02/04/2018 08:57
Les cheminots entament lundi soir 2 avril leur "bataille du rail" contre le projet de réforme d'un gouvernement déterminé à ne pas céder, malgré l'opposition unitaire des syndicats de la SNCF et une première grève qui va entraîner mardi 3 avril de très fortes perturbations.

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Lundi 2 avril à 19h00, ce sera le début de la grève par épisodes de deux jours sur cinq, initiée par la CGT, l'Unsa et la CFDT, jusqu'au 28 juin. SUD-Rail appelle à une grève illimitée, reconductible par 24 heures, à partir de 20h00 lundi 2 avril. Mais le trafic sera "normal" après 19h00, selon les prévisions communiquées dimanche 1er avril par la SNCF.
 

La Gare de Lyon à Paris, déserte lors de la grève du 22 mars 2018.
Photo : AFP/VNA/CVN


Mardi 3 avril, la circulation des trains sera en revanche très perturbée comme annoncé. Dans ses prévisions, la direction table sur un TGV sur huit en circulation en moyenne, un Intercités sur huit, un TER sur cinq et un Transilien sur cinq.


Pour les Franciliens, la situation sera variable : un train sur deux est prévu sur le RER A, un sur trois sur le B, un sur cinq sur le C, un sur quatre sur le D.
Sur les lignes R (Paris-Montargis) et U (La Défense-La Verrière) du Transilien, il n'y aura "aucun train".

Dans le Journal du Dimanche, le président de la SNCF Guillaume Pepy avait prévenu que "des lignes seront fermées" et que "cette grève sera très pénalisante pour nos clients".

Le mouvement "a été pensé pour avoir un maximum d'impact sur le trafic et être le plus économe possible pour les grévistes", estime M. Pepy.

Pour inciter des cadres à prendre le relais pendant la grève, la direction a proposé une prime de "conducteur occasionnel", signe d'une direction "aux abois", selon Erik Meyer (SUD Rail).

Un "faux procès" pour la direction de la SNCF, cette prime ayant "pris effet au 1er janvier 2018", a assuré un porte-parole.

Les cheminots sont appelés à croiser le fer contre la suppression de l'embauche au statut à la SNCF, les modalités d'ouverture à la concurrence ou encore la transformation de la SNCF en société anonyme, ce qui ouvre la voie à une future privatisation, selon les syndicats.


"Dogmatisme idéologique"

 

Le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, le 27 février 2018 à Saint-Denis.
Photo : AFP/VNA/CVN



Le projet de réforme "vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique" et "ne règlera pas le sujet de la dette, ni celui des dysfonctionnements", affirment-ils dans leur préavis.

Face à ces critiques, le gouvernement joue la carte de la concertation, multipliant rencontres bilatérales, séances plénières et interventions médiatiques.

"Personne ne peut comprendre que les syndicats de cheminots engagent une grève longue et pénalisante alors que le gouvernement est dans le dialogue", estime Mme Borne qui a fustigé dimanche 1er avril dans Le Parisien l'attitude "incompréhensible" des syndicats.

Invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, a souligné "la détermination tranquille et totale" du gouvernement, assurant qu'il n'y avait "aucun projet ni ouvert, ni caché de privatisation" de la SNCF.

Mais avec 46% de Français trouvant le mouvement "justifié" selon un sondage Ifop pour le JDD, le soutien à la grève progresse de 4 points en deux semaines, les partisans de la réforme restant légèrement majoritaires (51%).

La semaine sociale s'annonce chargée. Air France sera une nouvelle fois touchée mardi 3 avril puis samedi 7 avril par ses quatrième et cinquième journées de grève en un mois et demi. Dimanche soir 1er avril, deux dates supplémentaires de grève, les 10 et 11 avril, ont été ajoutées au calendrier par l'intersyndicale.

Onze syndicats de tous métiers exigent une augmentation générale des salaires de 6%, jugeant trop faible celle de 1% programmée dans l'année. La direction juge la revendication déraisonnable et vante les "200 millions d'euros" redistribués via des augmentations individuelles et l'intéressement.

Le gouvernement devra aussi surveiller la mobilisation annoncée par la CGT dans la filière déchets et dans l'énergie. Dans ce secteur, la FNME-CGT, première force syndicale, a calqué son calendrier sur celui des cheminots, avec un préavis de grève "jusqu'au 28 juin".

Mais le mouvement pour "un nouveau service public de l'électricité et du gaz" ne devrait se traduire que ponctuellement, à travers des baisses de production par exemple.

Dans la filière déchets, un appel à la grève pour un "service public national" des déchets devrait toucher à partir de mardi notamment Paris et sa région, celle de Marseille, Montpellier, ainsi que l'Est et le Nord.

AFP/VNA/CVN

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