21/01/2020 14:39
Le nouveau bac est lancé : de nombreux élèves de Première ont passé lundi 20 janvier les premières épreuves de contrôle continu comptant pour la note finale, perturbées dans une poignée d'établissements par des professeurs et des lycéens demandant leur suppression.

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Des professeurs manifestent contre la réforme du bac, et notamment l'organisation des épreuves de contrôle continu, le 20 janvier, au lycée René Cassin à Montfort-sur-Meu, dans l'Ouest de la France. Photo : AFP/VNA/CVN


Depuis plusieurs jours, des syndicats d'enseignants et professeurs appelaient à diverses actions sur les réseaux sociaux pour "faire barrage" à ce nouveau bac, décidé par Jean-Michel Blanquer.

Grèves de surveillance, refus de corriger les copies ou de transmettre les notes : les opposants envisageaient les mêmes modes d'action qu'au moment des corrections du baccalauréat en juin, qui avaient créé la confusion.

Ces menaces se sont matérialisées lundi matin 20 janvier dans quelques établissements. En Seine-et-Marne à 08h00, un lycée à La Ferté-sous-Jouarre a été bloqué par 200 personnes (élèves, parents, profs) qui ont, selon les gendarmes, perturbé l'entrée des candidats.

Selon le ministère, une quarantaine de lycées ont été perturbés temporairement et dix ont reporté partiellement ou totalement les épreuves. Au total, 400 lycées (sur plus de 4.000) étaient concernés lundi 20 janvier par ce passage d'épreuves.

Selon un premier décompte du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, "40% des établissements qui passaient les épreuves ont été concernés par des grèves, des manifestations ou encore des actions symboliques".


À Montauban (Tarn-et-Garonne), environ 400 élèves et enseignants se sont rassemblés dès 07h00 devant les grilles du lycée Bourdelle, pour exprimer leur rejet des épreuves mais aussi du projet de réforme des retraites, selon un correspondant de l'AFP. Les premières épreuves ont été légèrement perturbées et l'une d'entre elles a été reportée.

Dans la Loire, des épreuves ont été reportées dans un lycée de Saint-Étienne et de Chazelles-sur-Lyon à la suite de manifestations d'enseignants et de lycéens.

En Corse, au lycée Laetitia-Bonaparte d'Ajaccio, seul établissement de l'île à passer les épreuves lundi 20 janvier, plus de la moitié des élèves de Première ont boycotté la première épreuve commune, soutenus par certains professeurs qui se sont déclarés grévistes.

"Pas assez de temps" 


À Paris, à la sortie des examens, Hippolyte, élève de Première au lycée Lavoisier, a affirmé que "le contenu portait sur ce qu'(ils) avai(en)t révisé". Mais "on a été assez dérangés par trois alarmes incendie", a-t-il regretté, accusant des enseignants grévistes de cette initiative.
 

Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, le 15 janvier à l'Élysée, à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN


"C'est mal foutu, on n'a pas eu assez de temps. Même la manière dont ça se passe, on est tous serrés, tout le monde peut copier", a estimé Antoine Nevelestyn au lycée Faidherbe à Lille, même s'il reconnaît "une bonne réforme sur le fond" car "elle permet une ouverture sur plein d'autres" matières et thématiques.

Les premières épreuves de contrôle continu, les "E3C" dans le jargon, doivent s'étaler sur un mois et demi en fonction des lycées. Elles portent sur l'histoire-géographie, les langues vivantes ainsi que sur les mathématiques pour les élèves de la voie technologique.

Grandes innovations du nouveau bac, ces examens répartis en trois sessions sur les années de Première et Terminale comptent pour 30% de la note finale.

Face aux menaces de perturbations, le ministre de l'
Éducation, Jean-Michel Blanquer, s'était voulu rassurant dimanche 19 janvier sur France inter : "Cela va se passer très bien dans l'immense majorité des cas", a-t-il assuré.

Dans un communiqué, les députés LFI ont dénoncé un baccalauréat "à géométrie variable", demandant au ministre "d'abandonner sa réforme du bac".

Depuis le retour des vacances de Noël, motions et pétitions pleuvent contre la réforme du bac. Récemment, la quasi-totalité des syndicats ont demandé au ministre de "renoncer" à cette première session.

Fermement opposé à la réforme, le Snes-FSU a notamment dénoncé des "conditions matérielles de passage des épreuves déplorables", des "inquiétudes sur la dématérialisation de copies", des "fuites de sujets", ou encore des "ruptures d'égalité manifestes" entre élèves.

Dans l'académie d'Orléans-Tours, une inspectrice d'académie a par exemple orienté les révisions des élèves, en précisant les chapitres et les thèmes sur lesquels porteraient les sujets.

Du côté des parents d'élèves, la FCPE, principale fédération, demande "un ajournement des épreuves, en raison de cette impréparation".


AFP/VNA/CVN

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