28/05/2015 11:30
La Commission européenne a demandé mercredi 27 mai aux États membres de l'UE de prendre en charge 40.000 demandeurs d'asile originaires de Syrie et d'Érythrée arrivés en Italie et Grèce, en signe de solidarité avec Rome et Athènes, une démarche qui suscite de très sérieuses réserves notamment en France.
>>Quelque 900 migrants secourus en Méditerranée, dont 300 par un navire français

Elle les a également invités à accueillir 20.000 réfugiés syriens venus de pays extérieurs à l'UE. Ces deux actions doivent courir sur deux ans et être assorties d'une aide financière aux États.
 
La répartition sera calculée en fonction de la population et du PIB des États, de leur taux de chômage et du nombre de demandeurs d'asile déjà accueillis. Les partenaires de l'Italie et de la Grèce sont invités à prendre "leur part" a déclaré le commissaire aux Affaires intérieures Dimitris Avramopoulos, qualifiant ces critères de "pertinents et objectifs".
 
Des migrants débarquent à Augusta, en Sicile, le 21 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN


Une enveloppe de 6.000 euros sera allouée pour chaque demandeur d'asile pris en charge, a précisé la Commission. La mesure s'appliquera aux candidats à l'asile arrivés après le 15 avril.
 
Trois pays -le Royaume Uni, l'Irlande et le Danemark- bénéficient d'une exemption, leur permettant de refuser de s'associer à cet effort de solidarité envers l'Italie et la Grèce.
 
Solidarité minimale
 
Concrètement, la France est appelée à prendre en charge 6.752 demandeurs d'asile syriens et érythréens et invitée à accueillir 2.375 réfugiés syriens au cours des deux prochaines années.
 
Parmi les autres pays, l'Allemagne devra prendre en charge 11.849 demandeurs d'asile et réfugiés et l'île de Malte, également destination de migrants, 413.
 
Le mécanisme d'urgence activé mercredi 27 mai pour l'Italie et la Grèce est temporaire. Il pourra également être mis en œuvre pour Malte en cas d'afflux soudain de migrants, a précisé la Commission.
 
"Il s'agit d'une solidarité minimale", selon M. Avramopoulos ajoutant que "chaque État peut faire davantage". "Nous ne proposons pas de quotas", a-t-il insisté en déplorant "les malentendus" créés par une "mauvaise interprétation" de ces propositions "dans certains États et dans certains medias". La France s'est dite opposée à toute idée de quotas pour les immigrés ou l'attribution du statut de réfugié. "Il n'a jamais été question de propositions pour les migrants illégaux", a insisté M. Avramopoulos.
 
"Ce que nous proposons, c'est une répartition équitable des migrants ayant besoin d'une protection internationale", a-t-il expliqué. "Chaque État reste libre d'accorder ou non cette protection aux demandeurs d'asile qu'il aura pris en charge au titre de cette solidarité", selon le Commissaire.
 
"La proposition n'est pas parfaite, mais elle constitue un énorme pas en avant, car elle introduit le principe de la solidarité", a commenté la chef de la diplomatie de l'UE, l'Italienne Federica Mogherini. "Il va falloir construire un consensus" sur cette proposition de transfert des demandeurs d'asile "afin que les ministres de l'Intérieur puissent l'approuver à la majorité qualifiée lors de leur réunion le 16 juin" à Luxembourg, a-t-elle toutefois averti.
 
AFP/VNA/CVN
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