19/10/2013 23:43
Le paysan Nguyên Van Truong, de la province de Vinh Phuc, est un collectionneur d’antiquités pas comme les autres. Il ne revend jamais ses faïences, porcelaines ou pièces de monnaies. Sa façon de les conserver et de les exposer sort du commun : il les fixe au mur de sa maison.


La façade de la maison de Nguyên Van Truong vue de loin. Photo : VNexpress/CVN


La province de Vinh Phuc, à 30 km de Hanoi, est réputée pour son nombre de collectionneurs d’antiquités. Pauvre mais imprégné par le loisir de sa région, le paysan Nguyên Van Truong nourrit sa passion pour les faïences, les porcelaines et monnaies anciennes depuis très longtemps. Ses amis le pensent «fou» car ce loisir exige de forts moyens financiers.

Un chef-d’œuvre de maison

La maison de M. Truong est, à première vue, une simple petite bâtisse située dans une ruelle. En s’approchant, on aperçoit la clôture de la maison décorée par des morceaux de céramiques.

Après avoir franchi la porte d’entrée, le visiteur est surpris par la façade impressionnante de la maison sur laquelle reposent des rangées d’assiettes, de bols, des petites jarres et de vases fixés solidement sur le mur par de la colle. Le salon de la maison est, lui aussi, hors du commun, outre les murs couverts de porcelaines, trois piliers sont couverts de pièces de monnaie et de gros boutons de chemise.

Nguyên Van Truong et une partie des murs de sa maison. Photo : VNexpress/CVN


M. Truong conçoit son salon bien aimé comme un tableau et explique la raison simple pour laquelle il fixe toutes ses antiquités sur les murs. Agriculteur, il n’a pas suffisamment d’argent pour investir dans un espace d’exposition plus conventionnel.

L’homme de 52 ans aux cheveux longs et à la peau bronzée, raconte l’origine de cette passion. «C’était en 1986 quand je travaillais comme vernisseur de meubles dans l’atelier d’un antiquaire de la région. Cet homme m’a suggéré d’aller racheter d’anciens objets chez des habitants et de les lui revendre pour me faire un peu d’argent».

Question d’argent

À partir de ce moment, M. Truong commence à étudier l’art de collectionner. Il ramasse, rachète mais ne revend et ne commercialise jamais. «Racheter sans les commercialiser, c’est-à-dire sans gagner d’argent pour rembourser mes dettes et améliorer la vie de ma famille», explique-t-il.

Le salon, son oeuvre d’art, dont les murs sont ornés de 3.000 assiettes.
Photo : VNexpress/CVN


Après son mariage, il risque de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Sa passion lui a pris beaucoup de temps mais surtout elle lui a coûté beaucoup d’argent. Pendant de longues années, le paysan fouille toute la région notamment les rives des fleuves pour ramasser d’anciennes porcelaines et faïences. Il a vendu aussi beaucoup de biens familiaux pour pouvoir continuer son loisir.

Il avoue que la plus grande difficulté pour lui est de ne pas avoir suffisamment d’argent. «Pour chaque déplacement en quête d’objets anciens, j’ai sur moi au maximum un million de dôngs et je dépense tout. Parfois, j’ai dû me priver de repas et offrir mes services à une famille contre un de leurs objets préféré», rappelle-t-il.

En 1998, alors que les quatre coins de sa maison sont remplis, il décide de coller ses nouvelles pièces sur les murs. «Je travaille dans les champs le jour. La nuit, je me lance dans le réaménagement de mon espace de loisir. En moyenne, chaque soir, je colle de 15 à 17 assiettes sur les murs».

Après 15 ans, son ouvrage colossal représente au total 8.000 assiettes, 90 kg de sapèques, 20 kg de pièces de monnaie, plus de 20 kg de boutons de chemises et d’innombrables brisures de céramique de toutes tailles.

À présent, en dehors des travaux de champs, M. Truong poursuit la chasse aux objets anciens le jour, et son collage au mûr la nuit. «Pour fixer tout ce que j’ai collecté, il faut encore sept ans», estime le paysan.


Linh Thao/CVN


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