27/04/2020 23:24
Au cours des 10 dernières années, plusieurs films d’auteur vietnamiens ont rencontré un certain succès à l’international. Quelques-uns ont même été achetés par des diffuseurs étrangers. Certes, il reste encore beaucoup à faire pour donner au cinéma vietnamien une place au soleil sur le marché mondial, mais ce n’est pas impossible. Les cinéastes y réfléchissent déjà.
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L'affiche du film "Le rebelle" (Dòng máu anh hùng).
Photo : PT/CVN

Le cinéma vietnamien a, depuis 10 ans, participé à de nombreux festivals et a obtenu plusieurs prix. De retour au pays, ces films ont essentiellement été vendus aux télévisions locales. Les spectateurs vietnamiens, eux, semblent préférer les films d’action et d’horreur. Pour Luong Dinh Dung, réalisateur de Père et fils qui a été primé dans plusieurs festivals internationaux, il est temps pour l’État d’investir dans le cinéma.

"Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme ferait bien de financer, ne serait-ce qu’en partie, la promotion des films vietnamiens à l’étranger. À mon avis, si l’État investit entre 8 et 12 millions d'USD par an dans le cinéma national, celui-ci atteindra un niveau bien supérieur dans dix ans", estime-t-il.

"Chaque année, il suffit d’investir dans 10 films et de les confier à de bons réalisateurs. Je crois que dans cinq ans, le cinéma vietnamien sera présent dans de grands festivals et se fera ainsi un nom à l’international. L’investissement pourrait venir aussi bien de l’État que du privé, ou des deux. Il faudra faire en sorte qu’un film vietnamien puisse sortir simultanément dans plusieurs salles dans différents pays. Pour que le cinéma vietnamien puisse avoir une certaine influence à l’international, nous devrons exporter au moins 30 films par an".

Pour le moment, le cinéma vietnamien est encore peu connu à l’étranger. Quelques-films, comme Le rebelle (Dòng máu anh hùng) ou Chouette et moineau (Cú và chim se sẻ), sont sorties en salle en Amérique du Nord, mais les recettes ont été plutôt modestes. Pour séduire le public international, il faudrait des films traitant de thèmes universels, d’après le réalisateur Nguyên Thanh Vân, prix du meilleur film lors du festival de cinéma Asie-Pacifique de l’an 2000.

"Un cinéma ne peut marcher à l’international que s’il traite de thèmes universels. Évidemment, ça doit être des films de valeur, mais force est de constater que les spectateurs internationaux préfèrent les films qui portent des messages universels plutôt que des productions trop centrées sur le local", constate-t-il.

Il faut une stratégie d’expansion pour le cinéma vietnamien, indique de son côté Ly Thai Dung, qui compte parmi les meilleurs chefs opérateurs du pays.

"Des investissements ciblés, une jeune génération de cinéastes bien formées et un soutien conséquent de la part de l’État, voilà à mon avis les conditions essentielles à l’intégration internationale du cinéma vietnamien. La République de Corée a mis 30 ans pour faire rayonner son cinéma à l’international. Si nous commençons maintenant, le Vietnam aura aussi besoin de 20-30 ans pour atteindre ce niveau", estime-t-il.

Dans sa stratégie de développement du cinéma jusqu’en 2020, avec une vision pour 2030, le Vietnam s’était fixé l’objectif de compter, dans dix ans, des films primés lors de grands festivals internationaux et des cinéastes parmi les plus prestigieux de la région et du monde.

VOV/VNA/CVN

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