13/10/2019 07:33
Sacs en papier pour médicaments, gobelets en carton pour équipements médicaux... De nombreux hôpitaux à Hô Chi Minh-Ville mettent en place des solutions alternatives pour protéger l’environnement.
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De nombreux hôpitaux à Hô Chi Minh-Ville utilisent des sachets en papier de pharmacie pour remplacer le plastique. Photo: TT/CVN

Depuis deux mois, les pharmacies de l’hôpital Binh Dân à Hô Chi Minh-Ville proposent des sachets de pharmacie en papier pour remplacer le plastique. Ces derniers, de différentes tailles, peuvent contenir tous les médicaments prescrits aux patients. Chaque jour, environ 2.200 sacs en papier sont utilisés. "Lors de la vente, nous essayons d’expliquer aux patients notre démarche pour qu’ils puissent s’adapter", informe la pharmacienne Trân Thi Ngoc Bich, de l’hôpital Binh Dân. 

Une nouvelle habitude à prendre

"J’ai été très surpris de recevoir, pour la première fois, des médicaments contenus dans un sachet en papier à l’hôpital Binh Dân. Ces derniers sont plus facilement biodégradables, ce qui est très bon pour l’environnement", partage avec enthousiasme Nguyên Ngoc Phuc, 42 ans, originaire de la province méridionale de Dông Nai.

Venant de la province centrale de Khanh Hoà, Lê Hiên Triêt, 55 ans, s’est rendu à l’hôpital Binh Dân pour un second examen de son estomac. À cette occasion, il a découvert l’utilisation de ces sacs en papier. Il exprime son soutien : "Les sacs plastiques ou en papier ont la même fonction. Pourtant, le deuxième est plus simple à détruire. Il faut renforcer leur utilisation dans tous les hôpitaux pour protéger l’environnement".

Mme Hiên, domiciliée dans l’arrondissement de Thu Duc, Hô Chi Minh-Ville, trouve la démarche tout à fait normale. Depuis des années, elle a l’habitude de prendre un cabas pour aller au marché. "C’est mieux de remplacer les sacs plastiques par ceux en papier dans les hôpitaux comme dans les marchés et supermarchés où un grand nombre de sacs plastiques sont utilisés", dit-elle. De plus, chaque fois qu’elle rencontre quelqu’un, elle n’hésite pas à lui rappeler qu’il est nécessaire de limiter l’utilisation de produits plastiques à usage unique.

"Une solution énergique est nécessaire. Il faut réduire aussi la production des sacs, des bouteilles en plastique..., cela permettra peu à peu de changer l’habitude des consommateurs", ajoute-t-elle.

Un monde sans plastique

Dans de nombreux hôpitaux à Hô Chi Minh-Ville, les bouteilles d’eau en plastique sont bannies lors des réunions. Photo : CTV/CVN

En dehors des sachets de pharmacie, les bouteilles d’eau, les pailles et les gobelets en plastique disparaissent progressivement des hôpitaux. En effet, depuis des mois, lors des réunions de l’hôpital Cho Rây, les verres remplacent les bouteilles et les pailles en plastique.

Selon les statistiques, chaque jour, cet établissement génère des tonnes de déchets de toutes sortes dont un grand volume de sacs et d’articles plastiques à usage unique. C’est pourquoi, il a décidé de ne plus acheter d’emballages, à l’exception des sacs à ordures prescrits par le ministère de la Santé. Les produits respectueux de l’environnement sont vivement encouragés.

Auparavant, l’hôpital Binh Dân avait signé un contrat sur l’achat de petites bouteilles lors des réunions. Désormais, celles-ci ont été remplacées par de grandes bouteilles d’eau (20 litres) accompagnées de verres et de gobelets en papier. 

Les autres établissements à Hô Chi Minh-Ville comme l’Hôpital de la pédiatrie N°2, l’hôpital Nguyên Tri Phuong, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de la ville... cherchent aussi à limiter les déchets plastiques.

Selon le Docteur Trân Vinh Hung, directeur de l’hôpital Binh Dân, la réduction des déchets plastiques figure dans le programme annuel de son établissement. Les frais pour les sacs en papier ont augmenté de 30%, soit 100 millions de dôngs, par rapport à ceux plastiques. "Malgré tout, l’hôpital reste ferme sur sa décision d’utiliser les sacs en papier", déclare M. Hung.

Pour sa part, la médecin Hoàng Thi Diêm Tuyêt, directrice de l’hôpital Hùng Vuong, informe que dès le début de l’année, avant la directive promulguée par le ministère de la Santé sur la réduction des déchets plastiques, son hôpital avait renforcé les activités de sensibilisation sur  la nécessité de limiter l’utilisation des produits fabriqués à partir de ce matériau.

Pourtant, le coût des sacs en papier est plus élevé que celui des sacs plastiques, a remarqué Mme Tuyêt en exprimant son souhait : "Dans les années à venir, l’État devrait mettre en place des politiques convenables pour pouvoir encourager les hôpitaux à  s’y soumettre".


Le Vietnam, un important pollueur
 
Le Vietnam est l’un des cinq plus gros pollueurs d’Asie. Avec 13 millions de tonnes de déchets plastiques rejetés dans l’océan chaque année, le pays se classe au 17e rang mondial. Hanoï et Hô Chi Minh-Ville en génèrent à elles seules 80 tonnes par jour. D’après Bùi Trong Hiêu, président du Conseil d’administration de l’EURL de l’environnement urbain de Hô Chi Minh-Ville, sur le total des 8.900 tonnes de déchets solides ménagers rejetés chaque jour, environ 1.800 tonnes sont en plastique. Malheureusement, seulement 200 tonnes sont recyclées, le reste étant enfoui avec d’autres types de déchets solides.
 

Huong Linh/CVN

 

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