02/04/2020 11:15
Depuis que le coronavirus a mis un coup d'arrêt brutal à l'économie mondiale, statistiques effarantes et chiffres astronomiques se succèdent. En voici quelques-uns qui, des Bourses au secteur aérien en passant par l'emploi, racontent le choc historique que subit l'économie mondiale.
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Le hall de l'aéroport Orly (France), le 30 mars, après la décision de la fermeture de l'aérogare. Photo : AFP/VNA/CVN

Zéro avion Easyjet dans le ciel depuis que la compagnie britannique a décidé d'immobiliser toute sa flotte. Zéro avion commercial qui décolle d'Orly depuis que l'aéroport centenaire du sud de Paris s'est mis en sommeil mardi soir 31 mars. La compagnie allemande Lufthansa garde au sol 700 de ses 763 avions.

Selon l'Association internationale du transport aérien, les compagnies aériennes ont besoin d'une aide d'urgence jusqu'à 200 milliards d'USD, sur fond de mesures de confinement et de fermetures de frontières.

Le transport aérien n'est pas le seul à l'arrêt. La France ne compte actuellement que 42 TGV par jour, contre 700 habituellement.

-5%

Zéro, ou plus exactement +0,1%, c'est également la croissance que prévoit la Banque mondiale pour la Chine cette année dans le pire des cas. En janvier, elle tablait encore sur +5,9%.

Les prévisions les plus sombres, à prendre avec des pincettes tant l'ampleur du choc défie les modèles habituels, sont légion. En Allemagne, locomotive économique de l'Europe, le gouvernement attend un recul de 5% au moins de l'activité économique cette année.

Les pays du G20 devraient subir collectivement une contraction de 0,5% de leur Produit intérieur brut (PIB) cette année d'après l'agence Moody's. Aux États-Unis, elle serait, selon la même source, de -2% et dans la zone euro de -2,2%.

-30%

À Wall Street, le Dow Jones a enregistré le pire trimestre depuis 1987, en perdant 23% depuis le 1er janvier. En Europe, la chute est encore plus forte, frôlant les 30% sur les principales places.

Désarroi d'un boursier à Wall Street, le 18 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN
Nombre de groupes industriels ont vu leurs actions fondre. Ainsi dans l'automobile : le cours du français Renault a dégringolé de moitié depuis le début de l'année, celui de l'allemand Daimler aussi, même sort pour l'américain Ford. Le marché automobile français a chuté de 72,2% en mars et devrait baisser de 20% sur l'année.

Divisé par trois

Les prix des deux barils de pétrole faisant référence, le Brent en Europe et le WTI aux États-Unis, ont été divisés par trois depuis le début l'année, pris en étau entre une demande en berne et une offre toujours plus abondante, sur fond de guerre des prix entre les principaux producteurs mondiaux.

Il s'agit de la plus lourde chute sur un trimestre depuis la création de ces contrats dans les années 1980.

5.000 milliards

Les États alignent des milliards pour tenter d'éviter qu'un choc économique de court terme ne se transfrme en douloureuse dépresison économique de plusieurs années. Les pays du G20 ont promis d'injecter plus de 5.000 milliards d'USD. Les États-Unis prévoient une aide de plus de 2.000 milliards d'USD aux ménages et aux entreprises du pays. La France a annoncé 45 milliards, dont 8,5 milliards pour soutenir le chômage partiel, un système inspiré par l'Allemagne.

Face au difficultés que certains États rencontreront pour rembourser leur dette ou en payer le service, le FMI, le prêteur de dernier recours, assure disposer d'une capacité de prêt de 1.000 milliards d'USD pour les prochaines années.

3 millions, 8 millions

La pandémie laisse craindre une flambée mondiale du chômage et des inégalités. Outre-Atlantique, où même les employés en contrat longs peuvent facilement être limogés, les demandes d'allocations chômage ont explosé à plus de 3 millions au cours de la semaine du 15 au 21 mars, du jamais vu.

Environ 8,3 millions de personnes risquent de sombrer dans la pauvreté dans le monde arabe en raison de la pandémie, selon la Commission économique et sociale des nations unies pour l'Asie occidentale. En Asie, la Banque mondiale a estimé que 11 millions de personnes étaient menacées du même sort.

Double

Plus de 150 USD mardi 31 mars, contre 68 environ début janvier : l'action de la Société de visioconférence américaine Zoom s'est envolée, au fur et à mesure qu'une planète confinée se convertissait au télétravail, du moins pour certaines professions. L'application est dans le collimateur de la justice américaine, inquiète du nombre croissant d'utilisateurs dont les réunions ont été piratées.

Pour d'autres secteurs, en particulier la livraison de repas et courses à domicile, en plein boom, impossible de rester chez soi. Le géant Amazon a annoncé le recrutement de 100.000 personnes pour ses entrepôts et opérations de livraison aux États-Unis, tandis que des critiques s'élèvent dans plusieurs pays contre les conditions de travail et de sécurité sanitaire au sein du groupe de Jeff Bezos.

AFP/VNA/CVN

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