14/03/2019 09:22
L'administrateur de l'Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace (NASA - National Aeronautics and Space Administration) a annoncé mercredi 13 mars que le développement de sa prochaine grande fusée, SLS, se heurtait à de nouveaux retards, et que l'agence spatiale voulait désormais confier à des lanceurs privés la prochaine mission autour de la Lune.
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Image de synthèse de la future fusée SLS de la NASA, le 7 février 2018.
Photo: AFP/VNA/CVN

Boeing développe depuis des années pour la NASA la fusée SLS (Space Launch System), qui serait la fusée la plus puissante jamais construite, dans le but de reprendre les missions habitées autour puis sur la Lune. Une capsule pour astronautes, Orion, est construite par Lockheed-Martin et l'Europe.

Après avoir pris trois ans de retard, la première mission non habitée qui consiste en un aller-retour autour de la Lune, baptisée "EM-1", avait été repoussée à juin 2020.

Mais "SLS a du mal à tenir son calendrier", a déclaré Jim Bridenstine lors d'une audition au Sénat. "Nous avons appris la semaine dernière que nous ne pourrions pas maintenir le calendrier". 

C'est la première fois que la NASA reconnaît aussi nettement l'ampleur des problèmes de SLS, qui a déjà coûté plus de 12 milliards de dollars à l'agence spatiale, selon l'inspecteur général de la NASA en août dernier.

Jim Bridenstine a ensuite créé le choc en annonçant qu'il voulait confier à des lanceurs privés existants la mission EM-1 de juin 2020, au lieu d'attendre que SLS soit prête. Il n'a pas donné de nom, mais la société SpaceX serait une candidate naturelle avec sa fusée Falcon Heavy. La fusée Delta IV Heavy de United Launch Alliance (une joint-venture de Lockheed et Boeing) est l'autre capable de lancer des masses aussi importantes. "Des capacités extraordinaires existent aujourd'hui, nous pouvons les acheter pour accomplir cet objectif", a-t-il dit aux sénateurs médusés.

Le nouveau plan consisterait à lancer dans un premier temps la capsule Orion, puis dans un second temps un étage moteurs. Les deux seraient ensuite assemblés en orbite, afin de faire le voyage autour de la Lune. Aucune fusée n'a aujourd'hui la capacité de lancer les deux éléments ensemble, à cause de leur poids. C'est la raison pour laquelle la NASA avait besoin de la fusée SLS.

"Je veux dire les choses clairement, nous n'avons pas aujourd'hui la capacité d'assembler la capsule Orion avec quoi que ce soit en orbite. Donc entre maintenant et juin 2020, il faudrait que nous le rendions possible, a poursuivi Jim Bridenstine. La NASA a souvent dans le passé manqué ses dates de lancements, c'est ce que j'essaie de changer".

AFP/VNA/CVN
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