15/05/2020 10:06
Les Français pourront partir en vacances en France en juillet et août : le Premier ministre Edouard Philippe s'est voulu optimiste, jeudi 14 mai, lors de l'annonce d'un plan de soutien au tourisme, au quatrième jour du déconfinement, qui a vu le retour en classe des écoliers franciliens.
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Un bord de plage déserté à La Grande-Motte, station balnéaire dans le Sud de la France, le 12 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

"Les Français pourront partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d'août", sous réserve toutefois "de possibles restrictions très localisées" en fonction de l'évolution de l'épidémie du coronavirus, a affirmé le Premier ministre Edouard Philippe.

Il a dévoilé un plan de relance du tourisme "sans précédent", "massif", et "nécessaire" de ''18 milliards d'euros" pour "faire face à la pire épreuve de son histoire moderne", alors que le secteur représente 7% du PIB français et deux millions d'emplois.

Après deux mois de confinement, les sites rouvrent très timidement, à l'image du Mont-Saint-Michel ou du Sanctuaire de Lourdes, alors que quelques premières plages sont de nouveau accessibles et d'autres pourraient rouvrir dès ce week-end pour des promenades ou du sport.

En attendant, de nouvelles écoles, notamment en Île-de-France, ont ouvert leurs portes jeudi pour une reprise très prudente et progressive. "Je vais revoir mes amis, mais je vais pas pouvoir jouer avec eux, c'est triste. Je sais pas trop à quoi on peut jouer tout seul", soupire Shadi, 11 ans, devant l'école Littré, dans le centre de Paris.

Augmentations journalières des morts du COVID-19 en France, des personnes en réanimation, des hospitalisations et des sorties d'hôpital, au 13 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

À Lille aussi, certains enfants ont repris jeudi 14 mai le chemin de l'école : à l'école Lalo-Clément, Maxence, en CM2, est arrivé muni d'un masque même s'il n'est pas obligatoire : "Je n'ai pas peur pour moi, tout le monde dit qu'on est juste porteurs, mais j'ai peur de contaminer mes parents…".

Partout, la rentrée se fait par petits groupes, comme pour la première vague mardi, et suivant un protocole sanitaire très strict: lavages de mains réguliers, récréations très encadrées, sens de circulation dans les couloirs.

D'ici à vendredi 15 mai, quelque 1,5 million d'écoliers auront retrouvé les bancs de l'école. Les premiers collégiens des zones vertes leur emboîteront le pas lundi 18 mai.

Paris, 28.000 écoliers retournent en classe d'ici à la fin de semaine prochaine, soit près d'un sur quatre, selon le rectorat. Seront accueillis dans 92% des écoles les enfants jugés prioritaires et dont les parents le souhaitent.

Environ 10.000 morts en Ehpad 

Autre lieu source d'inquiétudes, les transports en commun. Pendant le déconfinement, seuls 37% de leurs utilisateurs sont sûrs de les reprendre, selon un sondage CSA publié jeudi 14 mai. Plus de la moitié (54%) qui les empruntent toujours ont peur.

Mais progressivement l'étau se desserre dans l'Hexagone où 400.000 commerces et des plages ont rouvert mercredi 13 mai, et s'"il est trop tôt pour crier victoire", "la voie suivie était la bonne", estime le président Emmanuel Macron.

Jeudi après-midi 14 mai, le chef de l'État s'est entretenu avec des médecins de l'avenir des hôpitaux et des services de soins, notamment certains signataires d'une tribune parue début mai intitulée Libérons l'hôpital du fléau bureaucratique, qui y présentaient les principes devant guider selon eux "le renouveau de l'hôpital".

Le président de la République doit poursuivre ses consultations vendredi en rencontrant des économistes pour échanger sur les conséquences de la crise.

Un membre du personnel soignant de l'hôpital Broussais à Paris stocke les échantillons des prélèvements effectués pour les tests au COVID-19, le 11 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN 

La pression sur le système hospitalier continue de s'alléger, avec 129 patient de moins en réanimation, mais le bilan global depuis le 1er mars est lourd, avec au moins 27.425 décès. Et dans les Ehpad, frappés de plein fouet par l'épidémie, le nombre de morts a franchi jeudi 14 mai la barre symbolique des 10.000.

Selon Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique, "il est trop tôt pour faire un bilan" du déconfinement, mais il souligne l'"effort magistral" accompli.

"Si on continue à appliquer les mesures d'hygiène et de distanciation qui sont un peu allégées (...) on peut rester optimiste, mais raisonnablement", a-t-il dit sur RTL.

Le gouvernement appelle d'ailleurs "au civisme", à "la responsabilité" de chacun puisque le Conseil constitutionnel a retoqué la disposition visant à étendre à la sphère privée l'interdiction de rassemblements de plus de dix personnes.

L'attention de l'exécutif se tourne désormais vers la fin mai et les vacances à venir car, suivant l'évolution de l'épidémie, le déconfinement pourrait franchir une nouvelle étape le 2 juin après le week-end de la Pentecôte.

Alors que la crainte d'une deuxième vague demeure, la question d'un vaccin est déjà l'origine d'une polémique après l'annonce par Sanofi de son intention de servir en premier les États-Unis, qui ont investi dans son développement.

"Les efforts déployés ces derniers mois montrent qu'il est nécessaire que ce vaccin soit un bien public mondial, extrait des lois du marché", lui a répondu Emmanuel Macron, qui doit recevoir les dirigeants du groupe pharmaceutique français la semaine prochaine, et après que le Premier ministre avait déjà fait valoir que "l'égal accès de tous au vaccin n'(était) pas négociable".

La recherche sur les traitements curatifs doit pour sa part se poursuivre, a indiqué l'un des chercheurs qui chapeautent l'essai clinique européen Discovery, qui compte pour l'heure 750 patients - il en visait 3.200.

Le comité chargé d'analyser l'essai a estimé qu'il n'y avait pas encore de résultats sur l'efficacité des quatre médicaments testés contre le Covid-19: l'antiviral remdesivir, l'Association lopinavir/ritonavir, une combinaison de ces deux anti-rétroviraux avec l'interferon beta et, enfin l'hydroxychloroquine.

AFP/VNA/CVN

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