19/02/2021 17:33
Le PDG de Danone Emmanuel Faber, sous pression de fonds d'investissement qui réclament son départ, a promis vendredi 19 février que 2021 sonnerait la "reprise" après des performances 2020 plombées par la pandémie.
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Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, lors de la présentation des résultats annuels du groupe à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

"2021 sera donc une année de reprise", affirme le dirigeant, cité dans un communiqué. "Nous restons concentrés sur la préparation de notre retour à la croissance dès le second trimestre [2021], et sommes pleinement confiants que nous créons les bonnes conditions et le bon momentum pour retrouver la croissance rentable dès le second semestre de l'année".

Directeur général du fleuron français de l'agroalimentaire depuis 2014 et PDG depuis 2017, ce patron réputé prôner un capitalisme plus vert et plus social fait face à une fronde d'actionnaires. Les fonds Artisan Partners et Bluebell Capital Partners jugent les performances de l'entreprise insuffisantes sans que la crise du COVID-19 suffise à l'expliquer, et mettent en cause sa gestion. En un an, l'action Danone a perdu un quart de sa valeur à la Bourse de Paris.

"Nous reconnaissons pleinement que le cours de notre action en bourse est en deçà de nos attentes et sommes heureux, à l'occasion de la publication de nos résultats annuels, de retrouver notre capacité à dialoguer ouvertement avec nos actionnaires", poursuit Emmanuel Faber, dans une allusion pudique à la crise de défiance qui le vise. En 2020, le chiffre d'affaires du géant agroalimentaire français a reculé de 6,6%, à 23,6 milliards d'euros, soit un manque à gagner d'environ 1,7 milliard par rapport à 2019.

Quant à la marge opérationnelle courante, indicateur scruté par les marchés, elle s'établit à 14% (contre 15,2% en 2019), signe que la rentabilité se rétracte. Le groupe prévoit que cette marge restera "globalement" à ce niveau en 2021. Emmanuel Faber doit détailler ces résultats tout au long de la matinée, d'abord devant des analyses puis devant la presse.

Syndicats inquiets

Selon une source proche du dossier, "la gouvernance n'était pas à l'ordre du jour" de la réunion du conseil d'administration qui s'est tenue jeudi 18 février pour valider les comptes annuels, reportant de facto toute décision concernant l'avenir de Faber. Le silence des administrateurs du groupe a semé le doute sur leurs intentions.

De quoi inquiéter les syndicats CFDT, FO et CGC : ils ont fait savoir qu'ils soutenaient la gouvernance actuelle, alors même que Danone prépare jusqu'à 2.000 suppressions de postes dans le monde. "Je sais (...) les incertitudes qu'a générées dans nos sièges l'annonce" de cette réorganisation, souligne Emmanuel Faber. "Nous sommes engagés à en clarifier aussi vite que possible les conséquences pour chacune des personnes concernées."

Dans un courrier mercredi, FO avait demandé au conseil d'administration "de s'opposer à la stratégie menée par les fonds activistes" qui "ont pour habitude d'avoir des objectifs exclusivement basés sur la rentabilité qui viendraient mettre en danger l'avenir des salariés". Le gouvernement français a jusqu'ici préféré se tenir à l'écart de la mêlée.

"Disons que la gouvernance c'est une question d'hommes", a déclaré mercredi soir 17 février sur BFM Business la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. "Ce n'est pas tout à fait la même chose qu'une question de site qu'on ferme ou d'entreprise dont le modèle économique pourrait avoir des conséquences, comme le cas de Carrefour, sur toute la filière agroalimentaire et agriculture". Le gouvernement s'était opposé en janvier à l'offre du canadien Couche-Tard de se rapprocher de Carrefour.

En attendant, Danone poursuit son virage stratégique vers l'alimentation végétale, un des axes défendus par Emmanuel Faber. Le groupe a encore annoncé vendredi, sans précisions chiffrées, l'acquisition de l'entreprise californienne Follow Your Heart, "leader sur les marchés du fromage et de la mayonnaise d'origine végétale". Et il compte "faire passer ses ventes mondiales de produits d'origine végétale (...) à 5 milliards d'euros en 2025". Ce segment représente aujourd'hui plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

AFP/VNA/CVN



 

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