23/02/2019 10:10
L’économie vietnamienne ne doit pas se reposer sur ses lauriers de l’an passé. De nombreux défis l’attendent pour 2019. Paroles d’experts.
>>Le Vietnam, une destination sûre pour les investisseurs mondiaux
>>Belles perspectives pour l’économie vietnamienne en 2018
>>Le CPTPP et ses impacts sur l’économie vietnamienne

Une année importante pour le plan quinquennal 2016-2020

Nguyên Chi Dung, ministre du Plan et de l’Investissement


Les organisations internationales estiment que les résultats du développement économique du Vietnam en 2018 sont positifs. L’économie continue de montrer une bonne résistance grâce à la forte croissance des exportations et des industries manufacturière et de transformation. D’autres indicateurs sont dans le vert, comme le ralentissement de la croissance du crédit, l’inflation contrôlée à moins de 4%, le record des créations d’entreprises, les décaissements des fonds d’investissement direct étranger en augmentation. Autant de bases solides pour que 2019 bénéficie d’une économie en plein essor, élément favorable pour achever le plan quinquennal 2016-2020.

Cependant, je vois aussi des difficultés et des défis à surmonter. Tout d’abord, l’impact de l’économie mondiale qui connaîtra des bouleversements importants. Selon les prévisions, cette année, sa croissance marquera le pas, notamment à cause de la stagnation des économies américaine et chinoise et de leur guerre commerciale. Cela aura des impacts majeurs sur le Vietnam. Dans le pays, les inconvénients de l’économie persistent. Par exemple, celle-ci reste modeste et la faible productivité au travail, qui nuit à sa compétitivité. Sans compter les problèmes liés aux changements climatiques, aux catastrophes naturelles et aux épidémies. L’économie privée, malgré son fort développement, ne répond pas encore à la demande du marché.

Pour atteindre l’objectif de croissance du PIB de 6,8% cette année, les directives ont été données dans la Résolution N°01 du gouvernement sur les solutions pour mettre en œuvre le plan de développement socio-économique et les prévisions budgétaires de l’État pour 2019. En résumé, je pourrais en citer ici quelques éléments majeurs: poursuite de l’amélioration de l’environnement des affaires, renforcement du secteur économique privé, mise en œuvre de politiques pertinentes pour promouvoir les innovations technologiques. En outre, il faut continuer d’améliorer la compétitivité de l’économie nationale et des entreprises pour exploiter les avantages des accords de libre-échange. Dès le début de l’année, il importe de profiter de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) pour élargir et développer le marché.


Améliorer le niveau de vie des habitants

Nguyên Tri Hiêu, économiste


À mon avis, si l’on parle des défis internes, il faut parler de la productivité du travail au Vietnam qui reste encore à un bas niveau, comparé à d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Vient ensuite le problème environnemental. Une croissance stable est celle dans laquelle les habitants ont plus d’emplois, une vie meilleure et un environnement plus sain. Le revenu de 2.580 dollars par an par personne est encore assez faible, ce qui exige d’améliorer cet indice pour garantir un niveau de vie suffisant, notamment pour les travailleurs des régions excentrées.

Dans une économie en croissance, l’environnement a une grande influence. Nous voyons clairement qu’il existe encore des lacunes dans la gestion de l’environnement dans les régions côtières et les grandes zones urbaines, sans compter les problèmes d’infrastructures surchargées et les inondations dans les zones urbaines. Ce sont les véritables facteurs qui vont peser sur la qualité de la croissance économique.


Nécessité d’augmenter la compétitivité

Trân Hoàng Ngân, membre du groupe des conseillers économiques du Premier ministre


En raison d’un investissement accru, l’économie poursuivra sa croissance en 2019. L’augmentation du total des investissements sociaux y contribuera fortement. Le secteur privé, avec l’entrée en vigueur de la Loi sur les petites et moyennes entreprises (PME) et la vague de la révolution industrielle 4.0, créera également un élan pour 2019.

Cependant, la compétitivité de l’économie vietnamienne questionne toujours. La plupart de nos entreprises sont des PME. Notre agriculture n’est pas encore modernisée, ce qui conduit à un mode de production de petite envergure. C’est un réel inconvénient. L’autre défi provient de l’extérieur. L’économie mondiale fait face à de nombreuses incertitudes. Celle de certains pays tels que le Japon ou les pays d’Europe, qui a ralenti au cours des derniers mois, la guerre commerciale américano-chinoise, la tendance du protectionnisme dans le commerce…, autant d’interrogations sur l’avenir. Ces facteurs pèseront largement sur l’économie vietnamienne, actuellement largement ouverte.

Il vaudrait mieux améliorer la compétitivité des secteurs porteurs, plus précisément l’agriculture et le tourisme, qui nécessitent des investissements plus importants pour se consolider en tant qu’atouts majeurs pour notre économie.


Questions de démographie et d’infrastructures

Pham Hông Hai, directeur général de la banque HSBC Vietnam


Le défi à court terme du Vietnam provient principalement de l’extérieur: l’économie mondiale. Au cas où les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine viendraient à s’intensifier, le Vietnam sera certainement affecté. En outre, si l’économie chinoise ralentit soudainement, elle aura également un impact considérable sur celle du Vietnam et de la région.

Les défis à moyen et long termes du Vietnam proviennent principalement de facteurs internes, notamment des problèmes démographiques. Premier défi: la proportion des personnes âgées dans la population a augmenté au cours des trois dernières décennies (5,7% en 1990 et 7,1% en 2017), tandis que le taux de natalité baisse. Selon les prévisions de l’ONU et de la banque HSBC, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus, au Vietnam, sera supérieure à celle de nombreux autres pays régionaux et même des États-Unis. Cela soulève des inquiétudes quant à la pression exercée sur le futur système national de santé, de protection sociale et de retraite.

Deuxième défi: la productivité du travail du Vietnam, faible par rapport à d’autres pays d’Asie, équivalente à 1/18 de Singapour, 1/16 de la Malaisie et 1/3 de la Thaïlande et de la Chine. Troisième défi: les infrastructures matérielles comme les routes, les ponts, les ports, les aéroports et les "infrastructures immatérielles" telles que les réglementations légales, les systèmes financiers… Avec le développement rapide du Vietnam, si nous n’élaborons pas un système d’infrastructures complet et homogène, nous serons confrontés à des "impasses" qui bloqueront la croissance de l’économie.

Linh Thao/CVN
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’enseignement de français aux écoles supérieures au Vietnam

Prix bas pour rencontres riches Ces dernières années, le fait de passer ses nuits en dortoir est devenu une pratique de plus en plus répandue parmi les visiteurs à Dà Nang. Explications.