27/09/2018 22:22
Encourant depuis un an le carton jaune imposé par la Commission européenne à l’encontre de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), les organismes compétents du Vietnam ont coopéré étroitement avec des autorités locales pour exhorter les navires de pêche à mettre en place des mesures de supervision efficace et à respecter les règlements de pêche au large aux flottes dans le but d’annuler cet avertissement.
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Les navires de pêche vietnamiens sont en activité dans la province littorale de Cà Mau (Sud).

Selon Luu Van Huy, chef du Département de surveillance de la pêche, à l’heure actuelle, le Vietnam compte environ 109.000 navires de pêche, dont 28.600 sont des navires de pêche hauturière. Le volume d’exploitation maritime en 2017 est estimé à 3,2 millions de tonnes, ce qui contribue en grande partie aux chiffres d'affaires des exportations de produits aquatiques, tout en créant plus d'un million d’emplois dans l’ensemble du pays.

Cependant, le nombre de navires de pêche a connu une croissance trop rapide par rapport au stock de ressources halieutiques, en particulier la pêche illicite et non réglementée a réduit les ressources maritimes intérieures et porté atteinte à la subsistance des pêcheurs. En conséquence, les pêcheurs les ont ainsi illégalement exploitées en eaux étrangères. C’est la raison pour laquelle le 23 octobre 2017, la Commission européenne a sifflé le "carton jaune" à l’encontre de ces actes.

Restructuration du métier de la pêche

Face à cet enjeu, une conférence sur la mise en œuvre, la signature des procédés de coordination entre les sept provinces littorales dans le delta du Mékong au sujet de la gestion des activités des navires de pêche a eu lieu le 19 septembre dans la province de Bên Tre. Lors de la conférence, sept provinces (Bên Tre, Tiên Giang, Trà Vinh, Soc Trang, Bac Lieu, Cà Mau, Kiên Giang (Sud) et Binh Thuân (Centre)) ont signé un mécanisme de surveillance et de contrôle de la pêche hauturière à l’égard des propriétaires et des entreprises exploitant ces ressources.  Selon M. Huy, cette signature sur la coordination entre les localités est une action concrète pour lever les violations concernées, conformément aux recommandations faites par la Commission européenne.

Nguyên Huu Lâp, vice-président du Comité populaire de la province de Bên Tre, avait, quant à lui, confirmé avoir rencontré des difficultés dans le traitement du non-respect en matière de pêche hauturière par manque de mécanisme de coopération entre les autorités locales. Par ailleurs, Duong Thành Trung, président du Comité populaire de la province de Bac Liêu a insisté sur la nécessité d’adopter des sanctions sévères pour traiter les contrevenants en fonction de leur niveau de violations, incluant la saisie de procédures pénales de la justice.

Selon les experts, ces mesures prises participent à la restructuration du métier de la pêche responsable. Nguyên Thi Thu Sac, cheffe du Comité de direction des entreprises engagées dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ne précise pas la date à laquelle la Commission européenne résilierait cet avertissement.

Néanmoins, il s’agira d’une des forces motrices pour restructurer le métier de la pêche, en prêtant haute attention à la mise en pratique des sanctions contre le non-respect ayant envahi les eaux étrangères, ce pour sensibiliser les autres sur leur responsabilité dans ses activités. En outre, Mme Sac a également notifié qu’à ce jour, les systèmes de localisation de trajets de pêche dispensés par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour les navires d’une longueur de plus de 24 mètres ne fonctionnent pas comme il le faut, surtout par manque d’informations mises à jour sur les calendriers de pêche.

“En effet, le carton jaune de la Commission européenne à l’encontre de la pêche INN a porté atteinte aux chiffres d’affaires des exportateurs des produits aquatiques vers l’Union européenne. Plusieurs entreprises ont subi une chute de 15% à 20% en termes de chiffre d’affaires depuis un an d’avertissement”, a fait savoir Mme Sac. Elle a ajouté que les entreprises domestiques étaient contraintes de diversifier les marchés pour maintenir leur valeur d’exportations.

La pêche est bonne à Cà Mau (Sud).

À la poursuite des efforts

Au nom de l’Association de la transformation et de l’exportation des produits aquatiques du Vietnam (VASEP), Truong Dinh Huê, secrétaire général de ladite association, dans les temps à venir, la VASEP coopèrera étroitement et activement avec les sous-Services des produits aquatiques des localités dans la mise en œuvre de la traçabilité de chaque lot de produits, favorisant les entreprises dans l’acquisition de matières premières certifiées pour que ces dernières répondent ponctuellement aux commandes de partenaires. La VASEP a également demandé au ministère de l’Agriculture et du Développement rural d’élaborer un mécanisme du guichet unique dans l’examen de phases afin de raccourcir le temps de procédures d’enregistrement de la traçabilité au profit des entreprises.

Selon la VASEP, le marché européen impose la traçabilité et ce sera la même chose sur le marché domestique. Selon la VASEP, à ce jour, nombre de supermarchés ont recommandé aux entreprises de garantir des règlements et des normes liées à l’usage de substances chimiques ou d’antibiotiques. Lesquels sont inscrits dans la Limite maximale de Résidus (LMR) pour les denrées alimentaires dont les produits aquatiques. Les LMR sont établies conformément au Règlement (CE) N° 470/2009 du Parlement et du Conseil européen et également adoptées par la Commission européenne.  Face à cette réalité, Nguyên Hoài Nam, secrétaire général adjoint de la VASEP, a proposé au ministère de l’Agriculture et du Développement rural de travailler avec les réseaux de supermarchés dans la mise en œuvre de programmes de coopération pour définir et répertorier l’index des seuils et des critères de qualité des produits aquatiques consommés par ces derniers. Selon lui, c’est également pour assurer la responsabilité entre les entreprises et les supermarchés qui facilitent la commercialisation de ces produits sur le marché domestique.  

La Commission européenne se rendra au Vietnam pour la deuxième fois, comme prévu en janvier 2019, afin d’examiner l’évolution des efforts de la part du Vietnam en termes de gestion et de contrôle de la pêche hauturière. Ainsi, le Département général des produits aquatiques, relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural a demandé en urgence aux localités locales de se consacrer à la mise en pratique des solutions de rajustement pour se voir attribuer le carton vert pour la filière aquatique vietnamienne.

Texte et photos: Truong Giang/CVN

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