16/01/2016 09:12
Après trois années consécutives d’excédent commercial, le déficit a fait son retour en 2015 au Vietnam, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC).
En 2015, les exportations nationales sont estimées à 162,4 milliards de dollars pour une croissance annuelle de 8,1%, selon le Département général des statistiques.

Les États-Unis sont demeurés le premier débouché du Vietnam en 2015 avec des exportations estimées à 33,5 milliards de dollars correspondant à une progression de 17%, devant l’Union européenne (UE), la Chine, le Japon et la République de Corée avec respectivement 30,9, 17, 14,1 et 9 milliards de dollars. Il s’agit du taux de croissance de l’export le plus bas de ces cinq dernières années, inférieur à celui prévu par le plan, lequel est de 10%. La baisse des exportations de nombreux produits majeurs en est la cause, avec un recul de 3,8% en moyenne.

Les importations d’automobiles ont dépassé 6 milliards de dollars en 2015.
Photo : Thê Linh/CVN

Selon le Département général des statistiques, les importations nationales sont estimées à 165,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 12% en un an. La balance du commerce extérieur accuse un déficit de 3,2 milliards de dollars en 2015, après trois années consécutives de solde positif. Le Vietnam maintient toujours son excédent commercial avec les États-Unis et l’UE, de 25,5 milliards et de 20,6 milliards de dollars. Avec d’autres de ses grands débouchés, la tendance est plutôt au déficit comme avec la Chine, de 32,3 milliards, la République de Corée, avec 18,7 milliards, et les pays de l’ASEAN, avec 5,5 milliards de dollars. Mais c’est avec le marché japonais que le pays accuse un fabuleux déficit de 300 millions de dollars, après plusieurs années d’excédent commercial.

La forte hausse des importations de voitures, au-dessus des 6 milliards de dollars, est, entre autres, la cause de ce déficit du commerce bilatéral avec le Japon. En effet, sur l’ensemble de 2015, le pays a importé 125.000 unités pour un coût de près de 3 milliards de dollars. Si l’on compte les composants et accessoires automobiles, les importations nationales dépassent la barre des 6 milliards, un record !

La Chine, la Thaïlande, la République de Corée, le Japon et l’Inde demeurent les principaux fournisseurs du Vietnam. Cette situation est estimée perdurer et s’aggraver du fait de la baisse continuelle des taxes d’importation sur les voitures au sein de l’ASEAN conformément aux engagements pris dans le cadre de la Communauté économique de l’ASEAN.

Le prêt-à-porter et les chaussures continuent d’être deux des fers de lance du secteur vietnamien de l’exportation. Mais les importations des matières premières nécessaires et d’équipements pour ces industries demeurent importantes. Il s’agit d’une grande faiblesse, non seulement pour l’industrie du textile et des chaussures, mais aussi pour la plupart des secteurs de la transformation et de la mécanique. Dans ces derniers, les entreprises vietnamiennes, malgré leurs efforts de localisation de leurs matières premières, se limitent trop à une simple sous-traitance ou à de l’assemblage. Il faut dire que le pays manque cruellement d’une industrie auxiliaire à la hauteur, conduisant ses entreprises à devoir importer tout le nécessaire à leur production, avec pour conséquences une faible valeur ajoutée pour leurs produits destinés à l’export, voire, dans certains cas, une faible compétitivité devant la concurrence.

La balance du commerce extérieur accuse un déficit de 3,2 milliards de dollars en 2015, après trois années consécutives de solde positif. 
Photo : Trân Truong/CVN

Signes positifs au sein de l’ASEAN

Un signe positif a en revanche été relevé : la baisse du déficit commercial avec les pays de l’ASEAN. Selon le Département général des douanes, dans la période 2005-2008, les échanges entre le Vietnam et ceux-ci ont connu une croissance annuelle moyenne de 26%. Si en 2005, le commerce bilatéral n’était que de 14,91 milliards de dollars, il s’est établi à 29,77 milliards en 2008, même si par la suite, avec la crise économique mondiale, il s’est tassé à 22,89 milliards en 2009, soit un recul de 24% en un an. Toutefois, les efforts de l’ensemble des acteurs ont permis de porter les échanges à 38,7 milliards en 2012, à 40,1 milliards en 2013, puis à 42,85 milliards en 2014, et sur les 11 premiers mois de cette année, à 39,2 milliards de dollars, certes, pour une très modeste croissance de 0,1% sur un an.

S’agissant des produits vietnamiens exportés au sein de l’ASEAN, avant 2010, le pétrole brut et le riz en représentaient la moitié. Par la suite, la structure de l’exportation s’est de plus en plus diversifiée. Aujourd’hui, aux produits précités, il faut ajouter le textile, l’habillement, les chaussures et les sandales, les produits aquatiques, le café, le caoutchouc, les téléphones et leurs accessoires... Durant la période 2005-2015, la balance commerciale Vietnam - ASEAN a été constamment déficitaire pour le Vietnam avec 3,9 milliards de dollars en 2005, 6 milliards en 2010 et 5,6 milliards sur les 11 premiers mois de 2015. L’apparition de la Communauté économique de l’ASEAN le 31 décembre va ouvrir de belles opportunités aux entreprises vietnamiennes produisant pour l’exportation, au bénéfice de la croissance du commerce au sein du marché qu’est cette dernière.
Thê Linh/CVN

 
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