incapable d’exprimer ses émotions, le garçon ne fait que de refaire des choses et des actions habituelles, refusant les interactions avec tous", explique Lai Thi Thuy Tho, infirmière du CMPRF qui est à la fois maman et maîtresse de ces enfants.

L’éducation spécialisée fait la particularité 

Pour Thuy Tho, l’éducation spécialisée est une chose très difficile, cas ces petits autistes ne veulent pas se plier à la discipline. "N. entame maintenant la première tranche de traitement. Il a l’habitude de se cacher dans un coin, ne sait pas comment faire avec les jouets qu’il prend en main…Je tâche donc de prendre contact et d’échanger avec lui, espérant qu’il puisse bientôt rejoindre ses camarades".
 
Pour sa part, la maîtresse-infirmière Doàn Thi Thu Trang guide le petit Q. pour apprendre à parler. Hospitalisé depuis un an, le bambin de 4 ans est main-tenant dans sa 4e tranche de traitement, la dernière avant de rentrer dans sa famille. "Q. a fait des progrès. Autrefois taciturne, il peut à présent exprimer des émotions : joie, bouderie, honte… Néanmoins, il lui reste encore des difficultés pour s’exprimer oralement", éclaire Doàn Thi Thu Trang. La joie se lit sur le visage du père de Q. lorsqu’il vient visiter son fils.

"À 2 ans, mon fils a montré des signes d’autisme. Il ne parlait pas, et n’avait aucune réaction quand on l’appelait. Il y a un an, notre famille l’a envoyé auprès des médecins du CMPRF. Notre fils va rentrer dans la vie normale, car il est capable de suivre l’école maternelle. Un succès qui dépasse nos espérances. Un grand merci aux médecins-maîtres qui ont donné à notre fils une nouvelle vie", exprime-t-il avec émotion.

En moyenne, l’Hôpital d’obstétrique et de pédiatrie de Quang Ninh reçoit chaque mois entre 450 et 550 enfants suspectés d’être atteints de troubles psychologiques. Il y a des jours où une trentaine viennent au cabinet de consultation dont une dizaine sont ensuite hospitalisés et une vingtaine observent un traitement ambulatoire. 

Le CMPRF compte neuf infirmières chargées de cours de langage, un certain nombre de kinésithérapeutes (praticiens exerçant professionnellement le massage thérapeutique et la kinésithérapie). "Une fois hospitalisé, le petit patient doit suivre trois ou quatre tranches de traitement de trois semaines chacune. Chacun suit un processus thérapeutique défini par un docteur spécialisé", explique le docteur Dô Van Thang, chef adjoint de la Clinique de pédiatrie, responsable du CMPRF.

Un parcours difficile pour changer de vie

Chaque maîtresse-infirmière prend en charge quatre à cinq enfants autistes. 
Photo : DT/CVN

"Travaillant au CMPRF depuis six ans, j’ai assisté à bien des changements miraculeux chez les enfants autistes", partage la maîtresse-infirmière Doàn Thi Thu Trang. Le début est toujours difficile. Il faut une semaine au moins pour que les petits s’habituent à leur nouveau milieu de vie. Ils pleurent beaucoup et refusent de prendre contact avec d’autres. À l’âge de 4 ou 5 ans, beaucoup d’entre eux sont encore incapables d’aller faire leurs besoins. Nombreux sont ceux qui ne parviennent pas à se concentrer, oublient leur propre nom.

"L’éducation spécialisée n’est pas facile du tout. C’est vraiment un parcours rempli d’épreuves avant que les petits autistes puissent se joindre à la communauté.  En tant que maîtresses-infirmières, nous devons nous doter de compétences professionnelles tant en médecine qu’en pédagogie, spécialisation d’enfants autistes", confie Thu Trang. Et d’insister : "Dans ce milieu de travail, on ne peut pas tenir si l’on manque de patience et de dévouement. C’est une profession qui nécessite un amour et une compassion sans bornes pour ces enfants".   

Selon le docteur Dô Van Thang, l’éducation spécialisée demande une coordination étroite et régulière entre l’hôpital et les familles. Pour cette raison, le CMPRF a établi des programmes d’action concrets permettant aux parents de participer aux activités de divertissement de leur enfant à domicile.

"Dans cette mission difficile, la participation de la famille nous donne de la force et les progrès de l’enfant, de la joie.  Il suffit qu’un enfant renfermé sur lui-même prononce un jour +Ma maîtresse !+ pour que me sente à la fois  émue et heureuse. C’est pour nous une vraie récompense. Notre amour pour cette profession croît encore plus", affirme avec émotion la maîtresse-infirmière Thu Trang. 
 
Nghia Đàn/CVN

 
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